Portrait de réserviste

Direction : Garde nationale / Publié le : 25 septembre 2026

Nous sommes allés à la rencontre de quelques réservistes du groupe Bouygues lors de la journée de l’engagement du 10 septembre dernier. 

Rencontre avec le commandant de Réserve Claire Schnoering qui répond aux questions de Louis Duroulle. 

Claire Schnoering

Depuis combien de temps travaillez-vous chez Bouygues ? 

Je travaille chez Bouygues depuis un peu plus de quatre ans, et je suis réserviste depuis 2003.  Mon engagement a connu quelques interruptions, au gré de ma carrière et de ma vie de famille, mais il est constant depuis 2015. Cette année-là a été un tournant pour moi. Plusieurs personnes de mon entourage ont été victimes des attentats et j’ai ressenti très personnellement le besoin de m’engager à nouveau, de prendre ma part dans cet effort collectif et de donner un peu de mon temps au service de la Nation.

J’ai découvert la réserve pendant mes études, alors que j’étais en licence. Mon père, lui-même réserviste dans l’Armée de l’Air et de l’Espace, avait donné à mon frère une plaquette pour effectuer une préparation militaire supérieure dans la Marine à Brest. En la voyant, je me suis simplement dit : « Pourquoi pas moi ? »

Je me suis donc engagée et j’ai vécu deux mois extraordinaires, faits de camaraderie, de sport et de découverte d’une institution qui m’était jusque-là totalement étrangère. À l’issue de cette formation, j’ai naturellement décidé de signer un engagement à servir dans la réserve. Et aujourd’hui, plus de vingt ans après, je continue à renouveler cet engagement au sein de l’Armée de Terre.

Aujourd’hui, quel poste occupez-vous chez Bouygues ?

Je suis actuellement DRH de la division transport chez Equans et je suis engagée dans une mobilité pour rejoindre très prochainement Bouygues Construction en tant que DRH de Bouygues Bâtiment France. Ce sont de grandes responsabilités, mais il y a également une responsabilité à agir en tant que réserviste. Il est essentiel pour moi de pouvoir la poursuivre. Je l’ai expliqué à mes responsables et ils l’ont accueilli sans réserve. J’ai la chance d’évoluer dans un Groupe pleinement engagé sur ce sujet.

Combien de temps personnel ou professionnel dédiez-vous à la réserve ?

C’est un engagement qui a évolué au fil des années. Étudiante, j’ai pu consacrer jusqu’à 60 jours par an à la réserve. Aujourd’hui, j’y consacre environ une journée en présentiel par mois, complétée par du travail à distance, soit 15 à 20 jours par an. Je m’adapte aux périodes d’activité de l’entreprise, tout en veillant à préserver du temps pour cet engagement qui reste important pour moi.

Le groupe Bouygues a signé une convention avec la Garde nationale pour soutenir tous les réservistes opérationnels du groupe. Il s'engage à soutenir leurs réservistes à hauteur de 20 jours sur le temps de travail, qu’est-ce que cela vous apporte ? 

Cela m’apporte avant tout un soutien moral : je me sens pleinement libre et légitime dans cet engagement, d’autant qu’il reste assez neutre pour l’organisation dès lors que les périodes de réserve sont anticipées et planifiées suffisamment en amont.

Claire, quand on est DRH, est-ce que l’on s'autorise soi-même à prendre des jours de réserve ? 

En effet, on s'autorise à prendre des jours de réserve, mais comme je le disais, c'est limité en temps, en durée, en périodicité. Donc un jour par mois, cela s'organise, surtout si c'est planifié à l'avance. Mon autorité d’emploi, le pôle Haut Encadrement Militaire (HEM) de la DRH de l’armée de Terre, fait preuve de souplesse. Donc il m'arrive parfois de programmer ou reprogrammer des jours. Je peux également parfois assurer des réunions Teams alors que je suis en journée de réserve à Balard, en uniforme militaire, mes collègues s’y sont habitués.

Vos collègues sont curieux de votre statut de réserviste ? Ils viennent vous demander des conseils ? 

Oui, ils sont nombreux à me questionner. Cela fait quatre ans que je suis référente Garde nationale chez Equans, et j'ai senti de la part de mes collègues un intérêt grandissant sur le sujet. Au fil des années, il y a de plus en plus de personnes qui viennent m'interroger car mon engagement n’était pas très connu au départ et le fait d'organiser des événements chez Equans, ou comme aujourd'hui chez Bouygues au siège social, me permet de contribuer à mettre en lumière ces actions, ce soutien à la réserve. Donc oui de nombreux collaborateurs maintenant m'ont bien identifié et me posent souvent des questions, qu'ils soient déjà réservistes ou qui souhaitent le devenir.


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