Les armées se dotent d’une doctrine militaire de lutte informatique d’influence (L2I)
La ministre des Armées, Madame Florence Parly a présenté ce mercredi 20 octobre 2021 en présence du chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, l’action des armées dans le domaine de la lutte informatique d’influence (L2I).
La guerre de l’information au sein du cyberespace fait dorénavant partie intégrante de toute stratégie militaire.
L’avènement du numérique contribue à l’accélération de circulation d’informations vraies et fausses et augmente simultanément leur volume, leur portée et leur résonance. Des agresseurs potentiels disposent ainsi de la capacité à mobiliser rapidement la violence, en parole et en actes et fragilisent la légitimité des différents acteurs du règlement d’une crise. La guerre de l’information s’est déployée dans le cyberespace, y trouvant un terreau particulièrement fertile.
Le durcissement de la compétition entre grandes puissances et la désinhibition de certains acteurs régionaux ont imposé la guerre de l’information comme partie intégrante de toute stratégie militaire. Si, dans le passé, les conflits armés s’inscrivaient dans un continuum paix – crise – guerre, l’environnement stratégique actuel des armées s’apparente désormais à un triptyque compétition – contestation – affrontement.
La doctrine militaire de lutte informatique d’influence (L2I) vient organiser et structurer le combat de l’information mené dans le cyberespace
La lutte informatique d’influence (L2I) désigne les opérations militaires conduites dans la couche informationnelle du cyberespace pour y détecter, caractériser et contrer les attaques, renseigner ou faire de la déception, de façon autonome ou en combinaison avec d’autres opérations.
L’emploi de la L2I est encadré et soumis, comme toute autre arme ou méthode de guerre, aux principes et règles du droit international. Les opérations de L2I se déroulent exclusivement en dehors du territoire national.
La conquête, puis la maîtrise de la supériorité dans le champ informationnel sont devenues des conditions de la supériorité opérationnelle. Encadrées par la doctrine de L2I, les armées travaillent à détecter, caractériser et contrer les attaques informationnelles susceptibles de nuire à la réputation des armées et à entraver le déroulement de leurs opérations.
Conduites dans le cadre d’un engagement des forces armées, les opérations de L2I sont partie intégrante de la manœuvre interarmées. S’inscrivant en cohérence avec la STRATCOM ministérielle, elles peuvent être coordonnées avec l’action d’autres ministères et, dans le cadre d’une opération interalliée, avec les structures dédiées développées au sein d’organisations internationales dont la France est membre ou constituées pour la circonstance.
Pour réaliser les opérations de L2I, le chef d’état-major des armées s’appuie sur le commandant de la cyberdéfense (COMCYBER) et sur des unités spécialisées. L’ensemble des opérations de L2I sont menées dans le strict respect du droit national et international, et se déroulent dans un cadre exclusivement limité aux opérations militaires, à l’extérieur du territoire national.
La maîtrise du champ informationnel numérique requiert le maintien de connaissances au meilleur état de l’art dans les domaines techniques associés.
Entre influence et cyberespace, la L2I requiert des compétences très variées et de haut niveau : spécialistes de l’environnement informationnel et cognitif, linguistes, infographistes, psychologues, sociologues, viennent s’ajouter aux combattants aguerris précédemment dans d’autres métiers. La capacité à veiller des réseaux, à détecter des contenus et à analyser un environnement est liée à des outils spécifiques en constante évolution, utilisant les technologies de traitement des informations en masse (big data) et d’intelligence artificielle.
La Loi de Programmation Militaire 2019-2025 consacre à la cyberdéfense des moyens à la hauteur des défis identifiés. L’actualisation de la revue stratégique de 2021 a encore renforcé la priorité accordée à ces moyens. Ainsi, le ministère des armées au augmenté de 770 son objectif initial de recrutement de 1 100 cyber combattants supplémentaires. Il consacrera près d’1,7 Md€ à ce nouveau domaine d’affrontement. Une partie de ces moyens sera consacrée à la L2I.
Allocution de la ministre des Armées, Madame Florence Parly et du chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard
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