Tirer les leçons du passé avec le Retex
Outil prisé au sein de l’armée de Terre, le retour d’expérience est un système de recueil d’informations issues d’exercices et d’opérations en cours ou passées. Il permet de transmettre le bon fonctionnement d’une pratique à sa hiérarchie à l’aide de plusieurs analyses et se conclut par une série de recommandations ou de bonnes pratiques.
Le retour d’expérience, qu'est-ce que c'est ?
Selon le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement, le retour d’expérience (Retex) est un « système qui contribue à l’amélioration de l’outil de défense en participant à son évolution au contact des réalités et en proposant des solutions aux défiances constatées. » Sa mission est d’extraire et d’analyser les enseignements qui émanent de différentes opérations et exercices militaires.
Le Retex est un processus partagé par tous, appelé à devenir un réflexe. Il consiste à porter à la connaissance de l’autorité hiérarchique compétente les pratiques observées sur le terrain, qu’elles soient efficaces ou perfectibles, en les accompagnant d’une analyse permettant d’en tirer des enseignements.
Dans quel cadre est-il produit ?
Un Retex peut aussi bien concerner des opérations menées par la France ou auxquelles elle a participé, que des opérations étrangères. Il permet de mettre à jour les connaissances portant sur les modes de combat modernes ennemis. En la matière, l’exemple le plus probant est certainement celui de l’utilisation des drones dans les conflits modernes.
Il a pour finalité d’adapter les outils de défense sur le court et moyen terme, de fournir des informations pour aider à la décision et de participer au rayonnement des armées françaises. Décomposé en 4 temps : recueil des informations, analyse des enseignements, exploitation et diffusion ; chaque rapport présente plusieurs avantages comme la réduction du risque d’incertitude et la limitation des coûts globaux des opérations, humains comme matériels.
Qui gère les Retex ?
Le Commandement du combat futur est en charge de l’analyse des retex issus des opérations de l’armée de Terre. Dès lors qu’il existe une dimension interarmées, le Centre interarmées de concepts, de doctrine et d’expérimentation prend la main.
Chaque grande unité dispose par ailleurs d’un bureau synthèse et retour d’expérience (BS RETEX) qui s’appuie sur un réseau de référents, aussi appelé "réseau Retex". Ces services produisent divers contenus tels des "lettres de veille", des "points de mire" et des "cahiers Retex". Ils peuvent ainsi être exploités au sein de rapports multiples que ce soit lors de comptes rendus de fin de mission.
7 raisons d'écrire du Retex
- Le Retex améliore directement la performance de l’unité considérée, en conscientisant ce qui s’est bien ou mal passé et en faisant la généalogie des causes d’erreurs comme de succès ;
- Un Retex partagé réduit le risque en opération. Chaque capitaine qui part bénéficie du retour de ses prédécesseurs, dans le cadre des comptes-rendus de fin de mandat ou du partage en texte libre ;
- C’est la meilleure façon de passer outre certains blocages inévitables d’une organisation aussi vaste que l’armée de Terre;
- Écrire structure la pensée. Un cadre qui ne pense pas risque la vie de ses hommes ;
- Écrire, c’est montrer à ses subordonnés la considération qu’on porte à leur action. Ne pas écrire, c’est leur signifier que leurs problèmes ne seront pas résolus ;
- Les équipements, la doctrine et le soutien ne s’améliorent qu’à travers le RETEX ;
- Sans RETEX, un chef au combat s’expose à reproduire des erreurs déjà commises.
Quelques lignes, un courriel ou même des prises de vue peuvent parfois suffire à éclairer utilement une situation. L’essentiel est de remonter des observations concrètes issues du terrain, afin qu’elles puissent être exploitées au profit de tous.
Les évolutions du monde, du combat, et des cadres de fonctionnement dans l’armée de Terre accroissent le besoin de production et de circulation du Retex. Il revient dorénavant au lecteur de prendre sa plume, et de remonter ses expériences, utiles et réfléchies. Il y va de l’adaptation à la menace, comme de l’optimisation de l’existant. Il y va surtout, in fine, de la capacité de l’armée de Terre et de chacun de ses membres à « être prêts » à agir dans chacun des espaces et des champs de la conflictualité dans lesquels il est engagé.
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