Portrait : Sous-lieutenant Alexandra, officier chef du quart canadienne à bord du Bougainville

Direction : Marine / Publié le : 11 septembre 2023

Du 31 juillet au 2 septembre 2023, le sous-lieutenant (SLT) Alexandra, officier chef du quart canadienne a embarqué à bord du bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Bougainville.

En suivant les mêmes évaluations que les autres chefs de quart affectés sur le bâtiment, elle est parvenue au « lâché », c’est-à-dire à la gestion de la navigation du bâtiment en autonomie.

Elle raconte son expérience

Sous-lieutenant Alexandra, officier chef du quart canadienne à bord du Bougainville - © Marine nationale

Quel est votre parcours ?

Je suis originaire de Trois Rivières au Québec. J’ai une licence en communication et marketing de l’université du Québec à Montréal. Aujourd’hui, je suis officier de guerre navale. J’ai été formée à l’HMCS Venture surface avant de m’engager dans les forces sous-marines.  J’ai débuté ma carrière embarquée sur sous-marin à Esquimalt et je suis désormais basée sur la côte Atlantique à Halifax, sur le HMCS Windsor. En 2022, j’ai effectué un déploiement sur la frégate HMCS Montréal.

Pourquoi vous être portée volontaire pour cet échange ?

Pour progresser dans mon métier d’officier au sein de la Marine nationale et découvrir d’autres pays.

D’après vous, quels sont les principaux points communs et les différences entre les deux marines ? Les réactions aux avaries sont similaires, en particulier les actions réflexes. En ce qui concerne le rôle de chef du quart, il y a à mes yeux deux différences principales :

  • En navigation en eaux resserrées, le chef de quart, à bord des bâtiments français, a plus d’autonomie. En effet, en plus du renfort CDQ nous avons un « navigateur », un marin ayant reçu une formation à part entière qui indique au chef du quart les routes à suivre et comment manœuvrer. 
  • Pour la gestion des anticollisions, les marins français ont plus de liberté de manœuvre. En effet, le système de DMP (distance minimum de manœuvre est similaire sauf que pour augmenter le CPA (closest point of approach) nous ne pouvons pas faire d’écarts à la route de plus de 6° sans avoir l’accord du commandant.

Vos souvenirs après un mois passé à bord du Bouganinville ?

J’en retiendrai l’accueil chaleureux que j’ai reçu à bord, et la qualité des échanges que j’ai pu avoir avec les marins de chaque secteur. Cela nous a notamment permis de comparer les méthodes de travail de chacune de nos marines. Les marins français sont très polyvalents à la différence de chez nous où tout est compartimenté.

Quels étaient vos objectifs avant d’embarquer ?

Je souhaitais prouver aux marins français que la marine canadienne forme des marins compétents, capables de s’adapter rapidement à une nouvelle plateforme, qui plus est dans une autre marine. Le fait d’avoir été lâchée chef de quart témoigne de la confiance que m’a accordée le commandant et je considère donc avoir atteint mon objectif.

Le projet d’échange avec les officiers de quart canadiens est né au cours d’une discussion avec le commandant des forces sous-marines canadiennes, Mr Alex Kooiman, lors de sa venue à Tahiti dans le cadre de l’Asia Pacific Submarine Conference (APSC). Huit mois plus tard Alexandra était à bord.

Pour le lieutenant de vaisseau Xavier Moulin, commandant du BSAOM Bougainville, elle s’est parfaitement intégrée à l’équipage car la majeure partie des formations et réactions sont similaires aux deux marines. « La culture du doute, très présente chez les anglo-saxons ainsi que la rigueur habituelle chez les sous-mariniers l’ont aidée dans le processus. Enfin, emporter un bout de Québec sur un bateau français nous aura bien fait voyager ! » conclut-il !

 

Sous-lieutenant Alexandra, officier chef du quart canadienne à bord du Bougainville © Marine nationale

Sous-lieutenant Alexandra, officier chef du quart canadienne à bord du Bougainville

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