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Forces de surface

Mise à jour  : 05/12/2016 - Direction : Sirpa Marine

Pour mener à bien l’ensemble des missions qui lui sont confiées, allant de la dissuasion nucléaire à la projection de forces pour résoudre une crise, en passant par le sauvetage en mer, la Marine nationale dispose de près de 10.500 marins et 90 bâtiments de combat et de soutien regroupés au sein de la force d’action navale (FAN).

Certains des navires importants comme le porte-avions ou les bâtiments amphibies (BPC, TCD) agissent au sein de « groupes » :- groupe aéronaval (GAN) centré autour du porte-avions; - groupe expéditionnaire autour des BPC.  Ces groupes sont composés généralement de frégates les protégeant des menaces aériennes et sous-marines, d’un sous-marin nucléaire d’attaque, ainsi que d’un bâtiment de ravitaillement qui permet de maintenir cette force longtemps en mer. Outre cette participation des frégates à ces groupes dans leur spécialité (lutte anti-aérienne, anti-sous-marine), ces navires polyvalents peuvent également agir seuls pour préserver les intérêts nationaux sur nos espaces maritimes et participer au règlement des crises. Elles peuvent ainsi être amenées à assurer dans ce cadre le soutien d’une force d’intervention, de la protection du trafic commercial, des opérations spéciales ou des missions humanitaires. Les missions liées à  la surveillance des espaces océaniques, à la protection des ZEE, à la surveillance des pêches et plus généralement à l’application des lois et au maintien de l’ordre public en mer, sont confiées à des bâtiments dits de souveraineté (frégates de surveillance, P400,…). Ces navires, plus légèrement armés, apportent, par leur rayonnement, leur soutien aux relations internationales. Les navires de la Marine nationale sont également des ambassadeurs de la France dans le monde.Les bâtiments de surface peuvent être classés en sept grandes catégories :

Le groupe aéronaval  Le groupe aéronaval est le vecteur majeur des missions de projection de puissance menées par la Marine. Il participe aussi à la dissuasion nucléaire grâce à la capacité d’emport du missile aéroporté ASMP sur le Super-Étendard et, à terme, dans sa version améliorée, sur le Rafale.   
Il comprend normalement un porte-avions avec son groupe aérien embarqué (GAE), une à deux frégates de défense aérienne, deux frégates anti-sous-marines, une frégate de type La Fayette, un SNA et un pétrolier-ravitailleur. En fonction du niveau de la menace, cette composition peut être modifiée. Toutefois, même en l’absence de menace en mer, le porte-avions ne peut être déployé sans la présence à ses côtés d’un pétrolier-ravitailleur et d’une frégate de défense aérienne, chargée notamment de la coordination de l’espace aérien autour du porte-avions.

La force amphibie  Acteur essentiel des opérations de projection de forces, le groupe amphibie comprend: un ou plusieurs bâtiment(s) de projection et de commandement (BPC) et/ou transport de chalands de débarquement (TCD), qui emportent des chalands et des engins de débarquement (CDIC, CTM, EDAR)) dans leur radier pour mettre en œuvre un groupement interarmées. Celui-ci se compose de troupes, de véhicules, d’hélicoptères de manœuvre de l’armée de terre (Puma  ou Cougar)  participant au débarquement d’hommes et de matériels et d’hélicoptères de combat (Gazelle  et Tigre)  appuyant les forces embarquées.
Le dispositif est complété par des forces avancées (commandos) chargées de la préparation du débarquement, une composante de guerre des mines, si cette menace doit être prise en compte, ainsi que des bâtiments de protection et de soutien.  

Les BPC (Mistral, Tonnerre, Dixmude) disposent d’installations médicales lourdes pour conduire des missions sanitaires de grande envergure (blocs opératoires, salle de traitement des grands brûlés…). Ils ont également la capacité d’embarquer et de mettre en œuvre un PC de forces interarmées pour la conduite d’une opération nationale ou multinationale.

