Le 2e régiment étranger d’infanterie s’aguerrit au combat en milieu grand froid

Direction : Terre / Publié le : 06 avril 2026

Déployé dans un environnement marqué par des températures négatives et un terrain exigeant, le 2ème régiment étranger d’infanterie a conduit une manœuvre d’ampleur visant d’abord à s’emparer d’un pont lors d’une action offensive, avant de progresser vers une seconde localité pour s’y installer en posture défensive. Réalisée aux côtés d’unités alliées, cette opération a constitué un jalon majeur dans la montée en puissance du régiment en milieu grand froid. 

 

Phase d'entraînement en milieu grand froid - © armée de Terre

Entre appropriation de nouveaux matériels, préparation des véhicules et acquisition des savoir-faire propres aux combats nordiques, les légionnaires ont démontré leur capacité à durer et à manœuvrer dans un environnement particulièrement exigeant.

Une séquence d’entraînement opérationnel d’envergure

Dans un environnement marqué par des températures négatives, des sols gelés et une luminosité réduite, le 2ème régiment étranger d’infanterie a conduit une séquence d’entraînement opérationnel d’envergure visant à éprouver ses capacités de combat et de soutien en milieu grand froid. Cette manœuvre s’articulait autour d’un objectif tactique clair : s’emparer d’un point de passage cléavant de poursuivre la progression vers un village et d’y établir une position défensive permettant de contrôler les axes environnants.
Cette mission s’inscrit dans un scénario de haute intensité où chaque unité engagée doit être capable d’agir rapidement, de s’adapter aux contraintes du terrain et de soutenir l’effort des forces alliées dans un environnement particulièrement contraignant. Pour les légionnaires  engagés dans ces manoeuvres, l’exercice constitue une occasion de renforcer leur maîtrise du combat en zone froide, domaine exigeant qui impose une adaptation constante des hommes comme des matériels.

Débarquement du véhicule avec appuie feu © armée de Terre

Débarquement du véhicule avec appuie feu

Une manœuvre interarmes structurée

Pour conduire cette mission, le régiment a déployé un dispositif complet articulé autour de plusieurs unités complémentaires. L’ensemble de ces moyens était coordonné depuis un poste de commandement régimentaire permettant de suivre l’évolution de la situation tactique et d’adapter la manœuvre en temps réel. Les véhicules d’observation de l’artillerie ainsi que les drones engagés ont permis de compléter ce dispositif en fournissant des capacités de reconnaissance et de renseignement essentielles à la conduite des opérations.
Cette organisation interarmes permet de reproduire les conditions d’un engagement réel en intégrant l’ensemble des fonctions opérationnelles : commandement, renseignement, combat et soutien.

Manoeuvre avec les dronistes © armée de Terre

Manoeuvre avec les dronistes

Le Jaguar éprouvé en conditions nordiques

L’un des points marquants de cette séquence d’entraînement réside dans le premier déploiement du véhicule blindé Jaguar dans un environnement de grand froid. Ce blindé de reconnaissance et de combat, développé dans le cadre du programme Scorpion, représente l’un des équipements majeurs du renouvellement capacitaire de l’Armée de Terre.

Son engagement dans un environnement nordique permet d’évaluer concrètement ses performances face aux contraintes climatiques : démarrage par températures négatives, résistance des systèmes électroniques, mobilité sur terrain gelé et/ou enneigé et exploitation des capteurs embarqués malgré des conditions météorologiques dégradées.

Pour les équipages et les équipes de maintenance, cette première expérience constitue une étape importante dans l’appropriation du matériel. Les conditions extrêmes imposent en effet des adaptations techniques et logistiques spécifiques afin de garantir la disponibilité opérationnelle des véhicules.

Déploiement du véhicule jaguar en condition grand froid © armée de Terre

Déploiement du véhicule jaguar en condition grand froid

Une montée en puissance des forces

Avant le déclenchement de la manœuvre, une phase essentielle a été consacrée à la prise en compte des matériels et à la préparation des véhicules. Dans un environnement où le froid peut rapidement affecter les systèmes mécaniques et électroniques, cette préparation constitue une condition indispensable à la réussite de l’opération.

Les équipes techniques ont ainsi procédé à une vérification approfondie des véhicules et à l’adaptation de certains équipements. Les drones, notamment, ont fait l’objet d’une attention particulière afin de préserver l’autonomie de leurs batteries et de garantir la fiabilité de leurs capteurs dans des conditions climatiques exigeantes.

