Prix d'histoire militaire 2025

Direction : SGA / Publié le : 16 décembre 2025

Lors de cette 28ème édition, qui s’est tenue à l’École militaire le 11 décembre, le prix « Thèse de doctorat » est venu récompenser Grégoire Binois pour « Les cartes en mains » et le prix « Mémoire de master II » Natacha Abriat pour « La mise en œuvre des escadres de la Royal Navy au combat. 1794-1805 ». 

Les lauréats du Prix d'histoire militaire 2025 - © Djamal Issouf, ECPAD

Par Hugues Boulet 

Depuis 1997, la Direction de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA) du ministère des Armées et des Anciens combattants, en lien avec le Conseil scientifique de la recherche historique de la Défense (CSRHD), octroie des aides et récompenses à des travaux universitaires par l'attribution du Prix d’histoire militaire (PHM). Cette récompense participe au renouveau de la discipline et contribue à donner un nouvel élan aux recherches dédiées à l'histoire militaire et à la Défense. Après avoir remercié le professeur Luc, président du CSRHD, Evence Richard, directeur de la DMCA, a salué la visibilité apportée par ces prix : « Les lauréats sont quasiment assurés de voir leur thèse publiée. La DMCA co-édite une trentaine d'ouvrages par an et cette histoire militaire est valorisée à travers deux organes au ministère : le Comité directeur pour la recherche en histoire de défense (CDRH) et le CSRHD. » 

Evence Richard, directeur de la DMCA © Djamal Issouf, ECPAD

Evence Richard, directeur de la DMCA

Evence Richard, directeur de la DMCA

Evence Richard, directeur de la DMCA

Regain d’intérêt pour l’histoire militaire 

Monsieur Richard s’est également montré optimiste sur l’avenir en ce domaine : « Il existe un regain d'intérêt pour l'histoire militaire que l'on perçoit. Mais il ne concerne pas de façon égale ou équitable toutes les périodes ou tous les sujets. Le ministère aimerait ainsi voir mieux traité un certain nombre de problématiques, notamment les sujets d'organisation. » Et justement, le prix pour la thèse de doctorat a été remis à Grégoire Binois pour son travail en la matière : « Les cartes en mains. Le travail des topographes et la construction de la géographie militaire dans la France du XVIIIe siècle », réalisé sous la direction de Hervé Drévillon (Université Paris I– Panthéon-Sorbonne). 

Grégoire Binois, lauréat du Prix d’histoire militaire – Thèse de doctorat © Djamal Issouf, ECPAD

Grégoire Binois, lauréat du Prix d’histoire militaire – Thèse de doctorat

photo de Grégoire Binois Prix d’histoire militaire – Thèse de doctorat 

photo de Grégoire Binois Prix d’histoire militaire – Thèse de doctorat 

Ancien élève de l'ENS Cachan, professeur agrégé au lycée de Vendôme et réserviste au Service historique de la Défense (SHD), Grégoire Binois a remercié le jury pour avoir valorisé une thèse sur l'évolution des représentations et des conceptions de l'espace : « Au XVIIe et XVIIIsiècle, la carte devient l'instrument de prédilection de l'appréhension spatiale. Cette priorisation peut se faire au détriment d'autres outils utilisés précédemment : les tableaux, les itinéraires, les descriptions littéraires. Et cela change peut-être la façon de prendre des décisions. » 

La mention spéciale a récompensé Samuel André-Bercovici, professeur agrégé d'histoire dans un lycée de Saint-Denis, pour sa thèse « Les Unités territoriales dans la guerre d’Algérie », sous la direction de Sylvie Thénault (Université Paris I – Panthéon-Sorbonne). Ces unités, qui ont existé de 1955 à 1960 et ont concerné 70 000 hommes, restent encore aujourd’hui largement méconnues.

Natacha Abriat, Prix d’histoire militaire – Mémoire de master II © Djamal Issouf, ECPAD

Natacha Abriat, Prix d’histoire militaire – Mémoire de master II

Natacha Abriat, Prix d’histoire militaire – Mémoire de master II 

Natacha Abriat, Prix d’histoire militaire – Mémoire de master II 

Un regard français sur la Navy 

Pour le mémoire de master, le PHM II a salué le travail de Natacha Abriat sur « La mise en œuvre des escadres de la Royal Navy au combat. 1794-1805 », sous la direction de Olivier Chaline (Sorbonne Université). Comme l’a rappelé celle qui est conservateur du patrimoine à la Région Occitanie, « l’objectif était de comprendre la réalité du commandement en mer, les décisions, les contraintes matérielles, l’organisation de la chaîne de commandement, l’autonomie des acteurs et les conditions concrètes du combat. L’historiographie française s’est rarement tournée vers les marines étrangères et j’ai voulu apporter un éclairage renouvelé sur la Royal Navy en allant me confronter directement au fonds d’archives à Londres avec mon regard de Française. »  

La mention spéciale du jury a été décernée à Valentine Schira pour son travail : « Abandonner ses drapeaux. La désertion dans l’armée française de la Restauration (1815-1830), entre ruptures individuelles de consentement et permanences d’un refus de la contrainte étatique », sous la direction de Claire Fredj (Université Paris-Nanterre). Un mémoire qui permet de confronter histoire militaire et histoire sociale, une intersection rarement exploitée. 

Le ministère des Armées et des Anciens combattants lancera sa prochaine campagne d’appel à candidatures pour la 29e édition du PHM en mars 2026.

Le palmarès du Prix d'histoire militaire 2025

Le professeur Luc, président du Conseil scientifique de la recherche historique de la Défense © Djamal Issouf, ECPAD

Le professeur Luc, président du Conseil scientifique de la recherche historique de la Défense

Le professeur Luc, président du Conseil scientifique de la recherche historique de la Défense

Le professeur Luc, président du Conseil scientifique de la recherche historique de la Défense

  • Prix d’histoire militaire – Thèse de doctorat 

Grégoire Binois : « Les cartes en mains. Le travail des topographes et la construction de la géographie militaire dans la France du XVIIIe siècle », sous la direction de Hervé Drévillon (Université Paris I – Panthéon-Sorbonne). 

  • Mention spéciale du jury – Thèse de doctorat 

Samuel André-Bercovici : « Les Unités territoriales dans la guerre d’Algérie »sous la direction de Sylvie Thénault (Université Paris I–Panthéon-Sorbonne).

  • Prix d’histoire militaire – Mémoire de master II 

Natacha Abriat : « La mise en œuvre des escadres de la Royal Navy au combat. 1794-1805 », sous la direction de Olivier Chaline (Sorbonne Université).

  • Mention spéciale du jury – Mémoire de master II 

Valentine Schira : « Abandonner ses drapeaux. La désertion dans l’armée française de la Restauration (1815-1830), entre ruptures individuelles de consentement et permanences d’un refus de la contrainte étatique », sous la direction de Claire Fredj (Université Paris-Nanterre).

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