La 4e saison du mentorat inversé numérique est lancée
Porté par l’état-major des armées (EMA/SNA), le secrétariat général pour l’administration (SGA/DTPM) et la direction générale de l’armement (DGA/DIE/S2NA), ce programme d’acculturation au numérique bénéficiera cette année à 34 binômes de mentors et mentorés, issus de l’ensemble des composantes du ministère des Armées et des Anciens combattants.
La saison 2026 de ce mentorat, qui se noue entre un jeune cadre souhaitant partager son goût pour le numérique et un cadre dirigeant en recherche d’acculturation au numérique, a été présentée lors d’une conférence à l’ID Lab (Paris), le 13 avril 2026. Valérie Péneau, déléguée à la transformation et à la performance ministérielles, a rappelé les raisons de ce programme initié en 2021, juste après la pandémie de Covid-19 : « Nous avons eu besoin de réactualiser notre regard sur des ruptures technologiques et sur la façon dont les plus jeunes percevaient leur intégration dans une structure professionnelle. » La directrice, adjointe au secrétaire général pour l'administration (SGA), Christophe Mauriet, s’est réjouie de la prospérité du programme en 2026 : « Son essor a été significatif dès que l'état-major des Armées s'en est emparé, avec une montée en quantité tout en gardant la qualité. »
La DGA rejoint le programme
Bruno Marescaux, directeur du service des systèmes numériques de l'armement, a confirmé la mobilisation générale autour de cette 4e saison : « 34 binômes de mentors et mentorés contre 13 l’année dernière, issus des trois subordonnées du ministère (SGA, état-major des Armées et direction générale de l’armement pour la première fois) y participent. » Et d’ajouter à cette liste le Commissariat au numérique de Défense (CND).
Cette montée en puissance s’accompagne d’une montée en compétences avec cinq thématiques identifiées cette année :
• intelligence artificielle (IA) et « big data » ;
• cybersécurité et nouvelles menaces ;
• le nouveau paradigme du Web 3.0 ;
• le futur du travail ;
• « fake news » et manipulation de l’information.
« Les séances de mentorat seront appuyées par des cas pratiques permettant d’ancrer les connaissances, avec l’apport d’outils numériques pour renforcer l'efficacité professionnelle », a rappelé l'ingénieur général de 2e classe de l'armement. Il a également mis en avant la diversité géographique des participants (« Istres, Toulouse, Lille, Cherbourg, Toulon, Brest et même Abou Dhabi ! ») et une représentation féminine accrue.
officier de marine
Stratégie générale d’acculturation numérique
Le contre-amiral Vincent Sébastien, chef de la division stratégie numérique des armées de l'EMA, a enfin souligné que le programme de mentorat inversé s'inscrit dans une stratégie beaucoup plus générale du ministère : « Grâce aux actions des trois grands subordonnés mais également du CND nouvellement créé, nous avons désormais validé un objectif commun d'acculturation numérique obligatoire pour tous les membres du ministère. La transformation numérique doit se passer dans les métiers, mais aussi au niveau du commandement. Elle est en effet devenue un levier majeur pour la supériorité en opération grâce notamment à l’apport de l'IA. Voilà pourquoi il est essentiel d'embarquer nos chefs dans ce mentorat numérique inversé, qui crée un lien personnel et intergénérationnel. Je vous engage donc tous à y participer. »
Le principe d’une saison 5 du mentorat est d’ores et déjà acquis et un pôle pour préparer les futurs mentors vient d’être créé.
officier de marine
L’IA frugale, un sujet de souveraineté
femme devant un kakémono
La conférence s’est achevée sur une intervention d’Ana Semedo, marraine de cette 4ème saison, spécialiste de la stratégie IA. En lien avec les préoccupations du ministère des Armées, elle a rappelé les enjeux autour du concept d’IA frugale, qui vise à minimiser les besoins en ressources matérielles et énergétiques des systèmes d'IA, tout en garantissant leur performance : « L'IA frugale, ce n’est pas seulement optimiser et diminuer son empreinte environnementale. Penser la matérialité de l'IA devient incontournable, d'autant plus que la chaîne logistique du numérique est très contrainte. Au niveau des puces, nous sommes par exemple très dépendants de Taïwan. L'IA n'est donc pas seulement un sujet d'innovation, elle devient un sujet de vulnérabilité systémique. Et la sobriété de l’IA n'est pas uniquement un sujet écologique, elle est aussi un sujet de souveraineté et de résilience. » Son intervention, très appréciée, a été qualifiée d’« inspirante » par certains mentorés, par les questionnements et réflexions suscités dans le contexte géopolitique actuel.
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