La composante frégates   Véritable épine dorsale de la Marine, les frégates assurent la maîtrise du milieu aéromaritime, garantissant ainsi la liberté d’action sur mer ou à partir de la mer. Polyvalentes, elles sont généralement spécialisées en fonction du type de menace et ont également pour vocation la protection de forces (groupe aéronaval, groupe amphibie et, le cas échéant, navires de commerce) et la participation au dispositif permanent de prévention grâce à leur prépositionnement dans la durée sur les théâtres de crise potentiels.

  • Les frégates multi-missions (FREMM) Outil militaire de la haute mer, la Frégate Multi-missions (FREMM) est un bâtiment polyvalent offrant des capacités opérationnelles majeures et nouvelles. La FREMM regroupe de nombreux systèmes d’armes et permet la mise en œuvre du missile de croisière naval (MdCN). La présence sur zone d’une FREMM constitue un signal politique et militaire fort. La FREMM est, sur l’échiquier naval, une pièce maîtresse, capable d’être aussi bien un bâtiment d’escorte, le gardien d’un espace aéromaritime ou même un navire commandant une force nationale ou interalliée. La FREMM est ainsi un redoutable adversaire capable en mesure d’atteindre des cibles en mer comme à terre.
  • Les frégates de type La Fayette sont conçues principalement pour préserver et faire respecter les intérêts nationaux sur les espaces maritimes outre-mer et pour participer au règlement des crises hors d’Europe. Elles peuvent ainsi être amenées à assurer dans ce cadre le soutien d’une force d’intervention, la protection du trafic commercial, des opérations spéciales ou des missions humanitaires. Ces navires sont dotés d’hélicoptères de lutte anti-navire Panther Elles participent donc préférentiellement à la mission d’action opérationnelle mais peuvent, en fonction des circonstances, intervenir dans le cadre de la sauvegarde maritime.
  • Les frégates de défense aérienne (FDA) sont des bâtiments spécialisés, chargés de la direction de la lutte antiaérienne et de la conduite des opérations aériennes depuis la mer ainsi que de la défense antiaérienne d’unités navales peu ou pas défendues. Elles constituent à ce titre un élément incontournable de l’escorte d’un groupe aéronaval ou amphibie. En outre, elles peuvent contribuer à la défense aérienne interarmées sur les théâtres d’opérations extérieures ou dans les approches maritimes du territoire national.
  • Les frégates de lutte anti-sous-marine (FASM) ont pour mission principale la protection de la force océanique stratégique et des groupes aéronaval et amphibie contre la menace sous-marine. Elles disposent toutes de sonars remorqués et d’hélicoptères. Elles sont également dotées d’importantes capacités de lutte anti-navire et d’autodéfense antiaérienne, qui leur permettent de participer au dispositif permanent de prévention.

La force de guerre des mines  
Détection et destruction de mines et autres engins immergés 

L’une des missions de la Marine est de préserver la liberté des mers et de protéger la vie en mer.
Les mines représentent une menace importante pour les navires militaires mais aussi pour le trafic commercial. La 1ère des missions des unités de guerre des mines consiste en la sécurisation des voies maritimes utilisées par les SNLE lors de leurs transits entre leur base de Brest et la haute mer. Mais ces unités participent à l’ensemble des missions de la Marine car elles ont souvent vocation à être projetées au sein d’une force navale nationale ou interalliée lorsque les opérations se déroulent à proximité de côtes plus sensibles au risque “mines”.  Plus près de nous, les 11 chasseurs de mines et les plongeurs démineursjouent un rôle important dans la sûreté des approches maritimes du territoire national en menant des opérations régulières de destruction d’engins explosifs (mines, obus, bombes) dits « historiques », héritage des conflits passés en Europe. On estime qu’un siècle supplémentaire de déblayage incessant sera nécessaire pour éliminer la plus grande partie. Au-delà de ces missions traditionnelles, les unités de guerre des mines apportent leur expertise à un panel très large d’opérations liées à l’action de l’État en mer (recherche d’épaves, expertises au profit du ministère de la Justice, analyse des fonds sur des zones susceptibles de développements économiques – implantation d’éoliennes ou d’hydroliennes, poses de câbles).

