CENTAC : évaluation multinationale pour le 1er régiment d’infanterie

Direction : Terre / Publié le : 22 octobre 2025

Fin septembre, la 2e compagnie de combat du 1er régiment d’infanterie, en partenariat avec les soldats allemands de la brigade franco-allemande (BFA), a été engagée pour une rotation de deux semaines au CENTAC, sur le camp de Mailly-le-Camp. 

Tireur camouflé © armée de Terre

Cette phase d’évaluation, inscrite dans le cycle de préparation opérationnelle du régiment, visait à tester l’ensemble des savoir-faire tactiques de la compagnie dans un environnement réaliste et éprouvant. 

Combat embarqué et débarqué en zone ouverte

Dès les premières heures, dimanche soir, la compagnie est mise en situation tactique. À bord de véhicules blindés Griffon, des Fuchs des sapeurs de la 550 PanzerKompanie, des véhicules des EOC du 295e Jagerbataillon, des véhicules blindés légers du 3e régiment de hussards les unités progressent en zone ouverte avant d’être débarquées au contact de l’ennemi sur VBCI et VBL, sur des phases de combat rapproché. L’enchaînement rapide des actions, le rythme imposé par le terrain et la très forte utilisation de l’artillerie par la force adverse (FORAD) testent la capacité de réaction et d’adaptation des groupes de combat.

Le réalisme des scénarios du CENTAC impose une adaptation constante, malgré la fatigue et la menace 3D permanente. Les phases de combat alternent avec des actions coordonnées avec le sous groupement tactique interarmes (SGTIA) Jaguar du 1e RIMa

GRIFFON au CENTAC © armée de Terre

Retour aux fondamentaux : tranchées et NRBC

En milieu d’exercice, les sections basculent en conditions nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC). Équipement complet, franchissements en atmosphère dégradée, application des procédures. En défensif, la compagnie retrouve les fondamentaux : 

  • défense de tranchées,
  • embossements leurres,
  • protection de points clefs et postes de combat,
  • recherche permanente du renseignement afin de pouvoir mieux façonner l’ennemi dans la profondeur.

Les chefs de section manœuvrent sous pression, prenant en compte les masques du terrain et anticipant les actions ennemies pour préserver la cohérence du dispositif GTIA.

combat en tenue NRBC © armée de Terre

Drones intégrés à la manœuvre

L’un des volets majeurs de cette rotation est l’intégration d’un dispositif drone d’ampleur.
Au total, 16 drones, répartis en trois catégories :

  • Drones de surveillance pour le renseignement sur les mouvements ennemis,
  • Drones largueurs, utilisés pour harceler,
  • Drones d’attaque, intégrés à la manœuvre pour frapper des objectifs, que ce soit en offensive ou en défensive.

Ces moyens cumulent de jour et de nuit le chiffre impressionnant de plus de 40 heures de vol, venant soutenir la manœuvre générale du SGTIA infanterie. Leur emploi renforce l’autonomie des chefs tactiques, accélère notoirement la boucle renseignement-destruction et permet de créer un effet de harcèlement et d’insécurité chez l’ennemi.

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Une coopération tactique renforcée au sein de la BFA

Tout au long de l’exercice, les soldats allemands de la brigade franco-allemande ont été intégrés dans les dispositifs de la 2e compagnie. De la planification à la manœuvre sur le terrain, l’objectif commun était clair : fluidifier les échanges, partager les procédures et consolider les automatismes interalliés.

 Le Génie allemand a su apporter sa puissance de feu anti-char (GAD MELLS) comme sa capacité de minage de barrage avec son engin de pose rapide de centaines de mines en quelques minutes. L’artillerie allemande, à travers ses EOC, a elle su apporter la puissance de ses mortiers de 120 mm embarqués et de ses Panzer 2000.

Poignée d'ordres pour le 1er RI au CENTAC © armée de Terre

L’apport renseignement de la section de reconnaissance jordanienne

Enfin, le GTIA a été renforcé d’une section de reconnaissance jordanienne de la 91e brigade de la force de réaction rapide (QRF). Motorisée sur véhicule léger, cette section proche de l’emploi d’une section d’aide à l’engagement débarqué (SAED), formée lors de détachement d’instruction opérationnel (DIO) de l’armée française en Jordanie, a été employée de préférence en actions de nuit. 

Infiltrée en amont des actions du GTIA, elle a aussi bien guidé un raid des Jaguar, tenu une porte d’entrée dans le dispositif GTIA, renseigné sur un village particulier comme agit en force d’intervention rapide afin de contre-attaquer localement. 

Au terme de cette séquence d’évaluation, la 2e compagnie du 1er RI valide une étape clé dans sa montée en puissance. 

Groupe en infiltration sur le camp de manoeuvre du CENTAC © armée de Terre

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