Concours d’ident : qui sera le meilleur des Yeux d’or ?
[REPORTAGE] Le 20 mai 2026, le cinéma « L’Affiche » de Chaumont a accueilli 110 des meilleurs « yeux d’or » de France mais aussi d’Europe à l’occasion du challenge annuel d’identification de matériels militaires. La compétition, organisée chaque année depuis 1997 par la Direction du renseignement militaire est un rendez-vous immanquable de la famille des « IP ».
Vous savez distinguer un ZBD03 d’un ZBD05* vous ? Eux, oui. Eux, ce sont les interprètes images, ou « IP ». Au quotidien, ils sont chargés d’identifier les différents matériels militaires employés autour du monde. À la Direction du renseignement militaire, on les retrouve le plus souvent au CFIII, le Centre de formation et d’interprétation interarmées pour l’imagerie. Mais ils sont également nombreux dans les différents centres de renseignement des armées, dans les unités de la FIR, la Fonction interarmées du renseignement, ou au sein des états-majors opérationnels.
Leur rendez-vous annuel ? Le challenge de la « J2I », la journée internationale de l’imagerie. Internationale car plusieurs nations y sont régulièrement invitées. Cette année, aux côtés de spécialistes français, concourraient ainsi des experts venus d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne et de Roumanie.
« Niveau très élevé »
La délégation allemande résume ce que tous ressentent après les épreuves : « Le niveau est très élevé. » Il faut dire qu’avec plus de 500 matériels navals, aériens, terrestres, drones et systèmes d’armes à connaître, les confusions peuvent vite arriver ! D’autant plus que les visuels sont à dessein déstabilisants, exigeant de connaître le matériel dans les moindres détails pour savoir repérer celui qui fera la différence. Un moyen aussi de refléter la réalité du terrain, lorsque les identifications doivent être faites sur des visuels de mauvaise qualité ou parcellaires.
« Les IP ont aujourd’hui tous les moyens pour produire du renseignement image extrêmement précis ; ils ne peuvent pas se permettre de ne pas être à jour sur les matériels. »
- Responsable de l'organisation de la journée internationale de l'imagerie
Après la première épreuve, composée d’un QCM pour les juniors, on passe dans la deuxième phase de la compétition, celle des experts. Eux s’affrontent sur deux épreuves. Ici pas de QCM : seuls avec leur mémoire, ils doivent trouver le nom et la nationalité des matériels affichés sur l’écran du cinéma. Les visuels apparaissent durant 10 secondes dans la première épreuve, 5 secondes dans la deuxième, puis disparaissent.
De leur côté, les organisateurs corrigent les copies au fur et à mesure des épreuves pour que les podiums puissent être annoncés dès la fin de l’après-midi. Car après la matinée de concours, l’ensemble des participants prend la direction du 61e régiment d’artillerie qui accueille ce jour-là le challenge international de drones FPV. En attendant l’annonce des résultats, les IP découvrent donc tout au long de l’après-midi les capacités de ces petites machines volantes s’affrontant sur différents parcours.
« Comme un sportif de haut niveau »
Le temps des résultats arrive enfin. En présence du chef de corps du 61e RA , et avant de détailler les podiums, le LCL Etienne**, responsable de l’organisation du challenge, prend la parole, admettant que la compétition était difficile cette année, « à dessein. Mais pas de panique, l’année prochaine ce sera pire ! L’identification précise est vitale pour vos chefs. Avec l’amélioration de la résolution des images, vous avez aujourd’hui tous les moyens pour produire du renseignement image extrêmement précis ; vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas être à jour sur les matériels », explique-t-il.
Bien avant l’annonce des résultats, son nom circulait déjà au sein de la communauté des IP : c’est l’adjudant-chef Mathieu**, du 92e régiment d’infanterie qui remporte le challenge dans la catégorie « expert » en individuel. Cet habitué du podium (il s’agit de sa troisième victoire) a entraîné beaucoup d’IP présents et continue à leur prodiguer ses conseils : « Pour gagner, il faut vraiment s’entraîner très régulièrement. Comme un sportif de haut niveau. Être un bon IP exige d’être curieux, observateur. Il faut toujours se demander pourquoi tel matériel est à tel endroit, à quoi il sert… » Des conseils visiblement déjà appliqués par la jeune génération car l’ADC Mathieu** est talonné de près par le sergent Gwénael** qui se hisse à la deuxième marche du podium expert, un mois et demi seulement après sa sortie de formation. La relève est assurée !
*Véhicule de combat d’infanterie chinois
**Les prénoms ont été changés
Contenus associés
Biomemory lance des cas d'usage avec le ministère des Armées pour explorer le stockage de données sur ADN
Biomemory, startup française Deeptech spécialisée dans le stockage de données sur ADN, annonce le lancement de plusieurs cas d'usage avec le ministère des Armées, associant le Commandement du combat futur (CCF) de l'armée de Terre et le Commissariat au numérique de défense (CND).
15 juin 2026
Résultats de l'armée de champions
Retrouvez tous les derniers résultats des compétitions internationales du 01 au 07 mai 2026.
09 juin 2026
Résultats de l'armée de champions
Retrouvez tous les derniers résultats des compétitions internationales du 18 au 31 mai 2026.
02 juin 2026