La loi sur les cimetières militaires a 110 ans

Direction : SGA / Publié le : 29 décembre 2025

Alors que la guerre de 1870-1871 avait posé les premières bases du traitement des corps des militaires morts à la guerre, ce texte voté le 29 décembre 1915 a instauré la création par l’État de nécropoles nationales regroupant les corps des soldats « Morts pour la France » auprès des lieux de combat. 

Entrée du cimetière de Brieulles-sur-Meuse (années 1920) qui deviendra une nécropole nationale - © DR

29 décembre 1915. Un peu plus d’un an après le début des hostilités de la Première Guerre mondiale, l’Assemblée nationale adopte une loi « concernant les lieux de sépultures à établir pour les soldats des armées françaises et alliées décédés pendant la durée de la guerre ». Ce texte vise les militaires « décédés des suites de leurs blessures ou de maladies contractées aux armées ». Cette loi, qui vient compléter celle de juillet 1915 sur la mention « Mort pour la France »fixe également un cadre pour l’édification juridique, domaniale et sanitaire des cimetières militaires. 

Nécropole nationale de Baslieux (Meurthe-et-Moselle) © S.Thellier

Nécropole nationale de Baslieux (Meurthe-et-Moselle)

Le drame des corps perdus sur le front 

Durant l’été 1914, la guerre de mouvement n’offre pas de temps aux armées pour inhumer les morts, souvent regroupés en fosse collective. À partir du moment où la guerre de position s’installe (automne 1914 – printemps 1918), les armées érigent de véritables cimetières militaires, soit dans le prolongement des cimetières communaux, soit à l’arrière des zones de combats. De nombreux corps sont cependant perdus sur les champs de bataille (explosions, impossibilité d’aller chercher ses frères d’arme. Du printemps à novembre 1918, malgré le retour de la guerre de mouvement, l’évolution de l’organisation de l’armée française permet davantage d’inhumations individuelles.  

Les principes du cimetière militaire « à la française » 

A la fin de la guerre, une Commission nationale des sépultures est mise en place, qui pose les principes du cimetière militaire « à la française » : 

  • regroupement systématique des corps dans de grands cimetières militaires érigés à des endroits historiquement puissants et, si possible, au bord d’axes routiers principaux ;
  • équité dans l’inhumation avec des modèles de monuments funéraires standardisés et représentatifs des principales religions de l’Empire et des non-croyants ;
  • composition générale : une entrée monumentalisée, une allée principale, une place d’armes, un mât des couleurs, des ossuaires recueillant les « inconnus » et des tombes individuelles ordonnées pour les corps identifiés comme une troupe en revue.

Nécropole nationale de Montdidier (Somme) © S.Thellier

Nécropole nationale de Montdidier (Somme)

Nécropole nationale de Montdidier (Somme)

Nécropole nationale de Montdidier (Somme)

290 nécropoles en France

Depuis le vote de la loi de 1915, les « cimetières nationaux » sont devenus des « nécropoles nationales » au titre de la Grande Guerre. Actuellement, le ministère des Armées et des Anciens combattants porte, en France métropolitaine, la responsabilité de 290 nécropoles et assimilées, où sont inhumés près de 770 000 corps. Plus de 80% des personnes inhumées sont des victimes de la Première Guerre mondiale.  

La nécropole nationale d’Ablain-Saint-Nazaire - Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais) est la plus grande nécropole nationale : 25 hectares, près de 43 000 corps dont 20 000 en ossuaires. 

Des rénovations indispensables 

La Direction de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA) du ministère est responsable de la politique de préservation des nécropoles nationales et des cimetières militaires érigés sur le territoire national. La mise en œuvre de cette politique est confiée depuis 2010 en France métropolitaine à un de ses opérateurs, l’Office national des combattants et victimes de guerre (ONaCVG), qui assure la gestion de ces sites. Le ministère des Armées et des Anciens combattants est également propriétaire des cimetières militaires érigés à l’étranger. 

Le ministère met en place une importante programmation de restauration des nécropoles nationales dont beaucoup nécessitent des travaux d'envergure. La DMCA œuvre avec l’ONaCVG pour que le plus grand nombre d’entre-elles puissent être restaurées et contribuer ainsi au développement du tourisme de mémoire et à l'attractivité des territoires.

Cimetière de Vauxbuin, dans les années 1930, devenu depuis nécropole nationale © DR

Cimetière de Vauxbuin, dans les années 1930, devenu depuis nécropole nationale

Cimetière de Vauxbuin, dans les années 1930, devenu depuis nécropole nationale

Cimetière de Vauxbuin, dans les années 1930, devenu depuis nécropole nationale

Contenus associés