Interview : Nicolas, pharmacien au sein de l’hôpital militaire Legouest

Direction : Santé / Publié le : 26 juin 2024

Après avoir exercé pendant 10 ans en tant que gérant d’établissement pédiatrique (mention polyhandicap de la Croix Rouge française), le pharmacien en chef Nicolas a décidé de s’engager au service de la Nation, comme pharmacien sous contrat au Service de santé des armées. Il occupe aujourd’hui le poste de responsable de la pharmacie à usage intérieur (PUI) de l’hôpital régional d’instruction des armées (HRIA) Legouest à Metz (57). Interview.

Source : DAGRH/Com

Le pharmacien en chef Nicolas, Hôpital militaire Legouest

Pourquoi avez-vous basculé dans l’environnement militaire et choisi de rejoindre le Service de santé des armées ?

Après avoir exercé plus de dix années en pharmacie d’officine puis dans le domaine hospitalier, il me semblait important de poursuivre ma carrière professionnelle en conjuguant la recherche de la qualité de la prise en charge des patients et un respect des valeurs d’engagement au service de la Nation. J’ai consulté mes proches, pharmaciens, médecins, internes et infirmiers, ce sont eux qui m’ont parlé du Service de santé des armées (SSA) qu’ils connaissaient. Et ça semblait correspondre à mes attentes !

Quelles sont vos missions au quotidien ?

Je suis en charge d’assurer l’approvisionnement et la prise en charge médicamenteuse des patients de l’hôpital. Concrètement, je dirige une équipe pluridisciplinaire (pharmaciens, préparateurs et préparatrices en pharmacie hospitalière, magasiniers, secrétaires) constituée de civils et de militaires. Autour de la pharmacie, j’ai pour interlocuteurs les médecins, les infirmiers et infirmières afin de les accompagner au mieux dans la prescription et l’administration des médicaments et des dispositifs médicaux.

En fonction des besoins, je peux mettre à disposition mes connaissances de pharmacien dans le cadre de missions comme lors d’opérations extérieures ou de soutien aux populations civiles (par exemple la crise Covid-19), au sein d’une Unité de dispensation des produits de Santé (UDPS).

« Il me semblait important de poursuivre ma carrière professionnelle en conjuguant la recherche de la qualité de la prise en charge des patients et un respect des valeurs d’engagement au service de la Nation. »

Quel type de patientèle prenez-vous en charge au sein de l’hôpital régional d’instruction des armées (HRIA) Legouest ?

Je suis affecté dans un établissement de santé dont la priorité est la prise en charge des patients militaires, mais pas seulement. Désormais, nous accueillons aussi des patients civils en collaboration avec les établissements hospitaliers de notre bassin de population car nous sommes en capacité de proposer des services médicaux très demandés. Par exemple, nous hébergeons plusieurs services d’urgences dont un en soins dentaires, généralement très recherché, de consultations pour de la médecine de voyages, des soins de suite et de réadaptation pour nos blessés, d’un service de psychiatrie…

Vous êtes responsable de la pharmacie à usage intérieur (PUI) de l’établissement. En quoi consiste plus précisément l’activité de cette pharmacie ?

Nous sommes en charge de fournir les médicaments et dispositifs médicaux stériles pour les patients pris en charge aussi bien aux urgences que dans les services d’hospitalisation. Dans un contexte de rupture de stock de médicaments, ce n’est pas une mince affaire. C’est à nous de gérer au mieux nos stocks, d’anticiper nos besoins et d’être force de proposition auprès des prescripteurs pour conseiller des alternatives quand nous sommes en difficulté. La période de la crise Covid-19 aura été pour nous une grande leçon sur ces questions : la population mondiale est touchée en même temps par une même pathologie. Nous avons donc des besoins en médicaments identiques, partout. Les ruptures d’approvisionnement sont alors inéluctables et c’est à nous de nous creuser les méninges. Un vrai challenge au service des patients !

Par ailleurs, en tant qu’experts du médicament, nous analysons les prescriptions afin de s’assurer que les médicaments sont adaptés à la physiologie et à la pathologie du patient. Nous intervenons quand cela est nécessaire pour suggérer des adaptations. Enfin, nous développons des activités de pharmacie clinique pour être toujours plus proche du traitement des patients, en toute sécurité.

Le pharmacien en chef Nicolas, Hôpital militaire Legouest

Le pharmacien en chef Nicolas, Hôpital militaire Legouest

En tant que pharmacien, êtes-vous susceptible d’exercer en opérations extérieures (OPEX) ?

Bien sûr, les unités de dispensation des produits de Santé (UDPS) sont déployées en OPEX et ceci sous la responsabilité d’un pharmacien. C’est un élément-clé des dispositifs projetés car pour soutenir des services de médecine, de chirurgie, de radiologie (scanner, IRM…), il faut des médicaments et des dispositifs médicaux. A distance, le pharmacien doit s’organiser pour ne pas manquer de stock et d’éviter de perdre trop de matériel et de médicaments périmées par exemple… Je me vois mal répondre à un chirurgien, « pour les lames de bistouri, il faudra attendre 15 jours. J’ai oublié de les commander ».

Pourquoi aimez-vous exercer au Service de santé des armées ?

C’est une vision centrée sur le soutien. Le maximum est fait pour le patient, en priorité pour le militaire car c’est notre mission principale mais aussi pour la population civile. L’implication est réelle. Le fait d’avoir une hiérarchie organisée peut parfois surprendre au départ mais finalement c’est un réel avantage : quand une décision est prise, elle est bénéfique pour tous. Après des années d’expérience professionnelle, je constate que c’est un moyen efficace de lutter contre les pertes de temps inutiles.


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