SEA AIR AND SPACE 2022

Le salon « SEA AIR SPACE » s’est tenu au Gaylord National Convention Center, du 04 au 06 avril 2022. Organisé tous les ans, il a repris de façon optimale cette année après les perturbations liées au COVID.

Cette manifestation a réuni durant trois jours plus de 350 exposants, pour la plupart occidentaux.

Organisé par la « Navy League » des Etats-Unis d’Amérique, ce salon est le plus important dans le domaine naval et aéronautique en Amérique du Nord.

Les principaux industriels présents sont spécialisés dans la construction des plateformes air et surface, l’armement, les drones, les senseurs et les systèmes de propulsion. Malgré, une immense majorité d’industriels américains, des exposants norvégiens, canadiens, anglais, australiens et japonais étaient également présents sur ce salon.

LOGO SAS2022 - © SITTA

Bien que relancée depuis un an, et compte tenu du nombre de participants sur l’édition Sea Air Space 2022 marque la reprise post covid des salons d’envergure aux États-Unis. Cette édition fut par ailleurs l’occasion pour la Navy League, organisatrice de l’évènement, de fêter le centième anniversaire des porte-avions américains.

gâteau CVN-78 © SITTA

gâteau CVN-78

AUSTAL USA propose de nouvelles variantes de son produit phare EPF

L’industriel américain proposait sur son stand deux nouvelles versions de son Expeditionary Fast Transport. L’EPF Flight II reprend les mêmes bases que la version originale avec une plateforme multi missions dotée d’une coque catamaran pour une longueur de 103 m. Les principales évolutions se portent sur le renforcement structurel, le traitement thermique de sa plateforme hélicoptère au profit du V-22, et l’installation d’infrastructures médicales renforcées (deux salles d’opération, 23 lits médicalisés, etc.). Le second concept dénommé Expeditionary Medical Ship (EMS) est quant à lui totalement dédié au soutien médical en opération ou dans le cadre de missions humanitaires. Il sera doté de quatre salles d’opération et de 124 lits médicalisés. La plateforme de 122 m dispose d’une aire de poser pour hélicoptère capable d’accueillir un V-22 ou un CH-53.

AUSTAL_EMS © SITTA

AUSTAL_EMS

AUSTAL_EPF II © SITTA

AUSTAL_EPF II

Le Barracuda de Future Defense USA

La société Future Defense USA se spécialise dans le développement de systèmes autonomes. Elle dispose actuellement de cinq plateformes de type Barraccuda avec des versions habitées, non habitées ou duales. La plateforme présentée est apte à naviguer avec un état de mer de niveau 8, et dispose d’une capacité de retournement automatique. Il existe une version « opérations spéciales » équipée d’un affut télé opéré rétractable de calibre 12,7 mm situé plage avant.

Future Defense USA_Barracuda_SV125 © SITTA

Future Defense USA_Barracuda_SV125

Présentation du canon de 30 mm Mk38 mod 4 de MSI

Nouvelle arme de la série Seahawk de MSI Defense System, le système Mk38 mod 4 se compose d’un affut télé opéré armé d’un canon de 30 mm et optionnellement d’une mitrailleuse coaxiale de 12,7 mm, l’ensemble couplé à une conduite de tir électro-optique aux capacités TV, IR et laser. La commande s’effectue via le système de combat de l’unité, sur une console dédiée ou en manuel. Ce canon équipera prochainement les unités de l’US Navy en lieu et place des canons de 25 mm Mk38 mod 2. Doté d’un large choix de munitions à sa disposition, ce système d’arme apportera de meilleures performances en termes de portées, de précision et d’efficacité, notamment face aux menaces drones.

MSI_Mk38 mod4 © SITTA

MSI_Mk38 mod4

La collaboration avec l’industrie de défense australienne mise en avant.

L’Australie, invitée d’honneur sur cette édition, profitait d’un espace dédié aux différents industriels engagés dans des collaborations avec les Etats-Unis. Largement mis en avant, le Whiskey Multi Mission Reconnaisssance Craft (MMRC) est l’un des produits phare du complexe militaro-industriel australien présenté sur le salon. Pensé et créé par un ex-militaire, cette embarcation de 9,3 m réside dans un condensé de technologies adaptées aux missions des forces spéciales. Aérotransportable et largable, cette embarcation peut également être embarquée sur toutes sortes de bâtiment de surface. La configuration de la coque et les assises installées à bord réduisent de 40% les effets de choc subis par le personnel et le matériel lors de la navigation. Le modèle présenté sur le salon était équipé d’une mature intégrant le système C5ISR Whiskey Horizon Strike développé par Aries Defense ainsi que d’un drone captif utilisable comme relais radio.

The Whiskey Project_MMRC © SITTA

The Whiskey Project_MMRC

Le monde des systèmes sans pilotes en plein essor…

Les drones et les dispositifs de protection contre ces systèmes ont été largement représentés lors de cette édition 2022, montrant l’intérêt grandissant de l’emploi de ces systèmes au sein des armées.

Parmi les plateformes navales présentes sur le Potomac, une nouvelle configuration matérielle du CUSV, habituellement observée avec des moyens dédiés à la guerre des mines, était cette fois présentée avec un dispositif de lancement de munitions. La charge utile se compose d’un lanceur octuple disposé sur l’arrière du drone.

Textron_CUSV+lanceurs © SITTA

Textron_CUSV+lanceurs

Le CUSV embarquait pour l’occasion un dispositif développé par Easy Aerial nommé ECTS. Composé d’un petit drone aérien captif relié à son conteneur de transport, ce système compact d’un poids inférieur à 20 kg peut être mis en œuvre rapidement dans des missions de surveillance. La connexion filaire du drone permet le pilotage et l’alimentation électrique de l’UAV et également la réception du flux vidéo. En cas de besoin, l’appareil présenté peut larguer son câble de commande et être piloté pendant près de 40 minutes.

Easy Aerial_ECTS © SITTA

Easy Aerial_ECTS

Au sein du hall principal, en complément des maquettes liées au projet LUSV de la Navy, plusieurs industriels présentaient des bâtiments sans pilote conçus pour les missions de recherche, de renseignement ou de surveillance à l’instar de l’USV Explorer de Saildrone récemment déployé par la Task Force 59 lors de l’exercice IMX 2022. Ce drone est capable de patrouiller 365 jours d’affilés dans le cadre de missions de surveillance et de transmettre par satellite les données collectées par ses caméras, ses radars et ses antennes sonar passives.

OPT présentait le WAM-V, plateforme de surface aux flotteurs articulés qui se décline en trois versions. Cette configuration permet de garantir une stabilité de la charge utile installée même par mer agitée. Cette compagnie développe par ailleurs des bouées qui intègrent des systèmes fixes dédiés à la surveillance des approches maritimes.

OPT_WAM-V © SITTA

OPT_WAM-V

SeaTrac propose son embarcation SeaTrac SP-48 qui permet au client de configurer rapidement la plateforme selon les besoins opérationnels tels que des missions de relais radio, de surveillance ou encore de passerelle pour les transmissions de données avec des objets sous-marins.

En ce qui concerne les Unmanned Underwater Vehicle (UUV), Le monde des profondeurs, malgré une exploitation plus ancienne, génère toujours de nouveaux concepts de drones sous-marins. L’industriel norvégien Konsberg présentait le modèle Edge, nouveau venu de la série Hugins, qui dispose d’une autonomie annoncée de 24 h à 4 nœuds et qui est capable de plonger à près de 1000 m. Ce drone peut être équipé de sonars à haute résolution et être utilisé dans des missions de cartographie des fonds marins.

Kongsberg_Hugin Edge © SITTA

Kongsberg_Hugin Edge

La société Anduril exposait de son côté le concept de drone sous-marin low cost DIVE-LD. Cet UUV de près de 6 m est composé d’une coque externe conçue en impression 3D, d’une capacité d’immersion annoncée de 6000 m. Disposant d’un volume de charge utile d’1m3, ce drone peut embarquer un large panel de senseurs acoustiques adaptés pour des missions de guerre des mines, d’exploration des fonds marins ou de surveillance anti-intrusion sous-marine.

Anduril_Dive-LD © SITTA

Anduril_Dive-LD

La société Thayer Mahann propose la mise en réseau de plateformes autonomes pour la cartographie des fonds marins grâce à son AUV Seascout équipé d’un sonar à haute résolution ou encore la mise en réseau de drones équipés d’hydrophones pour établir la surveillance acoustique d’un espace maritime sans engager une unité stratégique par le biais de son système Outpost.

