Camerone 2026 : le général d'armée (2S) Thierry Burkhard mis à l’honneur
Chaque 30 avril, les légionnaires célèbrent Camerone, combat fondateur de l’identité de la Légion étrangère. Cette commémoration prend une dimension particulière en réunissant militaires, anciens combattants et autorités autour de l’emblématique place d’armes d’Aubagne. L’édition 2026, organisée par le 1er régiment étranger, mettra à l’honneur le général d’armée (2S) Thierry Burkhard, qui portera pour l’occasion la main du capitaine Danjou.
Qu’est-ce que la bataille de Camerone ?
La bataille de Camerone se déroule le 30 avril 1863 au Mexique, lors de l’expédition décidée par Napoléon III. Une soixantaine de légionnaires, commandés par le capitaine Danjou, reçoivent pour mission de protéger un convoi de ravitaillement. Rapidement encerclés par environ 2 000 soldats mexicains, ils se retranchent dans une hacienda pour résister. Malgré leur infériorité numérique, ils refusent de se rendre et combattent avec détermination.
Le capitaine Danjou est tué au combat, mais ses hommes poursuivent la lutte. Pendant près de onze heures, les légionnaires tiennent face aux assauts ennemis. À court de munitions, les derniers survivants lancent une ultime charge à la baïonnette. Ils finissent par se rendre, après avoir obtenu les honneurs de leurs adversaires pour leur bravoure.
Bien que ce soit une défaite tactique, la bataille de Camerone devient un symbole du courage et du sens du devoir pour les légionnaires. Depuis 1863, ce combat est commémoré chaque 30 avril comme l’acte fondateur des valeurs de la Légion étrangère.
Pour en savoir plus sur la bataille de Camerone.
Découvrez le récit du combat de CameroneLa main du capitaine Danjou, symbole de la Légion étrangère
Le capitaine Danjou (1828-1863), commandant de la compagnie à Camerone perd sa main en 1853, en Algérie lors de son affectation au 2e régiment de Légion étrangère. Cette amputation survient à la suite de l’explosion du canon de son fusil. Sa solde de sous-lieutenant étant trop modeste, sa famille réunit la somme nécessaire à la confection d’une prothèse articulée en bois.
Aujourd’hui, la main du capitaine Danjou représente la pièce centrale du musée de la Légion étrangère. Elle repose dans une crypte et n'est extraite qu’une fois par an, sous l’escorte d’une garde armée.
Tous les ans, la main du capitaine Danjou est portée par un légionnaire lors de la célébration de Camerone. Cette désignation, par le général commandant la Légion étrangère, représente un véritable honneur pour le porteur et ses accompagnateurs. Le port de la main, sur la Voie Sacrée menant au monument aux morts de la place d’Aubagne, représente le renouvellement symbolique par tous les légionnaires d’aujourd’hui, du serment fait par les hommes du capitaine Danjou : celui d’accomplir la mission à tout prix.
« La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout, à tout prix. »
Le général d’armée Thierry Burkhard porteur de la main du capitaine Danjou
Pour le 163e anniversaire de la bataille de Camerone, le général d’armée (2S) Thierry Burkhard sera mis à l’honneur en tant que porteur de la main du capitaine Danjou. Saint-Cyrien de la promotion « Cadets de la France Libre (1985-1988) », il totalise 40 années de service. Avant d’occuper les plus hautes fonctions militaires en qualité d’inspecteur de l’armée de Terre, de chef d’état-major de l’armée de Terre et enfin de chef d’état-major des armées, il a été un chef à la Légion étrangère.
Il est chef de section et commandant d’unité au 2e régiment étranger de parachutistes, puis chef du bureau opérations instruction du 4e régiment étranger et enfin chef de corps de la 13e demi brigade de Légion étrangère. Au cours de ses différentes affectations, il est projeté en Guyane, en Irak, en ex-Yougoslavie, au Tchad, au Gabon, en République de Côte d’Ivoire, et en Afghanistan.
Le général d’armée (2S) Burkhard fait ses adieux aux armes le 5 septembre 2025. Grand’croix dans l’Ordre de la Légion d’honneur, il est également commandeur dans l’Ordre national du mérite. Il est titulaire de la Croix des Théâtres d’opérations extérieures avec une citation et de la Croix de la Valeur militaire avec deux citations. Admis en 2° section des officiers généraux, il est nommé délégué national de l’Ordre de la Libération le 1er octobre 2025.
Qui accompagnera Thierry Burkhard ?
Le général Thierry Burkhard sera accompagné de deux sous-officiers aux parcours d’exception : l’adjudant-chef Jörgen Madsen et l’adjudant-chef Luigi Da Pont.
L’adjudant-chef Jörgen Madsen
Né en 1932, au Danemark, l’adjudant-chef Jörgen Madsen s’engage à la Légion étrangère en 1955. Il totalise 32 années de services à titre étranger. Dans les rangs du 3e régiment étranger d’infanterie, il participe aux opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Algérie. Nommé sergent en 1959, il enchaîne les actions d’éclat. Trois citations à l’ordre de la brigade lui sont attribuées au cours de cette guerre.
