Une implantation militaire française permanente

Inaugurée en mai 2009, la base navale des forces françaises stationnées aux Émirats arabes unis (EAU) est, avec le 5e régiment de cuirassiers et la base aérienne (BA) 104, la concrétisation des accords de défense qui lient la France et les EAU.

Base navale aux Émirats arabes unis - © P. Le Minoux/MN

Installée à côté d’une base de la marine émirienne, la base navale (BN) des forces françaises a vu arriver une quinzaine d’unités, sur les huit hectares qu’elle était la seule à occuper en 2009, comme l’état-major des forces armées aux Émirats arabes unis (Alindien) ou encore un détachement du service de l’énergie opérationnel. « Je suis à la fois le commandant de la base navale et celui d’un îlot d’unités (Comili) », nous indique le capitaine de frégate Philippe Laugier. Il héberge aussi les militaires en mission de courte durée de la base aérienne. « En tant que Comili, je suis une sorte de maire de village, les 41 marins permanents ou en mission de courte durée en sont, quant à eux,  un peu les agents ou les policiers municipaux », explique le commandant. Si le capitaine de frégate se doit d’assumer ce rôle d’édile, sa mission principale en tant que commandant de BN est de pouvoir accueillir et soutenir les navires qui passent par les EAU. « Avec la présence d’une BA et d’un régiment blindé, il nous faut assurer aussi l’accueil de navires de transport de matériel affrétés et permettre leur déchargement et leur chargement. Bien que nous ne soyons pas chargés de ces opérations, nous devons organiser les flux pour éviter l’engorgement et la compatibilité avec les autres activités. Il y quelques jours un affrété a accosté et, hier encore, stationnaient sur nos parkings une dizaine de conteneurs de munitions et une trentaine de blindés, du camion porte char au VBCI (véhicule blindé de combat d’infanterie) ». Plus de 300 militaires et près de 100 travailleurs civils locaux œuvrent chaque jour sur le site. Pour soutenir les navires français et alliés de passage dans la zone, la base dispose d’un secteur mécanique, électricité, de quelques ateliers et même d’un tour permettant d’usiner des pièces. « J’ai également tout un réseau de petites entreprises locales fiables chez qui je peux faire réparer ou entretenir du matériel en avarie », nous explique le maître principal Abou-Anifa, chef de secteur mécanique/électricité de la base navale. « Il m’arrive par exemple de faire rebobiner des moteurs de motopompes hors service. Je me souviens d’une frégate de surveillance qui ne pouvait plus se servir de son embarcation de drome opérationnelle (EDO) car les flexibles moteurs étaient cassés. Ils ont demandé notre assistance. J’ai fait fabriquer les flexibles sur plan, conformes à nos normes. Les pièces leur ont ensuite été larguées par aéronef. Quelques jours plus tard, avec leur EDO, ils interceptaient une grosse cargaison de stupéfiants. C’est gratifiant et participe à la récompense de nos efforts », conclut le maître principal. 

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