SJO25 : au cœur des innovations qui façonneront la division de demain
Dans un environnement marqué par le retour des conflits de haute intensité, l’armée de Terre renforce sa préparation opérationnelle et technologique. L'exercice Small Joint Operation (SJIO25) est une expérimentation conduite par la section technique de l’armée de Terre, avec le Corps de réaction rapide – France (CRR-FR), la 1ʳᵉ division (1er DIV), la 11ᵉ brigade parachutiste (11e BP) et un détachement du 1er/3e Lanciers belge, dans le cadre du partenariat CaMo.
Small Joint Operation 2025, le laboratoire technico-opérationnel de l’armée de Terre
Au cœur de l’exercice, la Section technique de l’armée de Terre (STAT) a conduit une première phase d’expérimentation technico-opérationnelle au plus près des forces terrestres. Pendant SJO25, 120 expérimentations ont été menées sur plus de 50 systèmes, sur le terrain, au rythme des manœuvres.
Les évaluations portaient sur les systèmes d’information de conduite des opérations de niveau divisionnaire, le combat collaboratif, les capteurs de renseignement, la guerre électronique, les drones, les feux dans la profondeur, la protection et la mobilité. L’enjeu n’était pas seulement de vérifier que les matériels fonctionnaient, mais de mesurer ce qu’ils apportaient à la décision, à la coordination des feux, ainsi qu’à la protection des combattants.
L’exercice a également permis de tester les nouveaux engins Scorpion, d’en mesurer les performances en mobilité, protection et numérisation, et d’en confirmer l’interopérabilité avec les partenaires belges.
Chaque tir, chaque séquence a généré un retour d’expérience exploité par la STAT et les unités déployées pour affiner les réglages techniques, adapter les procédures et sécuriser la mise en service opérationnelle des systèmes, en vue des engagements futurs.
Le terrain idéal pour expérimenter des innovations
Dans la continuité de l’expérimentation technico-opérationnelle, SJO25 a basculé en phase tactique, où l’exercice SJO25 a également constitué un terrain d’expérimentation privilégié pour la division. Sur le camp de Mourmelon, la 1ère DIV a mis en place ses systèmes de commandement, dans une configuration adaptée au combat de haute intensité. Plusieurs innovations ont été testées grandeur nature :
Parmi elles :
- Le Light Fidelity (Li-Fi), technologie de communication sans fil utilisant la lumière pour transmettre des données à très haut débit. Testé au sein du poste de commandement de la zone arrière, le Li-Fi a montré plusieurs atouts opérationnels : réduction significative du câblage grâce à l’installation de diffuseurs en hauteur, rapidité de mise en œuvre lors des phases de montage ou de repli du PC, mais aussi discrétion accrue. En effet, son faisceau lumineux, limité à quelques mètres, réduit fortement les risques de brouillage ou d’interception et contribue à diminuer l’empreinte électromagnétique du poste de commandement ;
- Le Data Hub de l’Avant (DHA), noyau numérique destiné à apporter l’intelligence artificielle auprès des utilisateurs au sein des postes de commandement tactiques. Associé à des outils d’aide à la décision, le DHA a reçu et exploité de très grands volumes de données pour accélérer et fiabiliser la boucle décisionnelle ;
- Sitaware HQ, le nouveau système d’information de commandement et de contrôle permettant l’interopérabilité avec les systèmes d’information et de commandement de l’Otan.
Ce nouvel environnement numérique a permis à la 1re division de planifier, conduire et ajuster en continu la manœuvre dans un contexte exigeant, face à un ennemi à parité capable d’agir dans l’ensemble des champs de la conflictualité.
Ces expérimentations ouvrent la voie à une transformation profonde des modes de commandement, plus agiles et plus résilients.
Sur les camps de Mailly, Mourmelon et Sissonne, la 11ᵉ brigade parachutiste (11e BP), le détachement belge du 1er/3e Lanciers intégré dans le cadre du programme CaMo, ainsi que les unités de la brigade, le 8ᵉ régiment d’infanterie parachutiste de Marine (8e RPIMa), 3e régiment d’infanterie parachutiste de Marine (3ᵉ RPIMa), 35e régiment d’artillerie parachutiste (35ᵉ RAP) et 17ᵉ régiment de génie parachutiste (17e RGP), ont mené trois phases de combat successives, en milieu urbain, de combat rapproché et dans les tranchées. Ces séquences tactiques ont constitué un laboratoire opérationnel, permettant d’évaluer sur le terrain plusieurs expérimentations conduites par la STAT au cours des deux premières semaines de l’exercice.
Ainsi, les unités ont testé en conditions réelles un large éventail d’innovations, parmi lesquelles de nouveaux logiciels ou de nouvelles tablettes tactiques et des systèmes radios de dernière génération, destinés à fluidifier le commandement au plus près de l’action. Elles ont aussi éprouvé l’emploi d’essaim de drones pour le génie ou bien l’infanterie dans des missions de reconnaissance, de détection et d’identification d’engins explosifs, ainsi que de surveillance au profit de la manœuvre.
Un jalon décisif vers DIV27
Par l’ampleur des expérimentations conduites et l’engagement conjoint de la STAT, du CRR-FR, de la 1ʳᵉ division, de la 11ᵉ brigade parachutiste et du 1er/3ᵉ Lanciers belge, SJO25 s’est imposé comme une étape clé dans la transformation de l’armée de Terre. Les enseignements tirés des campagnes de tirs, de l’emploi des nouveaux systèmes et de la conduite d’un poste de commandement de division en situation de haute intensité alimenteront la montée en puissance vers DIV27.
Le jalon DIV27 vise à pouvoir projeter une division en moins de 30 jours d’ici à 2027. Cette ambition s’inscrit dans une trajectoire cohérente. La brigade constitue aujourd’hui la brique élémentaire du système de combat de l’armée de Terre : autonome, cohérente et de « bonne de guerre ». Cette année, l’armée de Terre a ainsi démontré sa capacité à déployer en Roumanie une brigade pleinement opérationnelle.
Le jalon 2027 marquera la montée en puissance de l’échelon division, appelé à coordonner l’action de plusieurs brigades dans un environnement multi-domaines. En 2030, l’effort portera sur le niveau corps d’armée, échelon intégrateur par excellence réunissant divisions, partenaires alliés, composantes interarmées et soutiens.
SJO25, préparer les combats de demain
En testant dès maintenant les modes d’action, les systèmes d’information, les capacités numérisées et la coopération multinationale qui structureront les engagements futurs, SJO25 contribue à forger une division française interopérable, capable de s’inscrire au cœur des dispositifs de défense européens et d’affronter les défis opérationnels de la haute intensité.
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