"Le général Beaufre, père de la stratégie française" du général Hervé Pierre

Présentation de l’ouvrage d’Hervé Pierre, intitulé Le général Beaufre, père de la stratégie française publié aux éditions Perrin et sélectionné pour l’édition 2025 du Prix Erwan Bergot (PEB).

Le général Beaufre Père de la stratégie française - © armée de Terre

Présentation de l’auteur :

Hervé Pierre est général de division, à la tête des services des officiers généraux. Saint-cyrien de la promotion Maréchal Lannes, il choisit l’infanterie de marine et est projeté en Afghanistan, au Mali à la tête du 3ème Régiment d’infanterie de Marine, et en Centrafrique. Il a occupé entre autres les postes de chef de la cellule stratégie politique du cabinet du chef d’état-major de l’armée de Terre et conseiller Terre au cabinet du Premier ministre

Titulaire de diplômes d’études supérieures en histoire, en philosophie et en science politique (dont la thèse porte sur la pensée du général Beaufre), il a publié L’Intervention militaire française au Moyen-Orient 1916-1919Le Hezbollah, un acteur incontournable de la scène internationale ? et, avec Roland Beaufre, Le Général Beaufre. Portraits croisés.

Résumé du livre :

Publié aux éditions Perrin, « Le général Beaufre, père de la stratégie française » écrit par le général Hervé Pierre offre, à travers la vie méconnue et pourtant riche du général André Beaufre, les clés de compréhension de sa pensée stratégique. Il rejoint l’infanterie et la guerre du Rif (1921 à 1927) en sortant de Saint-Cyr, promotion du Souvenir. Sa conduite héroïque (trois citations, la Légion d’Honneur à 23 ans), son ardeur au travail puis sa réussite au concours de l’Ecole de Guerre en 1930 atténuent à peine l’image d’un officier brillant mais prétentieux auprès de ses chefs. Homme de pensée autant que d’action, il démontre une grande clairvoyance sur l’actualité des années 30 et l’état de l’armée, et, inspiré par sa rencontre avec Liddel Hart en 1935, il amorce la construction de son système de pensée – dont la notion de « paix-guerre ». Le traumatisme de la débâcle consolide son intérêt pour la prospective et l’analyse. En 1941, cherchant à organiser l’aide américaine depuis Alger, il est condamné à la prison, ce qui l’affecte durablement et le pousse à entrer en résistance aux côtés du général Giraud. Il s’illustre au cours de la Libération, puis suivra le général de Lattre de l’état-major de l’Union Européenne Occidentale à l’Indochine. Commandant la 2ème Division d’infanterie en 1954, il expérimente en Algérie ses principes d’approche globale et de division mobile pensée pour la défense de l’Europe. A Suez en 1956, l’échec politico-stratégique de l’opération dont il est commandant des forces terrestres françaises le marque profondément tant personnellement que dans sa réflexion stratégique. 

Après sa démission en 1962, commence une ère de débats foisonnante durant laquelle André Beaufre profite de l’IFDES (Institut Français d’Etudes Stratégiques) – qu’il monte sur proposition du général de Gaulle – pour alimenter la discussion stratégique. La cristallisation de la doctrine autour du Livre Blanc de 1972 referme cette parenthèse propice au stratégiste, dont le think-tank ne lui survivra pas malgré l’action de ses disciples. Les années 60-70 restent surtout une période d’écriture prolifique pour le général également journaliste, consultant et enseignant, dont l’influence est internationale. Sa notoriété trouve en grande partie sa source dans l’Introduction à la stratégie (1963), tout à la fois méthode de raisonnement, produit de ses quarante années d’analyse et d’expérience et point de départ d’une réflexion qui se veut quintessence d’approches et de courants complémentaires. Cette œuvre n’est pourtant que la première de quinze autres, qui développent plus en avant son concept de stratégie totale, la guerre des partisans ou encore sa conception originale de la dissuasion nucléaire.

Soldat, stratège puis stratégiste convaincu, audacieux et parfois iconoclaste, le général André Beaufre a ainsi influencé notablement l’espace stratégique malgré des inimitiés – qui ont pu entraver les opportunités qu’il aurait méritées – et une mort précoce en 1975.

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