Le Service d’infrastructure de la Défense, architecte d'un contrat solaire inédit pour le ministère des Armées
En pilotant de bout en bout la signature d'un Power Purchase Agreement* avec la société Urbasolar, aux côtés de plusieurs acteurs du Secrétariat général pour l’administration (SGA) comme la DAJ, la DAF et la DTIE, le Service d'infrastructure de la défense s'impose comme un acteur central de la transition énergétique du ministère des Armées.
C'est un contrat inédit que le ministère des Armées et des Anciens combattants a signé lundi 30 mars avec la société Urbasolar. Un Power Purchase Agreement* (PPA) par lequel l'opérateur privé s'engage à financer, construire et exploiter une centrale photovoltaïque sur un ancien dépôt de munitions de 110 hectares à Salbris, en Loir-et-Cher. À partir de 2030, le ministère des Armées achètera directement l'intégralité de l'électricité produite, à un prix fixe et attractif pendant trente ans, sans débourser le moindre euro d'investissement.
Derrière cette grande première, c’est toute une équipe de maîtrise d'ouvrage portée par le Service d'infrastructure de la défense - expertise et production nationale (SID-EPN) qui est à la manœuvre. Depuis janvier 2024, le Service pilote en mode projet une cellule réunissant la Direction des affaires juridiques (DAJ), la Direction des affaires financières (DAF) et la Direction des territoires, de l’immobilier et de l’environnement (DTIE). C'est lui qui a conduit la mise en concurrence, sélectionné Urbasolar et, en qualité de représentant du pouvoir adjudicateur, engagé juridiquement le ministère des Armées dans ce contrat inédit.
« Grâce à cet accord inédit, le ministère des Armées et des Anciens combattants sécurise la fourniture d'un volume assez conséquent d'énergie à ses armées à un prix stable et sur une longue durée. Ce projet démontre qu'il est possible de conjuguer trois ambitions : la valorisation du foncier du ministère, sa résilience budgétaire et la production d'énergie renouvelable décarbonée. », souligne Mathieu Morlay, manager du projet au SID-EPN.
Une opportunité rare
Le terrain de Salbris, aujourd’hui inutilisé et pollué pyrotechniquement, offrait une opportunité de valorisation agile et pérenne, sans aucune dépense publique. Trente des cent dix hectares disponibles seront aménagés en parc solaire dès 2029, tandis que la forêt et ses écosystèmes seront préservés. La centrale produira chaque année 50 182 MWh, soit l'équivalent de la consommation électrique annuelle de 10 724 foyers, couvrant environ 3,7 % des besoins électriques annuels du ministère des Armées.
« La transition énergétique est une nécessité. Elle permet non seulement de réduire notre empreinte carbone pour contribuer aux objectifs nationaux en la matière, mais aussi d’améliorer l’autonomie, la souveraineté et la résilience énergétique des Armées. La réussite de cette opération repose sur une compréhension partagée des enjeux du ministère par ses partenaires, cette collaboration est essentielle pour mobiliser tous les acteurs. Au-delà de l’engagement de tous au sein du ministère, ce sont aussi nos liens avec des partenaires externes qui permettent de développer et de réussir ces projets de transition énergétique dans les territoires », souligne Christophe Mauriet, secrétaire général pour l’administration.
L'enjeu financier est tout aussi décisif. Depuis la libéralisation des marchés de l'énergie, les prix de l'électricité sont devenus très volatiles, comme le démontre les chiffres de 65 €/MWh en 2021 contre 580 €/MWh en 2022. En fixant contractuellement le prix d'achat sur trois décennies, le SID-EPN offre au ministère un bouclier budgétaire durable, en phase avec la stratégie ministérielle de transition énergétique 2025-2030 et les perspectives ouvertes par la loi APER de mars 2023.
30
années de durée contractuelle
50 182
MWh produits chaque année
110
hectares d'emprise militaire à Salbris
« Le projet de Salbris est la démonstration qu'une reconversion exemplaire peut transformer une emprise militaire en une ressource précieuse pour le territoire et pour l'autonomie énergétique de l'État. Cette synergie entre nos équipes et celles du ministère des Armées et des Anciens combattants ouvre des perspectives nouvelles pour un déploiement massif et responsable de l'énergie solaire sur des sites militaires. », ajoute Antoine Millioud, président d’Urbasolar.
Fort de cette réussite, le SID-EPN entend désormais répliquer le modèle. De nouveaux sites militaires susceptibles d'accueillir un PPA doivent être soumis au comité de direction du SGA dès le printemps 2026. Une ambition qui confirme le rôle désormais stratégique du SID dans la souveraineté énergétique de l'État.
*Contrat d’achat d’électricité.
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