Accueil | Opérations | Barkhane | Brèves | BARKHANE : « voir sans être vu, le défi quotidien des équipages Reaper » Opérations ... Brèves | BARKHANE : « voir sans être vu, le défi quotidien des équipages Reaper »

BARKHANE : « voir sans être vu, le défi quotidien des équipages Reaper »

Mise à jour  : 16/10/2018

Mercredi 3 octobre, sur la Base Aérienne Projetée (BAP) de Niamey (Niger), les opérations du détachement Drone s’enchaînent. Engagés quotidiennement dans les opérations au sein de la Force Barkhane, les quatre drones Reaper basés à Niamey sont devenus incontournables dans la recherche du renseignement grâce à leur discrétion, leur persistance, les qualités de leurs capteurs, mais aussi l’expérience unique de leurs équipages.

Lorsque l’on évoque le drone Reaper, il faut  en effet parler de son équipage. Même si le drone est télépiloté du sol, ce sont quatre personnes qui sont à la manœuvre : un pilote, un coordonnateur tactique, un interprétateur photo et un officier renseignement. Le pilote du drone est à la base un pilote d’aéronef qui en a suivi la formation complète, à l’image du commandant Samuel, qui était, il y a encore quelque temps, pilote de chasse. « Tous les pilotes de drone sont des pilotes brevetés. Nous évoluons dans un espace tridimensionnel avec d’autres aéronefs et nous devons répondre à des règles de sécurité internationale ». 

Pour le lieutenant Mathis, officier renseignement : « nous sommes un équipage et nous travaillons ensemble. Si je pense avoir identifié quelque chose au sol, je demande au coordonnateur tactique une confirmation. Une fois obtenue, on peut alors se dérouter et suivre la personne ou le véhicule suspect ».

Au moment où nous entrons dans la salle, le drone est en mission d’observation. Sur les écrans, un véhicule pick-up a vite été identifié comme suspect. Pour le lieutenant Mathis, la force des équipages repose sur leur expérience unique du théâtre : «Nous sommes présents sur l’opération Barkhane depuis le début puisque le détachement drones a été positionné à Niamey dès le déclenchement de l’opération Serval en janvier 2013.  « Le drone est une véritable plus-value. Là où un avion ne peut observer que quelques heures, le drone Reaper lui, affiche une autonomie supérieure à 24 heures. Ainsi, nous sommes en mesure de suivre un véhicule sur de très longues distances », ajoute le commandant Samuel.

Une nouvelle mission d’observation vient d’être ordonnée. Un drone Reaper se présente sur le taxiway. Son envergure de 20 mètres est imposante. Il roule en direction de la piste de décollage et s’envole vers sa zone d’observation pour une partie de la nuit quelque part dans cette immense zone d’opération.

Chaque jour, le détachement drone de la BAP de Niamey, participe aux opérations de renseignement de la Force Barkhane. En 2019, ces drones devraient être  armés. Ils offriront alors une capacité supplémentaire permettant de frapper un adversaire dans des délais raccourcis entre l’observation et l’intervention, une rapidité d’action indispensable face à un ennemi très fugace.  

 

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace notamment dans le cadre de la force conjointe du G5 Sahel en cours d’opérationnalisation.


Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense