ORION 26 : « nos soignants militaires perfectionnent leur maîtrise du « Prolonged Field Care »» 

Direction : Santé / Publié le : 23 février 2026

Après le volet « amphibie » de l’exercice ORION 26, l’opération aéroportée majeure débutera du 23 février au 2 mars 2026 sur le camp de Coëtquidan. L’occasion pour le Service de santé des armées de déployer, pour la première fois, une antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) complète. Décryptage.

Propos recueillis par : Emmanuelle Ndoudi

A Coëtquidan, les soignants militaires prendront part à une opération aéroportée majeure - © BCISSA

Sur le camp de Coëtquidan, l’heure est à la montée en puissance. L’exercice interarmées et interalliés ORION 26 se poursuit du 23 février au 2 mars 2026, avec pour objectif la prise du camp de Coëtquidan. Des soignants militaires prendront part à l’opération aéroportée majeure pour s’entraîner à soutenir une manœuvre d’entrée en premier sur un théâtre de guerre. Sous la coordination du médecin général Eric RABATEL, des scénarios d’incidents « santé » ont été élaborés par la cellule d’appui au sauvetage au combat du 11e centre médical des armées, des membres de la direction des hôpitaux des armées avec le concours de l’Académie de santé des armées.

L’exercice ORION 26 se poursuit avec le volet « aéroporté », une grande phase d’activité terrestre sur le camp de Coëtquidan. Quels seront les temps forts de cette grande étape ?

Médecin général (MG) Éric RABATEL : Cette semaine est marquée par trois temps forts. 

Premièrement, une manœuvre importante (le saut de masse) implique près de 2 000 parachutistes, dont un effectif de parachutistes britanniques, mais aussi des équipes « santé », notamment celle de la 7e antenne chirurgicale parachutiste. L’action de combat, qui suit l’arrivée des troupes au sol, sera l’occasion de simuler des incidents « santé ». Ceci mettra en jeu l’ensemble de la chaîne santé : de la récupération du blessé, jusqu’à sa prise en charge par des rôle 1 et/ou rôle 2. 

Dans un deuxième temps, une antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) complète est, pour la première fois, larguée puis montée par le personnel déjà au sol. Enfin, la phase de combat mettre en scène un afflux massif de blessés (Massive casualties ou MASCAL). Les soignants militaires devront alors prendre en charge près de 90 blessés fictifs, avec des plastrons fournis par les écoles militaires de Saint-Cyr. Cet exercice constituera un défi tactique, logistique et médical d’ampleur.

 

Une cinquantaine de personnes du Service de santé des armées prennent déjà part à cette étape. Quel bénéfice devront-ils en retirer ?

MG Éric RABATEL : Nos soignants militaires savent gérer un ou plusieurs blessés graves au combat, une compétence incontestable. Cependant, les conflits modernes exigent désormais qu’ils soient capables de maintenir ces soins sur des durées plus longues. Selon les sources ouvertes, les évacuations de blessés sur le théâtre ukrainien pourraient prendre 11 heures. Il est donc essentiel que nos soignants militaires perfectionnent leur maîtrise du « Prolonged Field Care » (soins prolongés sur le terrain), que ce soit pour le Rôle 1 ou le Rôle 2. 

Avec ORION 26, nous souhaitons faire prendre conscience aux équipes du Service de santé des armées du nécessaire continuum entre médecine d’urgence et médecine de catastrophe : savoir agir et réagir alors que le nombre de blessés ou de malades est si élevé qu’il entraîne un effet saturant sur les capacités de soins et de traitements immédiats des structures médicales disponibles.

En une phrase, quel est le mot d’ordre pour cette édition d’ORION 26 ? 

MG Éric RABATEL : Être prêt et réactif pour répondre aux enjeux des engagements futurs des armées. 

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