La campagne d’Italie du corps expéditionnaire français (1943-1944)
Le 10 juillet 1943, l’opération « Husky » est lancée : les troupes alliées débarquent en Sicile, c’est le début de la campagne d’Italie. Après la prise de l’île le 17 août, les alliés débarquent en Italie du Sud, près de Naples. Le corps expéditionnaire français, commandé par le général Juin, rejoint le front quelques semaines plus tard. Composé majoritairement de troupes coloniales, il s’illustre dans les batailles féroces du Garigliano et du Belvédère.
Épisode charnière de la Seconde Guerre mondiale, la campagne d’Italie marque l’ouverture d’un second front en Europe contre l’Allemagne nazie, réclamé depuis un certain temps par Staline à ses alliés occidentaux. Le 10 juillet 1943, la 8e Armée britannique du général Montgomery et la 7e Armée américaine du général Patton débarquent sur les plages siciliennes, non loin de la ville de Gela. C’est la première et plus grande opération amphibie de la Seconde Guerre mondiale, avant les débarquements de Normandie et de Provence, les 6 juin et 15 août 1944.
Surnommé le « ventre-mou de l’Europe » par Churchill, la campagne d’Italie se révèle pourtant beaucoup plus difficile que prévue, face à la robustesse des défenses allemandes. En renfort, le corps expéditionnaire français (CEF) est incorporé dans la 5e Armée américaine du général Clark. Créé le 24 août 1943 par le général de Gaulle et le général Giraud, il est principalement composé des troupes de l’Empire colonial français. Algériens, Tunisiens, Marocains mais aussi Malgaches, soldats originaires d’Afrique occidentale et équatoriale… tous débarquent dans la baie de Naples le 21 novembre 1943. Fort de 30 000 hommes en janvier 1944, le CEF s’installe à Venafro, non loin de la « ligne Gustave ». Cette chaîne de montagnes de 150 kilomètres forme une véritable barrière naturelle. Elle est la principale ligne de défense allemande et le dernier rempart avant Rome.
La campagne d'Italie du corps expéditionnaire français (1943-1944)
La bataille du Garigliano, percée héroïque du CEF
Sous le feu puissant de la Wehrmacht, crête après crête, les troupes héroïques du corps expéditionnaire français parviennent à percer les lignes allemandes. Les combats sont sanglants et se terminent souvent au corps-à-corps. Considérées comme les faits d’armes les plus remarquables conduits par le CEF au cours de la campagne d’Italie, les opérations militaires du Belvédère (au cours de laquelle s’illustre particulièrement le 4e régiment de tirailleurs tunisiens) et du Garigliano contribuent à restaurer la crédibilité de l’armée française auprès des Américains.
La bataille du Garigliano revêt une importance particulière. L’offensive française menée par les troupes du général Juin dans la nuit du 11 au 12 mai permet de faire tomber le dernier verrou qu’est le Mont Cassin, colline surplombée par un imposant monastère du VIe siècle. Les Alliés peuvent dès lors reprendre leur progression vers Rome, interrompue depuis janvier 1944. « Les soldats du corps expéditionnaire français ont ajouté un nouveau chapitre d’épopée à l’histoire de France », confiera plus tard le général Clark.
Le 6 juin 1944, les troupes du général Juin défilent dans la capitale italienne, le jour même du débarquement allié en Normandie. Le CEF est dissous le 22 juillet 1944. Il est remplacé par « l’armée B » commandée par le général de Lattre de Tassigny, qui prépare le débarquement en Provence.
Aujourd’hui, deux grands lieux de mémoire commémorent la campagne d’Italie. « Le cimetière de Monte Mario à Rome et le cimetière de Venafro rappellent le sacrifice de plus de 6 577 soldats qui ont été tués, et également de 23 000 blessés. Le corps expéditionnaire français en Italie totalise 30 000 pertes, tués et blessés. C’est un chiffre énorme, quand on pense qu’en moyenne, les effectifs du CEF étaient de 76 000 hommes, avec un pic de 110 000 hommes lors de la bataille du Garigliano. Ce sont des pertes absolument considérables. » souligne Guillaume Denglos, docteur en Histoire du Service historique de la Défense.
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