Devenir équipier secouriste militaire

Direction : Terre / Publié le : 13 février 2026

La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, unité militaire de l'armée de Terre a enrichi son programme de formation  d’équipier secouriste militaire (ESM) au profit des autres brigades. Entre enseignements techniques dispensés au Groupement formation, instruction et de secours (GFIS) et immersion opérationnelle au cœur des interventions, ce stage vise à développer les compétences médicales des soldats et à les aguerrir face à l’urgence, au service de la sécurité des populations. 

Devenir équipier secouriste militaire - © armée de Terre

Temps de lecture : 5 minutes

Immersion au sein d’une intervention de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris

Nous avons suivi le caporal-chef Loïc, réserviste à l’état-major de la brigade de maintenance. Il a troqué son treillis pour la tenue des soldats du feu. Pendant plusieurs semaines, il est en immersion au sein de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), dans le cadre de sa formation d’équipier secouriste militaire (ESM). Ce stage s’inscrit dans le partenariat de renfort opérationnel liant la BSPP à l’armée de Terre. « Autrefois proposés aux régiments, ces stages s’adressent aujourd’hui directement aux brigades interarmes, afin qu’elles priorisent les candidatures en fonction de leurs besoins opérationnels. L’offre s’est également enrichie de nouveaux modules de formation », explique le chef de stage du Groupement formation, instruction et de secours (GFIS).

Dans les couloirs silencieux du centre de secours Ménilmontant, l’alarme retentit soudain. Il est trois heures du matin. Sans transition, les pompiers basculent du sommeil à l’action. Un coup de sonnerie annonce une intervention courante : secours à victime, accident de circulation ou incendie domestique. Au poste de veille opérationnelle le chef d’agrès (responsable d’un véhicule d’intervention avec un équipage et leur matériel de secours) prend connaissance des éléments avant d’embarquer dans le véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV). « Femme de 65 ans, malaise cardiaque, rue Compans.» Gyrophare allumé, le véhicule rouge quitte la caserne. Dans un Paris endormi, les incidents ne ralentissent pas et pour le soldat, l’urgence civile devient un terrain d’aguerrissement militaire. 

Le caporal-chef Loïc lors d'une intervention de secours et d'assistance aux victimes © armée de Terre

Le caporal-chef Loïc lors d'une intervention de secours à la personne

En quoi consiste la formation d’équipier secouriste militaire ?

L’offre de formation de la BSPP se décline en sessions mensuelles de dix-huit places, alternant un mois de formation continue (module SAV ESM) avec les recrues de la BSPP et un mois de formation SAV 1. Elle est complétée par un module spécifique dédié à la prise en charge des blessés par arme de guerre. Cours théoriques et mises en situation concrètes préparent les stagiaires à faire face à une grande diversité de cas : hémorragies, amputations, secours routier, brûlures, accouchements. « J’avais une certaine appréhension concernant les malaises cardiaques. Cette formation, à la fois exigeante et complète, m’a aidé à dépasser l’aspect émotionnel pour me concentrer sur la technique et l’exécution mécanique des gestes.» Une fois les tests validés, les ESM sont déployés dans différents centres de secours parisiens pour une immersion de trois semaines.

L’objectif de cette formation est double : renforcer les capacités des forces armées dans le domaine du secours médical, en dispensant une formation complète ou continue PSE1/PSE2 aux militaires, et accroître leur expérience grâce à un véritable aguerrissement opérationnel lors de prises de garde en centre de secours. En intervention, le caporal-chef Loïc prodigue les soins au même titre qu’un pompier professionnel. Il souligne le niveau opérationnel très élevé exigé par ce métier. « Ils gèrent des situations vitales, où les décisions peuvent être fatales. C’est une grande responsabilité : il faut savoir garder son sang-froid », confie-t-il. Avant d’en arriver là, d’autres réservistes ou des militaires d’active, sélectionnés par leurs brigades respectives, ont suivi une formation d’un mois au GFIS, basé à Valenton (Val-de-Marne).

S'informer sur le site internet de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris 

Lien de redirection vers le site de la BSPP

Une intégration progressive au sein des sapeurs-pompiers

L’intégration au sein des équipes est progressive. Les stagiaires débutent par une phase d’observation, lors d’au moins deux gardes en qualité de quatrième équipier VSAV, avant d’enchaîner dix gardes comme troisième équipier, en situation de soins. Au total, douze gardes réparties sur trois semaines, dont au moins un week-end, dans la limite de quarante-huit heures consécutives. 

Au contact des sapeurs-pompiers, les équipiers secouristes militaires s’aguerrissent rapidement dans un quotidien rythmé par la fréquence et la variété des interventions. « Cette expérience m’a permis d’acquérir une plus grande sérénité et je relativise mieux les situations, aussi bien dans ma vie civile que professionnelle. Étant également chef de groupe au 2ᵉ régiment d’infanterie de marine, cela me sera très utile lors des missions Sentinelle, au contact de la population. »

Stage équipier secouriste militaire © armée de Terre

Stage équipier secouriste militaire

À travers ce partenariat, la BSPP et l’armée de Terre conjuguent leurs expertises militaires au service d’un objectif commun : préparer des soldats capables d’intervenir dans des contextes exigeants et incertains. En faisant de l’urgence un cadre d’apprentissage opérationnel, cette coopération renforce les capacités des forces, au bénéfice de la sécurité des populations et de la préparation aux engagements futurs. Fort de cette expérience, le caporal-chef envisage désormais de devenir moniteur secouriste, afin de transmettre son savoir-faire et d’entretenir les compétences acquises.


A la une