La dissuasion nucléaire française

[Dossier] Le discours du président de la République à l’Ile Longue, le 2 mars dernier, marque le début de la transformation de la posture nucléaire française. Entre modernisation de l’arsenal et mise en œuvre de la « dissuasion avancée » avec les partenaires européens, la France entend réaffirmer sa souveraineté tout en consolidant la sécurité du continent. 

Lors de l’allocution d’Emmanuel Macron à l’Ile-Longue, le 2 mars 2026 - © Marine nationale/Défense

Les articles sont tirés du magazine Esprit défense n° 19 consacré à la dissuasion nucléaire française 

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La dissuasion avancée, pour un XXIe siècle qui restera nucléaire

Face à un ordre mondial fragmenté et au retour brutal du chantage atomique, la France adapte son assurance-vie. Entre héritage gaullien et solidarité continentale, récit de la concrétisation d’une évolution logique de la doctrine française : la « dissuasion avancée », nouvel atout pour la sécurité de la France, comme pour celle du continent européen.

Sur la base aérienne à vocation nucléaire d'Avord, dans le cadre d'un exercice Poker © Emmanuel TSENG-KING/armée de l'Air et de l'Espace/Défense

Sur la base aérienne à vocation nucléaire d'Avord, dans le cadre d'un exercice Poker

L’heure de la clarté stratégique

Entre mise en œuvre de la dissuasion avancée avec les partenaires européens, modernisation de l’arsenal et renforcement des capacités conventionnelles, la France réaffirme sa souveraineté tout en consolidant la sécurité du continent. Entretien avec Catherine Vautrin, qui détaille cette ambition stratégique.

Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, à Brienne © SCH Christian Hamilcaro/Dicod/Défense

Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, à Brienne

De la projection de puissance à la dissuasion : le rôle stratégique des FAS

Depuis 1964, les forces aériennes stratégiques (FAS) mettent en œuvre la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire – celle qui se voit. Concrètement, elles sont capables de répondre à l’ordre ultime du président de la République de délivrer un missile nucléaire, et ce en toute circonstance. Rencontre avec leur commandant, le général de corps aérien Stéphane Virem.

Le général de corps aérien Stéphane Virem, commandant les forces aériennes stratégiques © DR

Le général de corps aérien Stéphane Virem, commandant les forces aériennes stratégiques

FOST : la permanence invisible

Garantir, en permanence, qu’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) patrouille, indétectable, dans l’immensité océanique : telle est la mission de la force océanique stratégique (FOST) depuis 1972. Le vice-amiral d’escadre Xavier Petit revient sur les fondements, les défis et la modernisation de cette composante unique, dont la crédibilité repose autant sur la technologie que sur les femmes et les hommes qui la servent.

Le vice-amiral d’escadre Xavier Petit, commandant les forces océaniques stratégiques © Marine nationale/Défense

Le vice-amiral d’escadre Xavier Petit, commandant les forces océaniques stratégiques

La DGA, pilier technique de la dissuasion nucléaire française

Responsable de la performance technique globale de nos deux composantes, la Direction générale de l’armement (DGA) est essentielle pour notre dissuasion. De la conception des sous-marins à la simulation des tirs, plongée dans les missions d’une institution au cœur de la souveraineté nationale, avec l’ingénieur général de l’armement Guillaume de Garidel-Thoron.

L’ingénieur général de l’armement Guillaume de Garidel-Thoron © Ministère des Armées et des Anciens combattants

L’ingénieur général de l’armement Guillaume de Garidel-Thoron

Le programme Simulation a 30 ans : retour sur un succès français

Lancé il y a 30 ans dans un contexte de fin des essais nucléaires, le programme Simulation du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) s’est imposé comme un pilier de la dissuasion française. Il incarne une réussite scientifique, technologique et stratégique.

Le laser Megajoule © CEA

Le laser Megajoule

Sous l’ombre portée de la dissuasion nucléaire, l’importance de la puissance conventionnelle

Face à la multiplication des crises impliquant des puissances nucléaires et à l’intensification des affrontements jusqu’à la haute intensité, le président de la République a souligné le 2 mars la nécessité de renforcer les capacités conventionnelles européennes de haut du spectre. Objectif : défendre nos intérêts en toutes circonstances et pouvoir, si nécessaire, gérer une escalade sous le seuil nucléaire.

« Nous devons être forts dans nos capacités conventionnelles », Emmanuel Macron, le 2 mars 2026. © Marine nationale

« Nous devons être forts dans nos capacités conventionnelles », Emmanuel Macron, le 2 mars 2026.

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