Le laboratoire des recherches appliquées de l’université de Pennsylvanie (PennState) présentait le LTV-54. Ce laboratoire immergé de près de 9 m de long pour 1,3 m de large se compose d’un compartiment charge utile central modulaire aux formes rectangulaire ou cylindrique. Le compartiment observé aurait été créé pour intégrer un prototype de pile à combustible de mêmes dimensions. Livré en février 2022, cet UUV devrait effectuer sa première plongée dans les prochaines semaines.

PennState_LTV-54 © SITTA

PennState_LTV-54

Dans le domaine des drones aériens, AeroVironment, Spécialisé dans le développement d’UAV et de munitions rodeuses, présentait sur son stand ses différentes versions de munitions ainsi que son drone VTOL à ailes fixes JUMP 20. L’industriel a annoncé avoir récemment réalisé des essais concluants de tirs de Switchblade 300 depuis un JUMP 20.

AeroVironment_SwitchBlade 600 © SITTA

AeroVironment_SwitchBlade 600

Le micro drone Skydio X2D est présenté comme un drone de reconnaissance pouvant être mis en œuvre en moins de 90 s. Equipé d’une caméra couleur 4k dotée d’un zoom x16, d’une caméra thermique (zoom x8) et de quatre autres caméras, le drone génère une image 3D en temps réel qui lui permet de calculer automatiquement sa ficelle de vol tout en évitant les obstacles et lui permettant donc de voler même en condition de brouillage GPS.

Skydio_X2D © SITTA

Skydio_X2D

La société Dzyne se spécialise dans le développement accéléré de vecteurs aériens sans pilote en suivant le principe suivant : « l’Etat a une idée bizarre, nous sommes ceux qu’il appelle ». Son catalogue propose actuellement trois drones à savoir le drone de surveillance à longue endurance (30 h) LEAP, le drone léger EHL et le drone anti-drone lance-filaments CURES. Le dernier concept, développé en six mois, se présente sous la forme d’un planeur logistique à faible cout (conception contreplaqué / bois).

Stand_Dzyne © SITTA

Stand_Dzyne

La startup Airgility propose les micro-drones MS-1 et DS-1 Minotaur. Le DS-1 Minotaur, drone de 48 cm, intègre des caméras jour/nuit, des capteurs thermiques et un lidar LightWave SF40 converti en système d’évitement d’obstacle. Ce drone peut effectuer des inspections ou de explorations de lieux confinés pendant une vingtaine de minutes en mode quasi autonome.

Airgility_MS-1 et DS-1 © SITTA

Airgility_MS-1 et DS-1

Le drone cargo tactique TRV-150 de Survice transporte des charges jusqu’à 68 kg à une distance maximale de 70 km. Son autonomie est donnée pour 36 minutes. Il est propulsé par huit hélices et est alimenté par des batteries Lithium-Ion. Le drone est contrôlé depuis une tablette et est piloté via des waypoints prédéfinis. Les flèches du drone sont totalement repliables et permettent un conditionnement dans un étui de protection aux faibles dimensions autorisant par exemple son transport dans le coffre d’une voiture.

… Ainsi que celui des moyens techniques de se protéger de ceux des adversaires.

Peu représentés au sein de ce salon, les moyens de lutte anti-drones sont dans de nombreux cas des projets à court ou moyen termes pour de nombreuses compagnies, en complément des dispositifs de détection, de brouillages ou d’interception les plus connus comme ceux proposés par exemple chez Liteye ou Flexforce,

FlexForce_Drone Buster © SITTA

FlexForce_Drone Buster

Epirus présentait le dispositif d’arme à énergie dirigée électromagnétique LEONIDAS capable de perturber l’électronique embarquée à bord de drones ou d’embarcations rapides. Ce système a déjà validé l’ensemble des expérimentations effectuées au sein du centre de recherche de l’industriel. Ce dispositif sera prochainement testé sur des blindés Stryker de l’US Army et pourrait être envisagé en remplacement des systèmes CIWS Phalanx installés à bord des unités de l’US Navy.

Epirus_Leonidas © SITTA

Epirus_Leonidas

Le système proposé par D-Fend propose quant à lui d’interférer dans les communications entre le pilote et son drone en prenant le contrôle de la liaison de données et du drone ciblé. Afin de garantir une efficacité maximale de ses systèmes, l’industriel a intégré l’ensemble des signatures de liaisons de données qu’il avait à sa disposition.

Peraton © SITTA

Peraton