Jules Brunet, le véritable « Dernier Samouraï »
Envoyé au Japon en 1867 dans le cadre d’une mission française, cet officier va s’intégrer dans le milieu des samouraïs et participer auprès du Shogun à la guerre contre l’empereur.
Par Hugues Boulet
Plus connu du grand public sous le nom de « Dernier Samouraï », le nom de Jules Brunet est associé à une aventure hors du commun : la toute première mission militaire occidentale, française, organisée au Japon en 1867 par Napoléon III à la demande du Shogun* qui souhaite moderniser son armée. Dirigés par le capitaine Chanoine, 18 officiers et sous-officiers arrivent ainsi au Pays du Soleil Levant en janvier 1867. Parmi eux, l’officier et artilleur Jules Brunet qui, très vite, développe une véritable admiration pour la culture japonaise.
Fidélité au Shogun
En janvier 1868, un conflit éclate entre les troupes du Shogun et celles de l’empereur. La guerre tourne rapidement à l’avantage des forces impériales et le Shogun est contraint de capituler. La France rappelle alors son ambassadeur et ordonne le rapatriement de la mission militaire en novembre 1868. Jules Brunet aurait dû quitter le Japon avec ses camarades, mais il refuse.
« Il ne veut pas quitter le Shogun et les samouraïs, qu'il considère comme ses frères d'armes et qu'il a instruit. Il présente sa démission au ministre de la Guerre, qui la refuse et le place en congé sans solde. »
- Archiviste au Service historique de la Défense
À partir de février 1869, Brunet reste au Japon comme simple civil avec 9 de ses camarades qui ont pris la même décision. Ils rejoignent les troupes du Shogun, désormais retranchées sur l’île d’Hokkaidō. Là, ils organisent la défense de l’île. Mais en mai 1869, les forces de l’empereur attaquent par la mer et par la terre. Les troupes du Shogun sont battues.
Découvrez la vidéo sur le « Dernier Samouraï »
vidéo sur Jules Brunet
Après la défaite, Brunet demande à être rapatrié en France avec ses hommes. Ils arrivent à Toulon en 1869. L’empereur du Japon aurait souhaité que Brunet soit renvoyé pour y être jugé, mais l’armée française refuse et se contente de lui adresser un blâme, le mettant à pied pour une durée indéterminée. Cependant, avec la guerre de 1870 contre la Prusse, Brunet est rappelé.
Blâme puis général
Il est fait prisonnier par les Prussiens avant de revenir en France pour participer à la répression de la Commune de Paris. Par la suite, il devient attaché militaire en Autriche puis en Italie. Il est ensuite nommé chef de cabinet de Jules Chanoine, ancien chef de la mission japonaise, devenu ministre de la Guerre. Brunet finira général.
L’Armée française ne lui aura donc pas tenu rigueur de son engagement Extrême-Orient. Le Japon non plus puisqu’au début des années 1880, il réhabilite les samouraïs et les Français ayant combattu aux côtés du Shogun. Jules Brunet est ainsi élevé au grade de commandant de l’Ordre militaire du Soleil Levant en 1881, puis à celui de grand officier du Trésor du Mikado en 1895. Son histoire, mêlant honneur, aventure et engagement, a inspiré de nombreux récits et films, dont « Le Dernier Samouraï » (2003) avec Tom Cruise, qui s’inspire largement du destin exceptionnel de Jules Brunet.
* Chef militaire et civil du Japon, à partir de 1192 jusqu’en 1868, le commandement du pays restant à la charge de l’empereur.
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