Sergent-chef en 1962, il sert ensuite au 2e régiment étranger d’infanterie qui stationne à Colomb Béchar dans le cadre de la protection des sites militaires du Sahara. Adjudant en 1968, il est affecté au 1er régiment étranger à Aubagne où il sert au Bureau des statistiques de la Légion étrangère. Il est promu adjudant-chef en 1972. Il effectue un séjour au 3e REI de 1976 à 1978 avant de retrouver son poste au BSLE à Aubagne. L’adjudant-chef Madsen quitte le service actif le 30 avril 1983.
Chevalier dans l’Ordre national du mérite, médaillé militaire, titulaire de la Croix de la Valeur militaire avec trois citations, il est fait chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur le 30 avril 2008.
L’adjudant-chef Luigi Da Pont
Né en 1936 en Italie, l’adjudant-chef Luigi Da Pont s’engage à la Légion étrangère en 1962. Il totalise 25 années de services à titre étranger. Affecté au 2e régiment étranger de parachutistes, il est nommé sergent en 1969. Un an plus tard, il est engagé avec son unité au Tchad. Chef de groupe, il se distingue à plusieurs reprises dans les combats contre les rebelles. Ses qualités de chef et de combattant sont récompensées après qu’il ait été grièvement blessé au combat. Après un séjour dans les rangs de la 13e demi brigade de Légion étrangère à Djibouti, il retrouve le 2e REP. Il est engagé en mai 1978 au Zaïre, dans le cadre de l’opération Bonite et participe au sauvetage de nombreux civils belges et français. Adjudant-chef en 1982, il effectue un nouveau séjour à la 13° DBLE en qualité de moniteur au centre d’entraînement commando d’Arta-Plage. De retour en métropole il est affecté au 1er RE à la Compagnie des services de la Légion étrangère.
En 1987, il prend sa retraite et retourne en Italie où il se consacre à la promotion du sport chez les jeunes. En décembre 2023, il rejoint l’Institution des invalides de la Légion étrangère de Puyloubier comme pensionnaire.
L’adjudant-chef Da Pont est chevalier de la Légion d’honneur, médaillé militaire et chevalier de l’Ordre national du mérite. Il est titulaire de la Croix de la Valeur militaire avec deux citations et de la Médaille de la jeunesse et des sports.
L’édition 2026 des commémorations du combat de Camerone
La cérémonie du 30 avril organisée par le 1er RE à Aubagne réunira un important dispositif militaire ainsi que de nombreuses personnalités. Le détachement de la Compagnie des carabiniers du prince de Monaco, fort de 125 militaires et chargé notamment de la protection du palais princier et de la famille souveraine, y sera présent aux côtés de plusieurs unités de la Légion étrangère. Les engagés volontaires de la 3e section de la 2e Compagnie d’engagés volontaires du 4e régiment étranger recevront leur képi blanc au cours de la prise d’armes présidée par le major général de l’armée de Terre, le général d’armée Justel.
L’événement rassemblera également des invités issus de familles royales et princières européennes : Albert Alexandre Louis Pierre Grimaldi, Jean D’Orléans, Jean-Christophe Napoléon et Mads Rahbek, colonel représentant le roi du Danemark, Frederik X. Deux anciens légionnaires seront élevés à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur : le capitaine (er) Pierre Montagnon et le major (er) Horst Roos. Saint-Cyrien de la promotion Maréchal de Lattre (1951-1953), Pierre Montagnon rejoint les rangs des parachutistes de la Légion en 1954. Blessé à deux reprises et sept fois cité pendant la guerre d’Algérie, il choisit de quitter l’armée en 1961 alors qu’il commande la 4e compagnie du 2e REP. Il entame alors une carrière de chef d’entreprise, d’historien et d’écrivain.
Horst Roos s’engage à la Légion étrangère en 1951. Il combat en Indochine dans les rangs du 2e BEP puis en Algérie dans les rangs du 2e REP. Deux fois blessé et sept fois cité, il quitte le service actif en 1991, au terme de 40 années de service. Premier président des sous-officiers de la Légion étrangère, le major Roos est une figure emblématique des « Maréchaux de la Légion ».
Chaque 30 avril, Camerone représente l’occasion pour les légionnaires de se rassembler et de commémorer les valeurs de la Légion étrangère, avec honneur et fidélité.
A la une
Open Bercheny MMA : un premier tournoi interarmées de MMA au 1er RHP
Les 26 et 27 juin 2026, le 1er Régiment de Hussards Parachutistes (1er RHP) accueillera la première édition...
13 mai 2026
Trophées de la simplification 2026
Créés en 2023 par l’inspection de l’armée de Terre, les Trophées de la simplification s’inscrivent dans une...
11 mai 2026
Décès du sergent Bin Chen et du caporal-chef Axel Delplanque lors d’un stage de plongée de combat du génie à Angers.
Dans la nuit du mardi 5 mai 2026, deux plongeurs de l’armée de Terre sont décédés au cours d’un stage de plongée de...
05 mai 2026