Gévaudan 26 : les légionnaires au combat
La 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) a conduit l’exercice Gévaudan 26 en Lozère. En terrain libre, face à une force adverse autonome, près de 700 militaires français et espagnols ont été confrontés aux exigences réelles d’un combat de haute intensité.
La 13e DBLE confrontée à l’incertitude de l’ennemi
Pendant cinq jours, sept compagnies ont manœuvré dans un environnement boisé et vallonné, sous des conditions météorologiques rudes. Contrairement aux exercices scriptés, où la victoire des « alliés » est acquise d’avance, les unités ont affronté une force adverse dotée de son propre poste de commandement (PC) et d’une liberté totale d’action. « Ne pas connaître l’intention de l’ennemi crée une incertitude complète », explique le lieutenant-colonel Stéphane, chef du bureau opérations-instruction de la 13e demi-brigade de Légion étrangère . Un système d’arbitrage strict simulait la « sanction du feu » : toute unité déclarée détruite était retirée de la manœuvre pendant six heures, afin de matérialiser l’impact tactique des pertes.
Des postes de commandement mobiles et discrets
Pour accroître sa survivabilité, la force amie a déployé deux PC « miroirs ». « Ce dispositif réduit l’empreinte au sol et garantit la continuité de la manœuvre », affirme le lieutenant-colonel. Chaque PC regroupe les fonctions essentielles : renseignement (S2), opérations (S3), logistique (S4) et transmissions (S6). Pour échapper aux menaces aériennes et aux capteurs thermiques, ils se sont implantés dans des granges, des fermes et des zones boisées, en évitant strictement les espaces ouverts. La mobilité a été permanente : « Les PC bougent toutes les 6 à 8 heures et ne restent jamais plus de 12 heures au même endroit », précise-t-il. Pendant que l’un fait mouvement, l’autre reste en place pour conduire les opérations.
Interopérabilité élargie et dronisation
« On en profite pour tester notre compatibilité et notre interopérabilité », résume le chef des opérations. Concrètement, l’exercice vérifie la capacité à travailler avec des renforts interarmes, interarmées et des forces alliées. « Nous avons une compagnie espagnole engagée sur la manœuvre », complète-t-il. L’enjeu est d’harmoniser les procédures, de synchroniser les moyens et de commander ensemble.
Autre fait marquant de l’édition 2026 : la montée en puissance de la section drone. Passée de huit dronistes à vingt-cinq, elle a expérimenté en conditions réelles des drones d’observation et des drones FPV (First Point View) d’attaque « Frankenstein », afin de mesurer l’efficacité des frappes face à un adversaire à parité. « La section drone apporte une réactivité que les unités motorisées peinent à égaler, malgré une météo défavorable », conclut le lieutenant-colonel. Leur emploi est piloté par le bureau renseignement, qui arbitre les priorités entre les besoins du régiment et les demandes des commandants d’unité.
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