[In memoriam] Médecin général inspecteur Valérie André, décédée le 21 janvier 2025
Le Directeur central du Service de santé des armées, le MGA Jacques Margery, a la grande tristesse d’apprendre le décès de Valérie André, héroïne des guerres d’Indochine et d’Algérie. Le directeur central s’incline devant cette grande figure du Service et adresse ses condoléances à la famille et à ses proches.
Rédaction : MGI (2S) Wey
Hommage à cette figure inspirante : médecin, parachutiste, pionnière de l’évacuation médicale héliportée, pilote et 1re femme, en France, à accéder au grade de général.
La destinée assigne certaines personnalités à l’exceptionnel. Il en est ainsi de Valérie André. Résultante d’une volonté inflexible ou aboutissement d’un rêve ? Les deux, elle qui a répondu à sa vocation de médecin en poursuivant son rêve d’enfant d’évoluer dans l’espace aérien
Adolescente, elle quitte sa ville natale, Strasbourg, pour fuir l’invasion allemande. Elle rejoint Clermont-Ferrand où est repliée la Faculté de médecine de Strasbourg, mais doit partir à Paris en 1942 pour achever ses études.
Brevetée parachutiste en 1948, elle s’engage au titre du corps militaire de liaison administrative en Extrême-Orient. Elle rejoint l’Indochine en 1949, médecin capitaine, affectée à l’hôpital de My Tho puis de Saïgon. Son brevet parachutiste pousse la hiérarchie à lui proposer d’assurer des missions de soutien spécialisé de postes isolées, accessibles uniquement aux personnels parachutés. Elle accepte.
Assistant à une démonstration des premiers hélicoptères livrés sur le théâtre indochinois, elle comprend les avantages sur le largage qu’ils présentent pour la récupération de blessés graves dans des zones d’accès limité.
Tenace, elle obtient d’être envoyée en formation en France et revient en Indochine titulaire de la licence de pilote d’hélicoptère de l’Aéro-club de France. Elle partage son temps hospitalier avec l’équipe pionnière de l’hélitransport du Capitaine Santini pour y recevoir pendant de longs mois la formation d’adaptation aux vols opérationnels dans les conditions météorologiques du Sud-Est asiatique.
Elle effectue sa première évacuation sanitaire en solo le 16 mars 1952, incarnant l’espoir de survie pour nombre de blessés graves. « Mais c’est une femme », ces mots l’accueilleront souvent dans les rizières ou sur les pitons, les pistes ou les clairières, là où attendent les blessés alors que claquent les obus de mortier et sifflent les balles Viet-minh. A Tai Binh, le 30 mars 1952, son appareil est touché mais elle achève sa mission. Ainsi, jusqu’à son retour en France à Bretigny en 1953, au cours de 129 vols opérationnels, Valérie André aura évacué 165 soldats grièvement atteints.
De 1959 à 1962, en Algérie, elle est affectée à Boufarik puis à Réghaïa. Elle y réalise 350 évacuations sanitaires en Alouette 2 et en Sikorsky. A la fin de la guerre, elle est médecin-chef de la base de Villacoublay, puis conseiller du Commandement du Transport Aérien militaire.
Le 21 avril 1976, elle est la première femme générale de l’Armée française, directrice du Service de santé de la 4ème RA ; en 1981, elle prend rang de Médecin général inspecteur et achève sa carrière comme directrice du Service de santé de la 2ème RA.
En deuxième section des officiers généraux, elle est nommée à la tête de la commission d’étude prospective de la femme militaire.
Pour son courage et son dévouement au service des blessés, Valérie André est la femme la plus décorée au monde, Grand-Croix de l’ordre national du Mérite (1987) et de la Légion d’honneur (1999). Elle sera honorée en 2010 par la remise du brevet n°001, en or, de pilote d’hélicoptère.
1922-2025
« Rien ne saurait être fait, qu'il n'y entre de la passion ». Valérie André.
- Première femme, en France, à accéder au grade de général
- Première femme médecin parachutiste et pilote d'hélicoptère
- Première femme élevée au rang de Grand-Croix de l'ordre national du Mérite
Biographie en 15 dates
- 21 avril 1922 : naissance à Strasbourg ;
- 1947 : diplôme de docteur en Médecine de la Faculté de Paris ;
- 1948 : brevetée parachutiste à Bayonne ;
- 9 janvier 1949 : médecin capitaine au titre du corps militaire de liaison administrative en Extrême Orient (CMLAEO);
- juin 1950 : obtient un séjour en France et obtient sa licence de pilote d’hélicoptère n° 33 de l’aéro-club de France ;
- octobre 1950 : retour en Indochine au sein de l’équipe du capitaine Alexis Santini (ils se marieront en 1963);
- 1952 : intégrée dans l’armée d’active;
- 1953 : quitte l’Indochine et rejoint le base aérienne de Villacoublay comme médecin-chef ;
- de 1959 à 1962 : participe à la guerre d’Algérie à Boufarik puis à Réghaïa. Elle effectue 350 évacuations sanitaires héliportées à bord d’une Alouette 2 et d’un Sikorsky H 34;
- 1965 : promue médecin lieutenant-colonel ;
- 1970 : promue médecin en chef de 1ère classe (colonel);
- 21 avril 1976 : première femme générale de l’armée française (Médecin générale) et directrice du service de santé de la 4ème région aérienne ;
- 1981 : prend rang de médecin générale inspecteur et directrice du service de santé de la 2ème RA ;
- En deuxième section des officiers généraux, Valérie André est nommée à la tête de la commission d’étude prospective de la femme militaire;
- Valérie André est élevée au rang de Grand-Croix de l’ordre national du Mérite (1987) et de la Légion d’honneur (1999).
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