Dans le sillage du... vice-amiral d’escadre (2S) Philippe Hello, président de l'Entraide Marine - ADOSM
41 années dans la Marine et toujours dans le feu de l’action. Spécialiste de la lutte sous la mer, le VAE (2S) Philippe Hello a suivi une carrière d’excellence, que ce soit dans la conduite de projets complexes, avec la Direction générale de l’armement, ou lors de l’armement du bâtiment de projection et de commandement (aujourd’hui porte hélicoptère amphibie) Tonnerre dont il fut le premier commandant.
Quand l’Entraide Marine a-t-elle été créée et dans quel but ?
Vice-amiral d’escadre Philippe Hello : À la fin de la Première Guerre mondiale beaucoup de choses ont été mises en place pour soulager les anciens combattants, en particulier les grands blessés, les gueules cassées. Paradoxalement en temps de paix, lorsqu’il se passait quelque chose, nous étions un peu démunis pour l’accompagnement social et humain des familles. L’armée de l’Air a réagi rapidement car elle a dû faire face à des accidents graves et fréquents dès ses débuts. Pour la Marine, c’est venu plus tard, en 1939, à l’initiative du vice-amiral Gastin Grandclément, à la suite d‘accidents de sous-marins. Il est devenu nécessaire qu’une association puisse prendre en charge les veuves et les orphelins, quelles que soient les circonstances du décès des marins (en service, accident, maladie 1), en attendant que le droit se consolide pour leur offrir des dispositifs sociaux.
Vous venez en aide aux marins, civils, militaires et leurs familles. Comment les soutenez-vous ?
VAE P. H. : L’ADN de l’association c’est la veuve et l’orphelin, donc la priorité ce sont les aides à l’enfance et les bourses d’étude pour les familles que nous suivons jusqu’à la diplomation. C’est avant tout un accompagnement humain, des conseils avec un suivi opéré par nos assistantes sociales. Au nombre de trois, elles gèrent l’ensemble du vivier des personnes en difficulté que nous soutenons, à Brest, Toulon, Paris, ou dans le reste du monde. Nous pouvons agir dans l’urgence, lors du décès d’un marin sur un bateau, par exemple. Nous pouvons apporter une aide financière complémentaire en cas de rapatriement des enfants ou du conjoint depuis l’étranger, ou éventuellement pour financer une partie des obsèques. Cela vient s’ajouter aux aides de l’État, proposées par l’action sociale des armées et la Marine avec la cellule d’aide aux blessés (CABAM).
Pouvez-vous nous donner un exemple concret d’actions que vous menez auprès des familles ?
VAE P. H. : Nous avons plusieurs moyens d’action. On ne s’interdit rien. Nous délivrons des bourses annuelles aux orphelins de l’ordre de 500 euros. Cette moyenne est calculée sur des critères objectifs, mais nous pouvons y déroger au cas par cas pour un élève très méritant et avec une ambition très forte. Ainsi, un infirmier qui avait dû interrompre ses études de médecine pour aider sa famille nous a demandé si nous pouvions l’aider pour qu’il puisse les reprendre. Nous finançons aussi des stages de reconstruction pour les blessés. Cela peut être par le sport avec les Rencontres militaires blessures et sports (RMBS) ou encore via le financement d’une prothèse pour qu’un sportif puisse participer aux Invictus Games.
Combien de marins poussent les portes de l’association ?
VAE P. H. : Nous venons en aide à 400 familles et 400 orphelins. C’est un flux continu car tous les ans nous avons de nouveaux enfants tandis que d’autres sont diplômés et quittent le vivier des ressortissants de l’association.
Quels sont les événements à venir pour l’Entraide Marine ?
VAE P. H. : Les journées d’Entraide auront lieu à Paris les 5 et 6 décembre au Cercle national des Armées 2. C’est une kermesse sur le thème maritime, avec des ventes d’objets, de bijoux, de livres et des dédicaces d’auteurs. Il y aura aussi un stand de la marque Marine nationale, des artistes et des peintres de la Marine qui vendent bénévolement certaines de leurs œuvres. Des spécialistes des jeux vidéo viennent également avec des jeux maritimes ou des wargames. Il y a une loterie, une tombola, c’est très classique mais cela fonctionne bien. Le chiffre d’affaires représente un tiers de nos ressources.
Comment les marins peuvent-ils soutenir l’association ?
VAE P. H. : 800 adhérents sur 40 000 marins, c’est peu ! Nous souhaiterions que davantage de marins adhèrent à l’association. Toutefois, outre l’adhésion (12 € par an), beaucoup se mobilisent pour organiser des événements afin de récolter des fonds. C’est très intéressant, notamment lorsque l’équipage d’une frégate multi-missions participe à un triathlon en associant des blessés. D’autres participent à des treks, comme les EAU-dacieuses. Ce sont des petites sommes qui bout à bout nous permettent de financer plusieurs bourses d’études. Il est également possible de se porter volontaire lors des journées d’Entraide à Paris ou localement. Nous avons besoin de jeunes marins. Ils incarnent la Marine donc c’est encore plus beau s’ils sont présents à nos côtés. Cependant, il n’y a pas d’âge, de grade ni de corporation pour être bénévole et adhérent de l’Entraide Marine : tout le monde est le bienvenu.
Amiral Vaujour au cercle national des armées
Bio express
1980 : Entrée à l’École navale
1987-1988 : Officier « opérations » de l’aviso Commandant Ducuing
1994-1995 : Commandant du bâtiment de transport léger Dumont-D’Urville
1996-1999 : Officier de programme au bureau « lutte sous la mer » de l’EMM
2005-2007 : Commandant du bâtiment de projection et de commandement Tonnerre
2012-2015 : Directeur et commandant de l’École navale
2018-2021 : Directeur des ressources humaines du ministère des Armées
2022 : Président bénévole de l’Entraide Marine - ADOSM
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Documents à télécharger
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