[PODCAST] Secret Rookie, épisode 2 : « A la DRM, j’ai l’impression d’être acteur de ma propre série »
Ils viennent de terminer leurs études et travaillent à la Direction du renseignement militaire. Dans notre podcast « Secret Rookie », les jeunes recrues de la DRM vous dévoilent les coulisses de leur premier job… Pour ce 2e épisode, la parole est à Maxime, notre responsable de l’intelligence artificielle.
Pour ce deuxième épisode de « Secret Rookie », la parole est à Maxime*. Dans le cadre de son école d’ingénieurs, il effectue une alternance de deux ans dans notre centre cyber, le CRAC. A son issue, il est recruté début 2023 comme agent civil sous contrat. Il intègre alors le bureau Artemis, notre plate-forme big-data qui a vocation à accueillir toutes nos données de renseignement. Au printemps dernier, nouvelle promotion : Maxime est chargé de diriger notre équipe intelligence artificielle, l’une de nos priorités pour les années à venir !
Des premières missions dans le monde du #renseignement que ce fan de séries et d’animés raconte avec passion. « A la DRM, j’ai l’impression d’être acteur de ma propre série… », nous dit-il.
Ecoutez-le et vous comprendrez pourquoi !
* Le prénom a été modifié
VIDEO / Je suis vraiment très inspiré par les séries. Et donc aujourd'hui, au sein de la Direction du Renseignement Militaire, j'ai vraiment l'impression d'être acteur de ma propre série. Salut, je m'appelle Maxime, j'ai 25 ans et je suis chef de l'équipe intelligence artificielle à la Direction du Renseignement Militaire. Et la DRM, c'est mon premier job. J'ai toujours été inspiré par les séries. Dès le collège, dès la quatrième, je découvre un animé qui s'appelle EyeShield21, un animé sur le football américain. Et puis là, ça me motive. J'ai envie de commencer ce truc-là. Et donc là, je suis parti sur quatre, cinq ans de football américain où j'ai joué en tant que quarterback dans une équipe en province. J'ai adoré ça. Et puis, quand j'arrive au lycée, il y a une autre série qui sort, en tout cas les dernières saisons d'une série qui s'appelle Le Bureau des Légendes. Et donc là, je découvre au travers de cette série, le monde du renseignement, la cyber, l'informatique, etc. Et puis, quand je découvre le Bureau des légendes, travailler pour le ministère des Armées en cyber, c'est quand même un peu le Graal. C'est un peu ce qui va orienter mon parcours sur la suite.
J'ai envie de faire ça. J'ai envie d'être dans cette série-là. J'ai envie de vivre comme les mecs de cette série-là. Dans l'optique de vraiment faire de la cyber, je vais en Terminal, scientifique, spécialité mathématiques, parce que j'ai déjà conscience que ça m'aidera un peu plus que la Terminal spécialité philosophie, par exemple. Bref, je vais en mathématiques, en sciences et j'adore ce que je fais. J'adore ce que je découvre, les sciences fondamentales. Sauf que je suis dans un petit lycée de province qui n'a pas pour habitude d'envoyer les gens en prépa. Donc, naturellement, mes profs m'orientent plutôt vers un DUT réseaux et télécommunications dans lequel on a un aspect qui est beaucoup plus proche des sciences fondamentales, des mathématiques, de la physique qui me plait. Moi, je kiffe les maths et donc à ce moment-là, j'ai envie plutôt de me diriger vers ce DUT-là plutôt que vers un DUT informatique où on fait plus du développement, où on fait plus des choses au niveau sens abstraite qui me touche moins que les maths. Ça se passe très bien. Moi, je kiffe ces deux ans. Je trouve ça génial. C'est vraiment deux ans que j'adore, qui commencent à faire naître aussi dans ma tête l'idée de me diriger plus tard vers une école d'ingé en cyber, etc.
Là, je passe le concours d'une très bonne école d'ingénieur en région parisienne. Je rentre à la base pour faire ce cursus cyber. Je me rends compte qu'en cyber, je trouve pas ce que j'aimais. Moi, ce que je kiffais, les maths, les sciences, etc. Ça, je ne le retrouve pas en cyber. Je me dirige naturellement vers un double cursus en intelligence artificielle. Et puis, dans le cadre d'un forum, dans l'école, le ministère des Armés est présent sur son stand. Et puis, il y a la direction du renseignement militaire qui est là, au travers de son centre cyber, c'est le CRAC, et il cherche un alternant. Et moi, je cherche une alternance, donc ça matche. Je m'entends très bien avec la personne qui sera plus tard mon tuteur. Je commence cette alternance-là au sein du CRAC sur une mission qui est quand même très orientée cyber, où en gros, on m'apporte des disques durs qui viennent des théâtres d'opérations qui viennent d'un peu partout dans le monde avec des tera et des tera octets de données, des images, des vidéos, des photos. Il y a vraiment plein de choses. Je me dis que pour traiter ce truc-là en moins de 48 heures, parce que c'est un peu la contrainte qu'on nous donne, il faut que je fasse appel à mes compétences en intelligence artificielle.
