Pendragon : franchir un cap décisif dans la robotisation du combat terrestre

Direction : Terre / Publié le : 17 avril 2026

Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill s’est rendu à Saint-Cyr Coëtquidan pour évaluer l’avancement du projet Pendragon et assister à des démonstrations concrètes de robotisation terrestre. Ce projet réunit militaires, industriels et membres du monde académique autour d’un même objectif : conserver l’ascendant dans le combat.

Pendragon : franchir un cap décisif dans la robotisation du combat terrestre - © armée de Terre

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les forces terrestres

La guerre en Ukraine a profondément accéléré l’emploi de l’intelligence artificielle sur le champ de bataille, avec des effets concrets dans la robotisation et la dronisation. Avec Pendragon, l’armée de Terre entend être en pointe dans ces domaines.  

Conduit conjointement par l’AMIAD - Agence ministérielle pour l'IA de défense et le Commandement du combat futur (CCF), Pendragon s’inscrit dans l’effort de modernisation engagé par la loi de programmation militaire 2024-2030 et ambitionne un saut capacitaire significatif. Il incarne surtout un nouveau mode de travail entre militaires et industriels, qui prend la forme de cycles itératifs permettant un développement plus rapide et efficace, à l'image de ce que l'on observe dans les conflits contemporains.

Une première démonstration opérationnelle sera conduite cette année, avant un déploiement initial en 2027. Pendragon vise à expérimenter une capacité combinant une vingtaine de plateformes, terrestres et aériennes, capables de coopérer de manière autonome. L’enjeu est de permettre une manœuvre coordonnée, où ces systèmes appuient le chef dans la décision comme dans l’action, y compris dans des contextes opérationnels complexes.

« Cette exigence impose lucidité et vigilance. La confiance dans la machine ne doit jamais altérer le discernement du chef. »

Le général Pierre Schill

  • Chef d'état-major de l'armée de Terre

Développer les capacités de l’armée de Terre

L’intelligence artificielle est un levier stratégique majeur. À terme, la supériorité terrestre reposera sur la capacité à combiner efficacement intelligence humaine et intelligence artificielle. L’enjeu est clair : s’adapter pour conserver l’ascendant opérationnel, ou risquer le déclassement.

Pendragon doit également éclairer les choix capacitaires de l'armée de Terre : rechercher la masse et la simplicité, ou privilégier la sophistication et la rupture technologique, toujours au service de l’efficacité opérationnelle.

Un principe demeurera intangible : l’homme restera dans la boucle et le commandement sera toujours responsable de ses actions. L’automatisation est un multiplicateur de puissance, à condition d’en maîtriser les conditions d’emploi et d’instaurer un niveau de confiance pleinement assumé par le commandement. 

© armée de Terre

La vidéo débute par une esthétique cyber, un curseur clignote sur un écran noir, un mot de passe est saisi, puis le message « ACCESS GRANTED » (Accès autorisé) apparaît. Le logo du projet Pendragon (un P stylisé) s'affiche.
Bruitages électroniques de clavier et bips système informatiques. Une musique rythmée et moderne commence.

Le Colonel Capdeville s'exprime en extérieur. Des images d'illustration montrent des ingénieurs civils et des militaires manipulant des drones terrestres et aériens. On voit une tablette de contrôle affichant une cartographie numérique.

Intervenant, Colonel Capdeville : Pendragon est un projet d'intelligence artificielle basé sur de la robotique terrestre et des drones. C'est une co-construction entre le commandement du combat futur (le CCF) et l'AMIAD [Agence Ministérielle pour l'Intelligence Artificielle de Défense], puisqu'il s'agit d'un projet au profit des forces : une unité robotique de combat (URC).

  • Expérimentation à Coëtquidan

Sur un terrain d'entraînement militaire, des robots à roues et à chenilles évoluent dans la boue. Le Colonel Capdeville reprend la parole.
Intervenant, Colonel Capdeville : Il est important de changer de mentalité. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici à Coëtquidan, de façon à tester tout ce que nous avons fait avec les industriels et tout ce que nous avons codé nous-mêmes au sein de l'AMIAD. Cette dynamique nous permettra d'avoir le temps d'avance sur nos compétiteurs.

  • La méthode des Sprints technologiques

Le Lieutenant-colonel Garnier apparaît à l'écran. En alternance, on voit des plans serrés sur des capteurs optiques de robots et des écrans d'ordinateurs affichant des lignes de code et des flux vidéo de détection automatique de cibles.

Intervenant, lieutenant-colonel Garnier : Le gros changement par rapport aux programmes d'armement classiques, c'est le sprint. Nous faisons travailler ensemble différents industriels et militaires pour avoir des briques technologiques : navigation autonome, détection, identification et connexion entre les plateformes. L'objectif pour 2027 est d'avoir une unité autonome.

  • L'humain "au-dessus" de la boucle

Intervenant, lieutenant-colonel Garnier : Il faudra qu'on soit en mesure d'engager le feu de manière plus ou moins autonome, avec l'homme au-dessus de la boucle.

Note : Cette précision souligne que l'intelligence artificielle propose l'action, mais que la décision finale de tir reste humaine.

L'expérimentation et le droit à l'erreur
Le lieutenant-colonel Phoumma s'exprime dans un hangar. On voit des techniciens réparer des petits drones et ajuster des câblages sur des robots terrestres.
Intervenant, lieutenant-colonel Phoumma: La collaboration AMIAD/CCF est une vraie réussite. Quand on fait de l'expérimentation, on travaille sur le fil du rasoir. Forcément, il peut y avoir de la casse, mais on va de découverte en découverte. C'est la suite logique des projets précédents comme Techterre ou COHOMA.

  • L'unité de combat du futur

La vidéo se termine par des images de synthèse montrant une dizaine de drones et de robots progressant de concert dans une zone de combat urbaine.
Intervenant, lieutenant-colonel Phoumma: Le projet consiste simplement à remplacer l'équivalent d'une compagnie de combat par des robots terrestres et des robots volants.

Apparition des logos de l'Armée de Terre et de l'AMIAD sur fond noir.    La musique s'arrête brutalement sur une note électronique sourde.


A la une