Pour les légionnaires, la préparation concerne également l’adaptation individuelle au froid. La gestion de l’effort, l’organisation des temps de repos et la prévention des blessures liées aux températures négatives font partie intégrante des savoir-faire nécessaires pour opérer dans ce type d’environnement.

Les légionnaires ont ainsi appris à évoluer sur des surfaces glacées, à manœuvrer leurs véhicules dans la neige et à adapter leurs déplacements aux contraintes du relief et de la visibilité. Cette phase d’appropriation du milieu est essentielle pour permettre aux unités de retrouver des automatismes et de développer des réflexes adaptés au combat en zone froide.

Adaptation au milieu grand froid © armée de Terre

Adaptation au milieu grand froid

Apprendre à durer en milieu grand froid

Au-delà de l’action tactique, l’exercice met également l’accent sur la capacité des unités à durer dans un environnement particulièrement exigeant. Le froid intense impose une vigilance permanente et nécessite une gestion rigoureuse des ressources humaines et matérielles.

Certaines unités jouent ici un rôle essentiel en assurant la continuité du soutien logistique. Maintenance des véhicules, ravitaillement et appui sanitaire permettent aux unités de combat de maintenir leur efficacité sur la durée.

Les conditions rencontrées lors de cet exercice s’appuient sur l’expérience des forces françaises qui ont déjà été confrontées à des environnements similaires au cours de différentes missions. 

Ces expériences ont permis de continuer à développer des savoir-faire spécifiques ainsi que leur transmission.

adaptation au milieu grand froid © armée de Terre

adaptation au milieu grand froid

Une mission intégrée dans une manœuvre alliée

Dans le scénario de l’exercice, l’action de l’infanterie ne se limite pas à une manœuvre isolée. Elle s’inscrit au contraire dans un dispositif opérationnel plus large, impliquant plusieurs forces alliées engagées dans une action coordonnée. L’objectif est de reproduire les conditions d’une opération interalliée réaliste, où chaque unité agit à son niveau tout en contribuant à l’effort global de la coalition.

Dans ce cadre, la mission confiée à ces unitésconsiste à sécuriser un secteur clé du dispositif afin de permettre la poursuite de la progression des forces amies. Tandis que les forces américaines conduisent leur mouvement vers l’est, les légionnaires doivent s’emparer de points de passage essentiels et stabiliser la zone afin de garantir la liberté de manœuvre des unités engagées.

La prise du pont puis l’occupation du village  répondent directement à cet objectif. En contrôlant ces points d’appui, le régiment est en mesure de sécuriser les axes de progression et de préparer le terrain pour l’engagement d’unités alliées. L’installation en posture défensive dans le village permet notamment d’établir une ligne de débouché vers l’est, destinée à faciliter l’entrée en action d’une unité alliées.

Cette notion de ligne de débouché revêt une importance particulière dans la conduite des opérations terrestres. Elle correspond à une zone sécurisée depuis laquelle une unité peut se déployer et lancer sa manœuvre dans des conditions favorables. En préparant cette zone et en assurant la maîtrise du terrain, le 2ème étranger d’infanterie contribue directement à la continuité de l’effort opérationnel allié.


Au-delà de la dimension tactique, cette coordination illustre la manière dont les forces armées modernes opèrent désormais dans un cadre multinational. Les opérations sont planifiées et conduites en étroite coopération entre partenaires, chacun apportant ses capacités et son expertise au service d’un objectif commun. La synchronisation des actions, le partage du renseignement et l’interopérabilité des moyens constituent autant de facteurs déterminants pour assurer la réussite de la mission.


Pour l’infanterie, cette manœuvre représente donc également une opportunité de renforcer leur expérience du travail interallié. Habitués à être engagés aux côtés de partenaires internationaux sur de nombreux théâtres d’opérations, ils mettent en œuvre des procédures communes et développent des réflexes de coordination indispensables dans ce type de contexte.

Ainsi, à travers ces actions, le régiment s’inscrit pleinement dans la dynamique collective de la manœuvre interalliée. Chaque objectif atteint par les unités contribue à la progression d’ensemble du dispositif, démontrant la complémentarité des forces engagées et la cohérence de l’exercice sur le terrain.


À travers cette manœuvre en milieu grand froid, le 2ème régiment étranger d’infanterie confirme sa capacité à s’adapter aux environnements les plus exigeants. Entre prise offensive du pont de Rundhaug, progression vers le village d’Overbygd et installation en posture défensive, les légionnaires ont démontré leur aptitude à manœuvrer et à durer dans des conditions climatiques particulièrement éprouvantes, tout en contribuant à la manœuvre d’ensemble conduite aux côtés des forces alliées.


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