Le Fulmar de retour à Saint-Pierre après sa mission Grand Nord
Baie de Baffin, détroit de Davis, mer du Labrador, une zone arctique de plus en plus stratégique dans laquelle le patrouilleur Fulmar a navigué pendant six semaines.
Le Fulmar a accosté le 12 septembre à son port-base de Saint-Pierre mettant fin à la mission Grand Nord qui s’est déroulée entre le Groenland et le Canada.
Un fort volet mémoriel a également entouré ce déploiement. En effet, la France est présente dans les pôles et particulièrement au Groenland depuis de nombreuses années par l’intermédiaire d’explorateurs célèbres. Cet héritage est une des raisons de la légitimité de la France dans l’Arctique.
Le Fulmar est donc allé sur les traces de Paul-Emile Victor en compagnie de l’ambassadeur de France au Danemark Christophe Parisot et de son attaché de défense. Ceux-ci ont ainsi connu l’exigence de la navigation sur le Fulmar par mer formée puis l’incertitude des eaux couvertes de glaces de la baie de Disko afin de se rendre sur Eqi. Ce fut le lieu de départ des expéditions polaires françaises dans les années 50 vers l’inlandsis groenlandais avec la cabane de Paul-Emile Victor. Ce passage permet d’appuyer un projet de rénovation porté par l’ambassade de France au Danemark.
Les marins du Fulmar ont également rendu hommage avec des Inuits locaux à Jean Malaurie, décédé en février 2024 et qui vient d’être inhumé à Siorapaluk (en 77°47, près de Qaanaaq) par son fils, Guillaume. C’est un célèbre géologue, glaciologue et ethnographe français, connu pour avoir hiverné avec les « derniers rois de Thulé » pendant l’hiver 50-51. Très apprécié par les groenlandais, il est le symbole de l’amitié franco-groenlandaise et la figure de proue de l’histoire polaire française.
Les liens avec nos alliés de la zone se sont avérés fort avec la Marine danoise et la garde-côtière canadienne qui connaissent bien les spécificités des navigations arctiques. Cela vient renforcer le soutien de la France envers ses partenaires et l’interopérabilité dans les hautes latitudes qui nécessitent expérience et technicité.
Cap à présent sur l’arrêt technique annuel, délocalisé à Québec du 2 octobre au 14 novembre.
Construit en 1991, le patrouilleur Fulmar a entamé sa carrière sous le nom de Jonathan comme chalutier. Transformé en patrouilleur en 1997, il rallie son port base de Saint-Pierre, armé par un équipage de la Gendarmerie maritime. En 2009, le bâtiment est placé sous le commandement d’ALFAN. Seule unité de la marine basée en Amérique du Nord, le Fulmar conduit des missions relevant de l’action de l’État en mer mais également des missions de coopération internationale avec le Canada, les Etats-Unis et le Danemark (Groenland). Long de 40m, il est armé par un équipage de douze marins.
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