700 légionnaires déployés en terrain libre
Durant dix jours, le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) a conduit l'exercice interarmées Libecciu 2026, du nom du vent corse qui souffle en rafales. Près de 700 légionnaires et une centaine de véhicules ont été déployés en terrain libre entre le sud de la Creuse et l’Indre-et-Loire, appuyés par des moyens aériens, des commandos parachutistes et des plongeurs.
Conçu comme une séquence majeure de préparation opérationnelle, l’exercice a permis d’entraîner l’état-major du régiment et plusieurs compagnies de combat à conduire des opérations aéroportées, motorisées et de combat débarqué dans un environnement complexe.
Une préparation opérationnelle d’envergure
Le dispositif s’est regroupé au camp de La Courtine afin de finaliser les préparatifs avant le déploiement de la manœuvre, permettant aux unités de conduire les dernières répétitions tactiques et de coordonner les différentes phases de l’opération avec les renforts interarmes engagés.
L’exercice a mobilisé plusieurs capacités complémentaires : avions de transport tactique, drone MQ-9 Reaper, aéronefs de chasse, hélicoptères de manœuvre, ainsi que des unités spécialisées du régiment, notamment le groupe de commando parachutistes (GCP) et le groupe de plongeurs de l’armée de Terre (GPAT).
Une insertion aéroportée de nuit
Dans la nuit, les légionnaires parachutistes sautent en ouverture depuis des C-130 sur la zone des Féniers, dans la Creuse. Après regroupement au sol, les unités s'infiltrent vers leurs premiers objectifs.
Au lever du jour, les compagnies ont conduit des actions offensives contre plusieurs réseaux de tranchées tenus par une force adverse jouant le rôle de milices pro-BRIQUE. Cette première phase a permis au GTIA d’ouvrir sa progression vers le nord.
Combat motorisé et combat urbain
Du côté de la force ennemie, composée de la compagnie du 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) et de ses véhicules blindés griffon, la défense s’organise.
En parallèle, la section d’appui mortiers de 120 mm du régiment a été mise en place après un largage de matériels par A400M, avec l’appui du 1er régiment du train parachutiste (1er RTP). Les mortiers ont ensuite appuyé les opérations de la force amie dans la profondeur. Des groupes de commandos parachutistes ont également conduit plusieurs actions ciblées derrière les lignes adverses, notamment des missions d’infiltration et de libération d’otages (le maire et deux élus de la Souterraine)
Reconnaissance et franchissement
La manœuvre s’est poursuivie à travers la Haute-Vienne et la Vienne dans le cadre d’une phase de reconnaissance offensive. L’exercice a permis de mettre en œuvre différentes capacités drones : drones FPV (First Point View) dédiés aux frappes tactiques, drones Parrot Anafi pour le renseignement de proximité et le largage d’explosif ainsi que le Reaper (de l’armée de l’Air et de l’Espace) pour le renseignement dans la profondeur.
Le groupe de plongeurs de l’armée de Terre a conduit une mission de reconnaissance des points de franchissement sur la Vienne après une insertion héliportée depuis un hélicoptère NH-90 du 1er régiment d’hélicoptères de combat (1er RHC).
À Pouzay, une autre opération héliportée a permis la mise en place des éléments d’assaut avant le franchissement de la rivière et la conquête d’un objectif tactique comprenant un pont et une zone urbanisée.
L’assaut final
La dernière phase de Libecciu 2026 s’est déroulée au camp du Ruchard, en Indre-et-Loire. Les 700 légionnaires parachutistes du 2e REP ont conduit l’assaut final contre une position fortement défendue afin de conclure la manœuvre.
Cette séquence s’est tenue au lendemain des commémorations de l’opération Bonite où autant de légionnaires avaient sauté sur Kolwezi il y a 48 ans.
Par une manœuvre dense, au terme de 300 kilomètres de reconnaissance offensive, l’exercice Libecciu a permis de renforcer l’interopérabilité entre les différentes composantes engagées et de consolider les savoir-faire du régiment en matière de projection, de combat motorisé et de coordination interarmées.
Des présentations de matériels, une cérémonie et des actions au profit de la classe défense du collège de Nouâtre ont été organisées dans plusieurs communes traversées. Conduit sur la durée de l’exercice, ces échanges ont contribué à renforcer le lien entre les armées et la population locale.
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