Georges André : un héros sportif et militaire

Direction : Terre / Publié le : 12 août 2024

Né Georges Yvan André le 13 août 1889 à Paris, Géo André est l'incarnation du sportif complet et engagé. De 1906 à 1927, il brille sur les stades d'Europe en athlétisme et au rugby, devenant une figure emblématique de la belle époque et des années folles. Après la Première guerre mondiale, malgré une grave blessure, il reprend le sport au plus haut niveau, participant aux Jeux interalliés de 1919 et aux JO de 1920 et 1924.

Georges André lors de sa victoire sur 400 mètres haies aux championnats de France 1922 © BNF

Pionnier de l'aviation populaire et journaliste sportif influent, Géo André a marqué son époque par son talent, sa résilience et son engagement.

Les premiers pas d’un héros

Après une enfance à Paris puis à Lausanne en Suisse, où il découvre le sport dans un pensionnat au bord du lac Léman, Georges André revient en France en 1902. Il s’inscrit au lycée Janson-de-Sailly, où il se distingue rapidement dans diverses disciplines sportives.

Il devient une figure sportive prometteuse, jouant dans l'équipe de football championne de Paris du lycée Chaptal à 15 ans. Polyvalent et passionné, il excelle aussi en athlétisme, notamment au saut en hauteur, où il se fait un nom dans les stades parisiens. Ses succès précoces témoignent d'une carrière exceptionnelle à venir.

Les moments forts de sa carrière sportive

Participation aux Jeux olympiques :

  • 1908 : Londres
    • Médaillé de bronze au saut en hauteur (1,89 m)

       
  • 1920 : Anvers
    • Médaillé d'argent au relais 4x400 m
    • 4e place au 400 m haies

       
  • 1924 : Paris
    • 4e place au 400 m haies
    • Porte-drapeau de la délégation française et prononciateur du serment olympique

       
  • 1912 : Stockholm (participation)

Autres compétitions internationales :

  • 1919 : Jeux interalliés
    • Médaillé de bronze au pentathlon
    • Porte-drapeau de la délégation française

Records et sélections :

  • 13 sélections nationales (1908-1926)
  • Recordman d'Europe du 400 m haies en 1920 (54 s 8)
  • Recordman de France à 8 reprises
  • Saut en hauteur (2 fois, dont 1,885 m en 1908 – record tenu 14 ans)
  • Saut en hauteur sans élan (en 1906, premier record) 200 m
  • 110 m haies (15 s 2/5 en 1922)
  • 400 m haies (4 fois, dont 54 s 4/5 en 1920 – record tenu 10 ans)

Titres nationaux :

  • 28 fois champion de France
    • 110 m haies : 5 fois (1908, 1914, 1919, 1920, 1922)
    • 400 m haies : 5 fois (1913, 1914, 1919, 1920, 1922)
    • Saut en hauteur avec élan : 7 fois (1907, 1908, 1909, 1911, 1914, 1919, 1920)
    • Saut en hauteur sans élan : 8 fois (1907, 1908, 1909, 1911, 1912, 1914, 1919, 1920)
    • Vice-champion de France à 3 reprises

Saut en hauteur sans élan (1908)

  • 110 m haies (1911)
  • 400 m haies (1924)

Georges André (à gauche) remporte une deuxième médaille olympique, en bronze, avec le relais © BNF

Jeux olympiques de Paris 1924

Lors des Jeux olympiques de Paris 1924, Georges André est désigné par Paris-Soir pour prêter le serment olympique. Il devient porte-drapeau de la délégation française. En compétition, il atteint la finale du 400 mètres haies et termine quatrième après des disqualifications.

Georges André prête serment lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 1924 © BNF

Son engagement militaire

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Georges André est mobilisé dans le 103e régiment d'infanterie. Il part au front début août 1914 et participe à la bataille des Frontières. Le 23 août, il reçoit sa première citation pour bravoure, suivie d'une deuxième le 1er septembre. Promu caporal le jour même et sergent le lendemain, il fait preuve d'un courage exemplaire malgré de graves blessures.

Dans son livre Ma captivité en Allemagne, publié en 1918, Georges André raconte son expérience de la guerre. Lors de la retraite de ses troupes en septembre 1914, il est grièvement blessé mais survit grâce à une rencontre fortuite avec un soldat allemand qui, impressionné par sa stature, l'épargne.

Georges André en tenue militaire à la fête sportive américaine de Colombes en 1918 © BNF

Héros un jour, héros pour toujours

Héros un jour, héros pour toujours, Georges André est âgé de 50 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Le 4 mai 1943, sa compagnie est prise dans une embuscade à 66 km de Tunis. Pour combattre l’ennemi, l'adjudant Georges André se porte volontaire. Il meurt, les armes à la main, criblé de balles et atteint par un éclat d'obus, à l'âge de 53 ans.

Ses prix et distinctions

  • Croix de Guerre 1914-1918 avec palmes et étoile
  • Chevalier de la Légion d'honneur

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