Je vais participer à la conception d'un outil qui a vocation de sortir la donnée importante pour que les militaires en opération, en moins de 48 heures, ils aient cette donnée-là. On conçoit cet outil de A à Z et puis, il fonctionne, il marche bien, ça répond aux attentes. Là, moi, en tant que jeune alternant, je me retrouve à préparer des présentations pour le directeur du renseignement militaire, pour des autorités du ministère des Armées. Je ne m'attendais pas à ça. Je change complètement de mission, en tout cas de dimension aussi à ce moment-là. Puis, à la fin de cette alternance, au bout de deux ans, la DRM me propose un autre contrat, un CDI, au sein de l'équipe qui s'appelle Artemis. Artemis est un projet IA/big data qui a vocation à acquérir toutes les données du renseignement d'intérêt militaire. Il faut le voir comme un puits de données dans lequel on vient mettre toutes les données de la DRM. Vraiment, ce projet Artemis, en tout cas, j'ai travaillé pendant deux ans et puis là, je bascule d'un travail où j'étais vraiment les mains dans le cambouis dans de la technique, dans du développement, dans du code, à quelque chose d'un peu plus abstrait, de la conception, de l'architecture.
En tout cas, je bascule encore une fois de mission. Je commence à parler avec des industriels qui travaillent avec le ministère des Armées. Je commence à prendre beaucoup de responsabilités, puis ça m'en donne le vertige. Je suis encore assez jeune et puis avoir toutes ces responsabilités-là, ça me donne le vertige. Donc, j'ai un chef à ce moment-là qui est très bien et qui me guide et qui m'appuie, qui me permet de remettre un peu les pieds sur terre et la tête sur les épaules et de quitter cette approche un peu vertigineuse que j'avais pour me réorienter sur un truc un peu plus terre à terre. Le travail au sein d'Artémis est bouclé. J'ai accompli la mission qui m'avait été donnée au sein d'Artémis. Et puis, au printemps dernier, on me propose de concevoir, de construire et puis de diriger l'équipe intelligence artificielle de la direction du renseignement militaire. Je change encore une fois de métier. J'étais dans du management de projets, puis là, je bascule dans du management d'équipe où on me demande de plutôt travailler sur du recrutement, sur de la logistique, sur évidemment la mise en place de la feuille de route et des tâches très techniques.
Donc, je Ça ne me quitte pas totalement l'intelligence artificielle, bien au contraire, mais je change encore une fois de mission. Ça me plaît parce que l'intelligence artificielle, et notamment la science des données en général, pour un service de renseignement comme la DRM, c'est capital. On voit passer, comme je le disais au début, des teras et des tera-octets de données. Puis, il faut les traiter rapidement parce que les militaires déployés en opération ont des contraintes temporelles qui sont parfois assez difficiles, assez restreintes. L'IA, c'est vraiment ce qui permet, au sommet de la pyramide de la science des données, c'est vraiment ce qui permet de traiter la donnée de manière efficace, rapide et de manière performante, tout simplement. On est vraiment là, encore une fois, dans un tournant au niveau de ce domaine-là. On change de dimension avec l'apparition des nouvelles technologies dont tout le monde a entendu parler, ChatGPT, les LLM, etc. Donc, participer à la construction de cette chose-là et C'est encore une équipe qui vit aussi au jour le jour en fonction des besoins qui sont remontés par les militaires en opération, qui sont remontés par les analyses de la DRM. C'est des missions aussi qui se construisent au fur et à mesure avec des nouveaux besoins.
On voit apparaître un nouvel armement sur un tel opération, on va concevoir un algorithme qui permettent de détecter ou de reconnaître cet armement-là. C'est le genre d'exemple que l'on peut donner sans trop de trahir de secret, l'armement étant au cœur des missions de la DRM. Concevoir des algorithmes qui permettent de reconnaître dans les images des types d'armements bien particuliers, ça fait vraiment partie des missions que l'on a au quotidien. Être capable de traduire des dialectes ou des langues que l'on voit peu dans la vie de tous les jours, mais que l'on rencontre sur l'état d'opération, ça fait aussi partie de nos missions. L'IA, ça trouve son application dans le monde de la finance, dans le monde de la recommandation publicitaire. Les recommandations de Netflix, par exemple, c’est de l'IA. Donc, pouvoir concevoir et construire des algorithmes d'IA qui ont un sens et qui, parfois, sauvent des vies ou parfois, participent au succès d'une opération militaire, pour moi, c'est ce qui me motive tous les jours et c'est ce pourquoi je travaille à la direction du renseignement militaire aujourd'hui. Si je peux me permettre de donner un conseil aux étudiants en informatique, par exemple, qui nous écoutent, c'est de ne pas perdre de vue le sens et la finalité de son travail.
C'est ce que vous ferez plus tard en informatique, que ce soit de l'IA ou du développement, peu importe. C'est de le faire pour une cause qui vous, vous motive et qui vous semble juste et qui vous semble noble, en tout cas. Donc, travailler et sans perdre de vue cette finalité-là, je pense que c'est essentiel. Il faut également savoir écouter sa voix intérieure, même si le parcours semble parfois miné, quand on a envie de faire quelque chose, quand on est inspiré par quelque chose et qu'on a envie d'atteindre ce truc-là, je pense que c'est important d'écouter sa voix et de faire en sorte de l'atteindre. Je pense qu'il y a plein de parcours qui permettent d'atteindre un même objectif. Prendre celui qui vous semble bon est la meilleure option, de toute façon, quitte à se réorienter plus tard, ce n'est pas très grave. Moi, j'ai toujours été, comme je disais au début, inspiré et motivé par les séries. Et puis aujourd'hui, à la direction du renseignement militaire, j'ai vraiment l'impression d'être acteur de ma propre série.
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