Politique de prévention : « chaque accident évité, c’est une vie préservée »

Direction : Santé / Publié le : 19 décembre 2025

Dans les hôpitaux, les laboratoires ou en opérations extérieures, les personnels du Service de santé des armées sont potentiellement exposés à des risques d’incendie, à des produits chimiques ou encore aux troubles musculosquelettiques. Pour repérer les facteurs de risques propres à chaque activité dans des environnements complexes, tour d’horizon des actions et des moyens de prévention mis en place. 

Rédaction : Emmanuelle Ndoudi

Politique de prévention : « chaque accident évité, c’est une vie préservée »

« Chaque accident évité, c’est une personne protégée, une vie préservée, une famille épargnée », annonce l’ingénieur civil de la défense (ICD) Deede, cheffe de bureau « maîtrise des risques et environnement » du Service de santé des armées. 

Pour protéger la santé et le bien-être du personnel, la coordinatrice centrale à la prévention a réuni l’ensemble des acteurs de la prévention du Service de santé des armées, les 4 et 5 décembre 2025, pour échanger autour d’une mission commune : protéger pour mieux agir. 

Protéger, prévenir et améliorer

L’ICD Deede occupe une mission qui se résume en trois mots clés : « Piloter, coordonner et impulser la politique de prévention des risques professionnels, sur l’ensemble du Service », affirme-t-elle. Un rôle qu’elle assume depuis un an, avec le même objectif en tête : « protéger les personnels, prévenir les accidents et maladies professionnelles, améliorer la qualité de vie au travail, garantir la conformité réglementaire, et contribuer à la performance globale du service », développe l’ingénieure civile.

Avec son équipe, l’ICD Deede soutient les organismes rattachés pour les accompagner au quotidien dans l’application de cette politique. « Cela implique notamment l’harmonisation des pratiques, la diffusion d’outils et méthodes communs, le soutien aux équipes terrain, énumère-t-elle, pour que chacun puisse agir avec un cadre clair et partagé ». Et de préciser : « Notre rôle est d’apporter de la lisibilité, du sens et des solutions adaptées au contexte de travail. ».

Au quotidien, le bureau « maîtrise des risques et environnement » donne l’impulsion et soutient les acteurs de terrain dans le déploiement des campagnes de sensibilisation, des formations continues et des exercices, notamment incendie, pour alerter durablement près de 15 000 personnels du Service de santé des armées sur les risques liés à leur activité.

Une mission profondément humaine

La prévention s’inscrit avant tout dans une dimension humaine : derrière chaque règle, chaque analyse, chaque mesure de sécurité, il y a des femmes et des hommes. « Chaque accident évité, c’est une personne protégée, une vie préservée, une famille épargnée », met en avant l’ICD Deede. 

Cette mission de prévention repose sur trois leviers fondamentaux : l’écoute, la confiance et l’accompagnement des agents dans leurs missions quotidiennes. « Le dialogue et la prise en compte du vécu terrain sont des leviers essentiels pour construire une prévention qui fait sens et qui s’applique réellement », détaille la coordinatrice. À la clé, une meilleure santé morale des personnels. 

« La prévention contribue à la mise en place d’un environnement de travail sécurisé. Elle participe ainsi à la motivation, réduit l’absentéisme, fluidifie l’organisation et renforce la continuité opérationnelle. »

Un réseau structuré, dense et pluridisciplinaire

« Le premier acteur de la prévention reste l’agent lui-même », avertit la coordinatrice. « Observer, signaler, appliquer les consignes, adopter les bons comportements, veiller à soi comme à ses collègues : la prévention n’est pas quelque chose qui se fait « pour » l’agent mais bien « avec » lui. », ajoute-t-elle. Et le commandement n’est pas en reste. « Par l’exemplarité, la prise en compte du risque dans la décision, l’attention portée aux équipes, le commandement installe un climat propice à la prévention et d’encourager des comportements sûrs », insiste-t-elle. 

L’agent du Service de santé des armées bénéficie cependant d’un maillage resserré d’acteurs. Entre les chargés de prévention des risques professionnels, les chargés d’environnement, les médecins de prévention, les psychologues ou encore les assistantes sociales… le Service de santé des armées s’appuie sur un réseau structuré, dense et pluridisciplinaire « réunissant plusieurs centaines d’acteurs aux expertises complémentaires », précise l’ICD Deede. 

Présents dans les hôpitaux militaires, les centres médicaux des armées, les directions ou encore les écoles de formation : « leur action quotidienne garantit un environnement de travail serein et sur, conformes aux exigences réglementaires », observe-t-elle. L’organisation de ce réseau repose sur un modèle à deux niveaux : un pallier central et pallier local. « Cette architecture volontairement simplifiée permet de rester au plus près du terrain, d’éviter l’ajout d’une strate intermédiaire et de maintenir une chaîne fonctionnelle lisible, réactive et efficace », explique la coordinatrice.

Une prévention adaptée à la diversité des expositions professionnelles

Les acteurs de la prévention opèrent dans un champ de risques particulièrement vaste, illustrant la diversité des métiers et des environnements au sein du Service de santé des armées. « Parmi les principaux risques pris en charge, on peut citer les risques psychosociaux, les risques incendie, les risques chimiques et biologiques, les troubles musculosquelettiques (des pathologies affectant les articulations, les muscles et les tendons, attribuables au travail répétitif), le bruit et les nuisances sonores ou encore le transport de matières dangereuses », inventorie l’ICD Deede. 

À ces risques courants, s’ajoutent aussi les risques liés au contexte militaire. Les laboratoires à haute sécurité, les environnements hospitaliers spécialisés ou la logistique et la chaîne santé sont les cibles privilégiées de ce type de dangers. 

« La prévention ne peut être uniforme : elle doit s’ajuster au contexte, à l’activité et au niveau d’exposition, afin de maintenir un haut niveau de protection, sans freiner l’opérationnalité. »

📽️ 1 minute pour comprendre la Médecine de prévention

Dans ce format court, le médecin en chef Laurent, chef du bureau « médecine de prévention », décrypte les enjeux d’une mission essentielle : préserver le capital santé de 300 000 militaires des forces armées et de la Gendarmerie nationale, ainsi que de 62 000 personnels civils de la défense

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