2026 : les 110 ans de la bataille du Bois des Caures
La bataille du Bois des Caures s’est déroulée du 21 au 22 février 1916, marquant le début de la bataille de Verdun. 1200 chasseurs des 56e et 59e bataillon de chasseurs à pied ont donné leur vie dans un rude combat contre l’empire allemand. Sous les ordres du lieutenant-colonel Emile Driant, ils ont repoussé l’offensive, visant à mettre fin à la guerre de position engagée depuis plus d’un an. Ils ont permis au commandement français d’organiser la défense de Verdun et d’acheminer des renforts.
Une défaite héroïque
Le caractère honorable de cette défaite se trouve d’abord l’inégalité des rapports de force. Côté allemand, on compte 8000 à 10 000 soldats et 850 pièces d’artillerie. Côté français, on compte seulement 1200 soldats et 270 canons pour tenir ce saillant stratégique.
Le 21 février, à compter de 7 h 15, un orage d’acier déferle sur les lignes françaises au rythme d’un obus toutes les 15 secondes. Jusqu’à 16 heures, 2 millions d’obus de tous calibres s’abattent sur un front de trois kilomètres. Position avancée française sur la rive droite de la Meuse, le Bois des Caures est pulvérisé par ce déluge d’acier. Les arbres sont déchiquetés et les tranchées détruites ; le Bois des Caures devient un paysage lunaire, parsemé de trous d’obus, où se maintiennent cependant encore les chasseurs des 56e et 59e BCP.
À 17 heures, le bombardement s’allonge et poursuit son œuvre destructrice à l’arrière du Bois de Caures.
Les Poilus survivants, dont beaucoup sont blessés après dix heures de bombardement, sortent de leurs abris. Au même moment, les fantassins allemands lancent leur attaque. Sur des positions désorganisées et avec les moyens encore en état d’usage, les chasseurs de Driant opposent une farouche résistance à l’ennemi. Jusqu’au corps à corps, les Poilus du Bois des Caures se battent à un contre huit. Au soir du 21 février 1916, on ne dénombre plus que 300 soldats français mais le bois a résisté et est resté français.
Le 22 février, après une nouvelle préparation d’artillerie mobilisant des obus à gaz, les Allemands se lancent de nouveau à l’assaut des positions françaises. Les chasseurs de Driant défendent le terrain pied à pied, retardant l’avance ennemie et gagnant un temps précieux qui permet au commandement français d’organiser la défense devant Verdun.
En fin d’après-midi, n’étant plus en mesure de tenir sa position, le lieutenant-colonel Driant ordonne le repli des survivants. Partant parmi les derniers, il est mortellement frappé à la tête alors qu’il porte secours à un de ses hommes blessé.
Sur les 1200 soldats que comptaient les 56e et 59e BCP au début de la bataille, le 21 février matin, seule une centaine survit aux combats.
Une mémoire toujours vivante
Si les vétérans de cette bataille ne sont plus là, les paysages eux portent toujours des stigmates un siècle plus tard, témoignant de l’intensité des combats et du dévouement de ces chasseurs. Afin d’honorer leur mémoire, le 16e BCP rend hommage chaque année à ces héros du Bois des Caures.
Le saviez-vous ?
Il est aujourd’hui possible d’emprunter un circuit pédestre pour découvrir le bois des Caures, et en particulier le poste de commandement du colonel Driant, sa tombe, ainsi que le monument commémoratif des 56e et 59e bataillon de chasseurs à pied.
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