La lutte anti-drones : mission interministérielle essentielle dans la sécurisation aérienne des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024
L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) est responsable du volet aérien de la sécurisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2024. La lutte anti-drones (LAD) constitue une mission à part entière, assurée conjointement par les armées et les forces de sécurité intérieures (FSI) qui unissent leurs moyens dans ce domaine spécifique. En ce sens, l’AAE veille à l’intégration des moyens des différents ministères, l’uniformisation des procédures et la coordination de l’action.
L’enjeu de la lutte anti-drones pour les JOP
Dans le cadre du DPSA mis en place pour les JOP 2024, la lutte anti-drones (LAD) sera réalisée à une échelle exceptionnelle, en particulier en Île-de-France. L’armée de l’Air et de l’Espace déploiera à cet effet des systèmes lourds et plusieurs dizaines d’équipes légères de lutte anti-drones simultanément. Elle coordonnera l’ensemble des moyens de LAD interarmées et interministériels mobilisés (armée de terre, gendarmerie, police nationale…) pour garantir la sûreté aérienne dans la très basse altitude.
L’enjeu pour les forces en présence résidera dans l’identification précise et la discrimination rapide des différents types de drones transitant dans les zones protégées et leurs abords. Le dispositif permettra ainsi de distinguer les systèmes autorisés (pour la sécurisation de l’événement, la retransmission des images ou encore le transport de personnes), des appareils non autorisés qui survoleraient les sites et pourraient constituer une menace potentielle. A cet égard, l’AAE coordonnera l’ensemble des moyens, tant pour la synthèse des données que pour la conduite des interventions.
L’un des objectifs de la mission est de pouvoir regrouper les données recueillies par chaque système pour disposer d’une vision d’ensemble. A cet effet, l’AAE travaille en lien avec l’Agence Innovation Défense (AID), l’Office national d'études et de recherches aéronautiques (ONERA) et La Ruche de THALES pour le développement d’un outil logiciel, capable de synthétiser les données issues d’une quinzaine de capteurs différents. Ce système SAP (Situation aérienne partagée) a déjà été utilisé en conditions réelles et s’est avéré essentiel pour le commandement et la conduite des opérations complexes (déconfliction des pistes, aide à la prise de décision en temps réel, etc.).
L’AAE intégrera par ailleurs les différents systèmes de LAD au sein d’une architecture de commandement et de conduite adaptée. Elle sera structurée en ce sens autour de centres opérationnels de niveaux national, régional et local et d’officiers de liaison répartis dans les autres centres opérationnels.
Une préparation opérationnelle anticipée
Si les aviateurs ont l’habitude de réaliser des missions de LAD dans le cadre des DPSA (une vingtaine chaque année) la mise en œuvre d’un dispositif d’une telle envergure reste inédite.
Pour être au rendez-vous, l’AAE a organisé plusieurs exercices ces deux dernières années impliquant les acteurs militaires et industriels du dispositif. En janvier 2023, elle a notamment testé le dispositif de LAD dans le cadre de l’exercice interministériel d’envergure, COUBERTIN LAD. Une nouvelle édition en mars 2024 permettra de réaliser une dernière répétition en conditions réelles.
COUBERTIN LAD mobilise tous les acteurs sur plusieurs jours afin d’éprouver la chaîne de commandement de la LAD, les architectures des systèmes d’information et de communication (SIC) et la mise en œuvre des systèmes de détection et de brouillage. L’exercice se déroule sur la base aérienne 107 de Villacoublay qui accueille le centre opérationnel national, ainsi que sur différents sites distants, afin d’être au plus près des conditions réelles de déploiement pendant les Jeux.
En plus de ces entraînements ciblés, l’AAE a également éprouvé les dispositifs de LAD interministériels sur plusieurs événements d’ampleur tels que le sommet de l’Union européenne pendant la PFUE, les défilés parisiens du 14 Juillet, la visite du Pape François à Marseille ou la Coupe du monde de rugby de 2023. Ces différentes opérations de sécurisation ont été systématiquement mises à profit pour préparer l’échéance de 2024.
La LAD au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace
Dans le cadre de sa mission permanente de « police du ciel », l’AAE s’est adaptée à l’évolution récente du profil des usagers du ciel sur le territoire national. Et pour cause, à la fois petits et lents, avec une faible signature radar, les drones représentent une nouvelle forme de problématique tant pour la circulation aérienne que pour la protection des sites sensibles. Face à la prolifération des drones de loisir et professionnels et face aux risques et menaces que représentent ces vecteurs, les aviateurs optimisent constamment leurs dispositifs de protection et leurs systèmes de LAD. L’AAE travaille ainsi en étroite coordination avec les industriels en portant les projets d’innovation dans ce domaine, tout en renforçant le recrutement et la formation de ses spécialistes.
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