A la rencontre d’une femme de sciences
Célébrée chaque 11 février, la Journée internationale des femmes et des filles de science met en lumière les contributions des chercheuses et rappelle l'enjeu de la féminisation des carrières scientifiques. À cette occasion, le Service de santé des armées met à l’honneur les parcours de ses praticiennes militaires, notamment à l’Institut de recherche biomédicale des armées. Parmi elles, la vétérinaire en chef Nina, à la tête de l’unité « Recherche en réanimation toxicologique ». Témoignage.
Qu’est-ce qui vous attire dans les sciences ? Depuis combien de temps la science vous passionne-t-elle ?
Vétérinaire en chef (VEC) Nina - J’aime me confronter à un problème, chercher à le résoudre en formulant des hypothèses et expérimenter jusqu’à aboutir à une solution. Et j’aime pouvoir le faire en équipe et profiter de l’expérience et du savoir-faire de toutes et tous. Poser des questions, réfléchir, explorer, observer, analyser, se tromper et réessayer est le propre de la recherche et c’est ce qui me plaît.
A l’école, j’avais un profil scientifique, attirée par les mathématiques et la biologie. Mon environnement familial était plutôt propice avec un père chercheur et une sœur ingénieure. Ma mère m’a toujours encouragée et poussée à choisir un métier qui me plairait.
Mes études m’ont permis de découvrir les différentes facettes du métier de vétérinaire et j’ai vite réalisé que je ne voulais pas travailler toute ma vie en clinique vétérinaire. Mon stage de fin d‘études et mon expérience au Gabon, tous les deux dans des centres de recherche, m’ont confortée dans cette voie et, après ma thèse universitaire dans le domaine des maladies à prions (comme la maladie de la vache folle et la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob), j’ai démarré une carrière de chercheuse au sein de l’Institut de recherche biomédicale des armées.
Quel est votre domaine d’expertise ? Sur quels thèmes et questions de recherche travaillez-vous ?
VEC Nina - Je travaille dans le domaine du risque NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) et plus précisément dans celui du risque chimique. Mon domaine d’expertise est celui des contre-mesures médicales contre les intoxications par les toxiques de guerre. Au sein du département « Toxicologie et risques chimiques », nous développons et évaluons des dispositifs de décontamination cutanée et des médicaments destinés à traiter les conséquences des intoxications par les toxiques de guerre.
Quelles sont les activités concrètes au profit des forces armées ?
VEC Nina - Si un traitement médical potentiel se révèle apporter un réel bénéfice par rapport aux traitements existants, celui-ci fera l’objet de plusieurs études visant à vérifier sa sécurité et son efficacité. Nous avons récemment développé et évalué des traitements destinés à contrer les conséquences des intoxications par les toxiques de guerre. Ces traitements sont engagés dans un processus de validation, dans le but de mettre à disposition des soignants du Service de santé des armées un médicament dont la sécurité et l’efficacité ont été contrôlées pour permettre son utilisation en toute sécurité.
Quel message souhaitez-vous passer aux jeunes filles d’aujourd’hui qui hésitent à se lancer dans un cursus scientifique ?
VEC Nina - Je leur conseille de se lancer, de croire en elles et de faire valoir leurs capacités et compétences. La profession s’est féminisée, notamment sur les postes à responsabilités.
Son parcours scolaire et professionnel
- 2000-2005 : études à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
- Janvier à avril 2005 : stage à l’institut de recherche pour animaux sauvages et de zoo (IZW) de Berlin
- 2005-2006 : Master 2 recherche en Sciences et Technologie du Vivant, spécialité Reproduction et Développement, Universités Paris V, VII, XI et INA-PG.
- 2005-2007 : Vétérinaire remplaçante dans différentes cliniques vétérinaires canines.
- 2007-2009 : Vétérinaire sous statut volontaire international au centre de primatologie du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (Gabon)
- 2010-2014 : Thèse de doctorat réalisée au CEA « Découverte d’une nouvelle maladie neurologique au cours de l’étude du risque transfusionnel de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob dans un modèle expérimental », Financement CIFRE Macopharma, Université Paris Diderot – Paris 7
- Depuis 2014 : Chercheuse en tant qu’officier commissionné dans le domaine des contre-mesures médicales contre les intoxications par les armes chimiques au sein de l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées, à Brétigny-sur-Orge
- 2022-2025 : Chercheuse dans un laboratoire de l’armée américaine, dans le cadre de l’Engineer and Scientist Exchange Program, sur les contre-mesures médicales contre les intoxications par les armes chimiques
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