 

 

Les bâtiments de souveraineté   Ces bâtiments sont principalement dédiés aux missions de sauvegarde maritime.

  • Les bâtiments multi-missions (B2M) Dans un cadre interministériel, les Bâtiments Multi-Missions (B2M) assurent des missions de souveraineté outre-mer au profit des ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, ainsi que de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer. Ils interviennent lors de missions spécifiques de surveillance, d’assistance et de sauvetage. Au plan militaire, ces bâtiments assurent des missions d’intervention maritime en  Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à La Réunion et aux Antilles. Ils peuvent être projetés à l’intérieur du théâtre, en appui des forces de police et de gendarmerie. Ils sont équipés de deux  mitrailleuses de 12,7 mm, de deux canons à eau, d’embarcations de drome opérationnelle de nouvelle  génération (EDO NG) pour les interceptions et contrôles.
    Les B2M peuvent aussi mettre en œuvre des commandos avec leurs embarcations (Ecume). Avec deux équipages de 20 marins qui permuteront à bord tous les quatre mois, les B2M peuvent assurer une activité soutenue, soit plus de 250 jours de mer par an. L’un des équipages sera dédié à la conduite du bâtiment en mer, pendant que l’autre sera employé pour des tâches organiques, de renfort ou de soutien.
  • Les six frégates de surveillance ont pour mission la surveillance des espaces océaniques, le contrôle des ZEE, la police de la navigation et la surveillance des pêches. Elles sont destinées à opérer outre-mer et dans les zones à risques limités. Cinq de ces frégates sont actuellement basées outre-mer (Antilles, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française).
  • Les avisos A69 sont des unités polyvalentes qui peuvent contribuer à l’ensemble des missions confiées par le gouvernement à la marine. Toutefois, leur petite taille et l’absence d’hélicoptère embarqué limitent leur capacité d’intervention.
  • Bâtiments de souveraineté prépositionnés outre-mer, les patrouilleurs P400 y assurent, dans le cadre de l'action de l'État en mer, des missions de surveillance et de protection des ZEE et apportent, par leur rayonnement, leur soutien aux relations internationales.
  • La force d’action navale comprend également trois bâtiments de transport légers (BATRAL) stationnés en Martinique, Nouvelle-Calédonie et à La Réunion. Ces bâtiments conduisent, outre des opérations amphibies, des missions de transport et de ravitaillement.
  • Enfin les bâtiments de service public assurent les missions générales d’action de l’État en mer en métropole, tandis que les patrouilleurs de la gendarmerie maritime participent en métropole et outre-mer, en collaboration avec les moyens des autres administrations (affaires maritimes et douanes), au contrôle de l’application des lois et au maintien de l’ordre public en mer.

Le Bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) a pour mission principale le soutien logistique des bâtiments à la mer: le ravitaillement en combustibles (mazout, gazole, carburéacteur), eaudistillée, vivres, munitions, médicaments et matériels de rechange. Cette manœuvre conditionne l'autonomie des forces aéronavales quand elles sont déployées loin de leurs bases. Le Bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) peut ravitailler en liquides les bâtiments à la mer, soit à couple soit en flèche,grâce à des équipements modernes (système de tensionnement automatique de câbles supports, pompes à hauts débits ...). Les charges lourdes (vivres, munitions, matériels) sont transférées à la mer par câble support ou par hélitreuillage.
En outre, comme tout bâtiment de la Marine nationale, le BCR participe également à des missions de présence et de service public. 

Les bâtiments hydrographiques et océanographiques  Un bâtiment hydro-océanographique et trois bâtiments hydrographiques assurent des missions de service public en matière d’hydrographie générale et d’information nautique, que des missions opérationnelles de recueil de données d’environnement marin nécessaires au déploiement des forces navales et à l’emploi de leurs systèmes d’armes. Ces bâtiments opèrent au profit du service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM). Depuis 2005, cette flotte est complétée par le bâtiment hydrographique et océanographique le Pourquoi Pas? de l’IFREMER.

Tous les bâtiments de combatTous les bâtiments de soutien

 
 
 


Sources : © Marine nationale
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