Santé : Agir pour un changement durable des mentalités face au handicap
Qu’il soit blessé en opération ou atteint d’une maladie invalidante, un militaire peut compter sur un interlocuteur unique : le Service de santé des armées. Consultations obligatoires, orientation médicale, démarches administratives, réinsertion… Le médecin en chef Florence a dévoilé un dispositif pensé pour accompagner chaque soldat jusqu’au bout.
Quand le handicap frappe un soldat, quel suivi est fourni par le Service de santé des armées pour l’aider dans la deuxième partie de sa vie ? Le médecin en chef (MC) Florence a participé, vendredi 5 décembre, à une conférence dédiée au handicap, organisée par la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon.
Sur place, elle y a porté la voix du Service en mettant en lumière le robuste dispositif pensé pour accompagner le militaire malade ou blessé, depuis la blessure jusqu’à la réinsertion. « Le handicap est mon quotidien : je supervise le parcours de soin de tous les militaires blessés ou malades, au 8e centre médical des armées », confie-t-elle. À ce poste depuis quatre ans, le MC Florence suit plus de 300 militaires. Un accompagnement qui se découpe en deux phases : le temps du soin puis celui de la réinsertion.
Le temps du soin
« Je constate souvent que, dans les premiers temps, blessés ou malades peinent à entrer pleinement dans la phase de soin », confirme le MC Florence. Ce enfermement psychologique risque de retarder, chez certains, la décision d’entamer un parcours de soin.
Face au rejet, une seule arme : la discussion. « Nous profitons des entretiens ou des consultations pour lui expliquer, avec les mots justes, la nécessité de commencer un parcours, insiste la soignante militaire. Le but est de faire adhérer le malade au soin ». Une fois la confiance obtenue, le marathon médico-administratif commence. À chaque étape, un médecin des forces rattaché à l’antenne médicale la plus proche du militaire le suit de près. Ce suivi attentif commence dès l’attribution des 180 jours d’arrêt maladie consécutifs à la blessure ou à la maladie.
« Nous profitons des entretiens ou des consultations pour expliquer, avec les mots justes, la nécessité de commencer un parcours. Le but est de faire adhérer le malade au soin. »
Pendant cette période, deux visites obligatoires sont réalisées par des soignants militaires : la première à 90 jours, la seconde à 120 jours. « Ces échanges permettent d’établir un état des lieux de la santé du militaire », souligne l’intervenante. Une étape clé qui conditionne la poursuite du suivi, au regard des solutions disponibles. Le soldat peut être soit placé en congé du blessé, « si la blessure ou la maladie survient en opération de guerre ou au cours d’une opération extérieure », affine le médecin en chef ; soit un congé de longue maladie (CLM) ou un congé de longue durée pour maladie (CLDM). « Le médecin militaire oriente le malade / blessé en fonction de l’avis d’un spécialisé, sur la prise en charge à assurer », résume-t-elle.
Dans cette convalescence, l’éloignement du cercle familial peut être un poids. « Il arrive parfois que le militaire, une fois en congé, déménage pour se rapprocher de sa famille ». Un déménagement qui ne rompt pas la continuité du suivi. « Dans ce cas-là, son dossier est transféré dans une antenne médicale de proximité, pour faciliter la prise en charge au plus proche de sa zone géographique », rassure le MC Florence.
Être reconnu et se réinsérer
Après la période du soin, celle de la reconstruction et de la réinsertion. Le sport reste un outil privilégié de reconstruction psychologique. Le Service de santé des armées propose plusieurs stages de reconstruction par le sport, encadrés notamment par des kinésithérapeutes et psychologues militaires.
Garant du soin, le Service de santé des armées œuvre aussi pour l’inclusion de personnels, civils comme militaires, en situation de handicap. « Nous travaillons main dans la main avec les bureaux des ressources humaines des régiments ou des bases auxquels appartiennent ces personnels », précise-t-elle. Avec le soutien des auxiliaires sanitaires ou des secrétaires médicaux, le militaire en situation de handicap est accompagné pour connaître ses droits et réaliser les démarches administratives. Et les passerelles sont nombreuses. « Le militaire en situation de handicap perd son aptitude mais peut demander à conserver son poste et le réintégrer en tant que civil de la Défense ou requérir un changement de spécialité », énumère-t-elle.
Un dispositif général salué par les instances civiles présentes lors de la conférence. « Les échanges qui ont suivi la conférence ont montré un intérêt prononcé pour le dispositif conçu conjointement par le ministère des Armées et des Anciens Combattants et le Service de santé des armées », se réjouit le médecin en chef. Tout repose sur un mot d’ordre : offrir un interlocuteur unique, accessible en permanence et pour toutes les démarches
Handicap : le SSA renforce l’intégration durable
Le Service de santé des armées se mobilise en tant qu’acteur de santé, mais également en tant qu’employeur. Fidèle à sa vocation de soutien à la communauté de défense, SSA réaffirme son engagement pour l’intégration professionnelle des personnes en situation de handicap.
Cette démarche, dans le prolongement de la culture de soin, d’accompagnement et de respect de la personne, s’articule autour de trois axes stratégiques :
- Le recrutement et l’intégration : faciliter l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, qu’elles soient civiles comme militaires, en garantissant l’équité des processus de sélection.
- Le maintien en emploi et le développement des compétences : aménagement de poste, accompagnement individualisé… Mettre en œuvre les mesures nécessaires afin de sécuriser les parcours professionnels des agents concernés.
- La sensibilisation et la formation de l’encadrement et des collectifs de travail : développer une culture partagée du handicap, en luttant contre les stéréotypes.
Le Service de santé des armées s’engage à accentuer son action afin de dépasser les objectifs de recrutement, garantir un accompagnement personnalisé pour chaque agent, promouvoir la valorisation des compétences et des parcours professionnels des agents en situation de handicap et d’assurer une communication active sur les engagements et réalisations du Service, afin de faire évoluer durablement les mentalités sur la question du handicap.
A la une
🎥 Dermatose nodulaire : Lucile, vétérinaire militaire mobilisée auprès des exploitants agricoles
Aux côtés des vétérinaires civils, le vétérinaire militaire Lucile a pris part à la campagne de vaccination contre ...
16 janvier 2026
[Vidéo] La rétro 2025 : une année de montée en puissance du Service de santé des armées
Nouvelle édition de l’exercice opérationnel Santé (EXOSAN), modernisation du ravitaillement médical, réorganisation...
12 janvier 2026
Hôpital militaire Sainte-Anne : la transfusion à l’ère du numérique
L’hôpital national d’instruction des armées Sainte-Anne, à Toulon, déploie un dispositif numérique inédit pour le s...
19 décembre 2025