La manœuvre d’Uskub : la fête d’arme des régiments de spahis

La manœuvre d’Uskub, plus connue aujourd’hui comme la bataille d’Uskub, fut l’un des épisodes les plus marquants de la fin de la Première Guerre mondiale sur le front d’Orient. Elle témoigne de la bravoure et de la mobilité des troupes de cavalerie française et coloniale, en particulier des spahis marocains.

La manœuvre d’Uskub : la fête d’arme des régiments de spahis - © Photo d'archive

Contexte de la manœuvre d'Uskub

À l’automne 1918, les armées alliées sont engagées dans une vaste offensive pour couper les lignes ennemies en Macédoine. Le front d’Orient oppose d’un côté les forces de l’Entente (France, Grande-Bretagne, Serbie, Grèce, Italie) et de l’autre les puissances centrales, dominées par l’armée bulgare. 

La chute de ce front doit affaiblir considérablement l’Allemagne en ouvrant une brèche dans ses soutiens balkaniques. La prise d’Uskub (aujourd’hui Skopje, capitale de la Macédoine) devient un objectif stratégique pour rompre les arrières bulgares et forcer leur capitulation.

Le déroulement de l’opération

Le 29 septembre 1918, la mission de la prise d'Uskub est confiée à des unités de cavalerie française : le 1er et le 4e régiment de chasseurs d’Afrique ainsi qu’au régiment de marche de spahis marocains. Pendant plus de 60 heures, avec une seule pause de quatre heures, les hommes et leurs montures avancent sur des sentiers étroits culminant à plus de 1600 mètres, illustrant un courage et une ténacité remarquables. 

Les 1 200 cavaliers reçoivent l’ordre d’effectuer une percée en franchissant une crête escarpée considérée comme impraticable pour la cavalerie. Les spahis réussissent cette manœuvre et prennent la ville d'Uskub. Encerclés et coupés de leur ligne de ravitaillement, près de 60 000 soldats bulgares se rendent. Les troupes françaises harcèlent ensuite les colonnes ennemies en fuite, freinant leur repli et provoquant leur reddition massive. Cette victoire permet également d’étendre la libération de la Serbie en ouvrant la route vers le nord jusqu’au Danube.

Commémoration de la bataille d'Uskub par le 1er régiment de spahis © armée de Terre/Défense

Commémoration de la bataille d'Uskub par le 1er régiment de spahis

Une victoire emblématique des spahis

La bataille d’Uskub illustre à la fois l’audace stratégique et la capacité d’adaptation de la cavalerie française. Dans un conflit souvent associé à la guerre de tranchées, ce coup d’éclat à cheval rappelle que la mobilité et la rapidité d’action pouvaient encore emporter des victoires décisives.

Cette victoire a marqué les mémoires dans les régiments de spahis, notamment le 1er régiment de spahis. Aujourd’hui encore, la bataille d'Uskub est célébrée tous les 29 septembre à travers une fête régimentaire ainsi qu’une veillée à l’étendard. 

Veillée nocturne lors de la commémoration de la bataille d'Usukb par le 1er régiment de spahis © armée de Terre

Veillée nocturne lors de la commémoration de la bataille d'Usukb par le 1er régiment de spahis

Héritier des traditions de la cavalerie d’Afrique, le 1er régiment de spahis descend du régiment de marche de spahis marocains créé en 1914 par le général Lyautey. Implanté à Valence, il appartient à la 6e brigade légère blindée (6e BLB).

Voir l'article sur le 1er régiment de spahis

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