« Il faut savoir ce qui résonne en soi dans chacun des trois termes d’ingénieur militaire d’infrastructure »
ENTRETIEN - À J-4 de la clôture de dépôt des dossiers, dans le cadre de la campagne de recrutement des IMI, nous avons donné la parole à Pascal*, membre du jury. Objectif : vous permettre de mieux comprendre ce qui est réellement évalué, les erreurs les plus fréquentes et les points qui font la différence.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours au sein du corps des IMI ?
J’ai fait ma scolarité à l’INSA Lyon dans la spécialité Génie énergétique et environnement. À l’issue de celle-ci, ayant le souhait de mettre du sens dans le métier que j’allais exercer, j’ai postulé à un poste d’ingénieur en génie climatique dans un centre d’expertise du Service d’infrastructure de la défense à Versailles, comme officier. J’ai eu l’opportunité de travailler sur des projets sensibles du ministère, d’apporter mon expertise sur une grande diversité de projets et de découvrir ainsi l’ensemble du Service.
Je me suis d’abord engagé comme officier sous contrat, puis je suis devenu officier de carrière très rapidement, la carrière proposée (diversité des métiers, sens du métier, opportunités) répondant pleinement à mes aspirations. Après ce temps dans l’expertise, j’ai exercé dans le domaine de la maintenance dans l’Est de la France, avec une exigence de réactivité et une large place laissée à la créativité pour garantir le bon fonctionnement des installations et des bâtiments. Après la réussite au concours de l’École de Guerre, je suis revenu dans l’expertise sur des sujets d’électromagnétisme et de cybersécurité. Aujourd’hui, je suis en ressources humaines, où je pilote la gestion du corps des IMI pour garantir la disponibilité des compétences techniques là où le service en a besoin et quand il en a besoin. Je contribue également à l’accompagnement de la carrière des ingénieurs militaires.
Bref, une carrière riche, faite d’opportunités créées et saisies, avec une grande diversité de métiers, soutenue par la compétence des agents civils et militaires avec lesquels j’ai collaboré.
Quelle a été la mission qui vous a le plus marqué dans votre carrière ?
Deux missions ont été structurantes dans ma carrière : la participation au projet BALARD, après seulement quelques années d’expérience, avec de réelles responsabilités techniques à exercer ; ainsi qu’une mission opérationnelle en Afrique de l’Ouest pour assurer la construction et le maintien en condition des infrastructures des forces françaises présentes sur place.
Qu’attendez-vous d’un candidat le jour des épreuves ?
Nous avons les mêmes attentes que pour tout concours ou entretien d’embauche. Nous attendons un candidat affirmé, qui se connaît, qui sait pourquoi il est devant le jury et qui a bien compris et mesuré les enjeux de la dualité de l’engagement comme ingénieur d’une part et officier d’autre part.
Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon et un excellent candidat ?
L’excellent candidat est celui qui a bien préparé son entretien (se connaître, connaître l’environnement dans lequel il va être amené à exercer, l’enjeu de la militarité…), qui n’arrive pas par hasard et qui sait interagir de manière pertinente avec le jury. Il doit être en mesure d’apporter, non pas une réponse toute faite, mais une vraie réflexion personnelle sur les raisons qui le poussent à s’engager.
Quels sont les points rédhibitoires que vous observez parfois ?
Nous recherchons un ingénieur militaire d’infrastructure. Il doit avoir bien réfléchi aux sujétions de l’état militaire.
Au-delà des compétences techniques, quelles qualités humaines recherchez-vous ?
Toute la diversité des qualités humaines est recherchée. La force du corps des IMI est sa grande diversité d’origines : chacun, avec les compétences techniques qui lui sont propres et le savoir être qui le caractérise, dès lors qu’il est compatible avec les exigences inhérentes à l’état militaire, d’ingénieur et d’officier.
L’une des principales qualités est sans doute la curiosité intellectuelle et la capacité à être en relation avec les autres. Tout seul, on va plus vite… ensemble, on va plus loin. On veut aller loin !
Que conseillez-vous à un candidat pour bien préparer son entretien ?
Se rendre sur MyJobglasses pour échanger avec plusieurs ingénieurs militaires, mais aussi avec des ingénieurs civils du SID. Il doit se renseigner sur le SID, se rendre sur les réseaux sociaux, suivre l’actualité du SID et du ministère, chercher à comprendre l’environnement dans lequel évolue le SID et comprendre pourquoi on a besoin d’ingénieurs sous statut militaire.
Faut-il adopter une posture très formelle ou plus naturelle ?
Le but du jury est de déceler les talents de chacun des candidats et de voir comment ils sauront s’exprimer et s’épanouir tout au long d’une carrière militaire. Quarante-cinq minutes, c’est très court. Donc pas de faux-semblant : être soi, être vrai, toujours… Il faut se sentir à l’aise, mais avec une posture cohérente avec la compréhension des raisons pour lesquelles le candidat se présente devant le jury.
Un conseil que vous souhaiteriez recevoir si vous étiez candidat ?
Pas de stress : le jury cherche à bien connaître le candidat pour être sûr de s’engager sur le temps long avec lui. Soyez curieux, soyez ouvert, soyez honnête. Mais la première des choses, c’est de bien savoir pourquoi on est présent devant le jury et de savoir ce qui résonne en soi dans chacun des trois termes d’ingénieur militaire d’infrastructure.
*Le prénom a été modifié.
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