Thérèse Figueur ou « Madame Sans-Gêne », une femme dans l’armée au temps de Napoléon
Née en 1774 à Talmay en Côte-d’Or, orpheline à 9 ans, Thérèse Figueur s’engage dans l’armée à 19 ans. Elle rejoint les rangs des Fédéralistes où elle apprend à utiliser le canon et à monter à cheval.
« À une époque où l’on considère que les valeurs nécessaires à un bon soldat, le courage, la volonté, la résilience physique sont des attributs exclusivement masculins, Thérèse Figueur va prouver le contraire. De façon métaphorique, elle est l’une des premières pierres à l’édifice sur lequel se reposent aujourd’hui pas moins de 16% des armées que sont les effectifs féminins », témoigne Maxime Tournier, archiviste au Service historique de la Défense.
Thérèse Figueur ou Madame Sans Gêne, une femme dans l'armée au temps de Napoléon
Dragonne « Sans-Gêne »
Sa carrière de militaire évolue rapidement quand Thérèse Figueur se retrouve au siège de Toulon en 1793. Faisant preuve de courage, elle se fait surnommer « Sans-Gêne ». Enfin, la cavalière fait partie des 15e et 9e régiments des dragons, faisant preuve d’agilité à cheval.
Thérèse Figueur n’hésite pas à participer aux nombreuses batailles et campagnes militaires des guerres napoléoniennes. Son courage, son moral et sa persévérance sont appréciés au point que lors du décret du Comité de Salut Public interdisant le service militaire des femmes (1793), elle peut profiter d’une exception. En effet, si une vision nouvelle de la société s’est développée pendant la Révolution Française, même les Jacobins les plus radicaux rejetèrent l’idée de la participation des femmes dans le domaine militaire ou politique. Pour Thérèse Figueur, son sexe est souvent ignoré, éclipsé par ses nombreuses réussites sur les champs de bataille.
Après deux ans passées en prison en Angleterre, elle prend sa retraite militaire à Paris en 1815. En 1818, l’ancienne dragonne retrouve son ami d’enfance, Clément Sutter, qu’elle épouse. Thérèse Figueur publie ses mémoires en 1842 avec l’aide de Saint-Germain Leduc.
Durant sa longue vie, cette femme soldat a connu le règne de Louis XVI, la Révolution Française, le Ier Empire, les deux Restaurations, puis Louis-Philippe, la seconde République et même Napoléon III.
Sources : SGA/COM, Daria Gorbaczewska sur le site du Musée de l’Armée
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