[PODCAST] « Secret Rookie », ép. 5 : « La DRM offre une vision incomparable sur les coulisses de l’actualité internationale »
Ils viennent de terminer leurs études et travaillent à la Direction du Renseignement Militaire. Dans notre podcast « Secret Rookie », nos jeunes recrues vous dévoilent les coulisses de leur premier job. Pour ce cinquième épisode, la parole est au lieutenant Camille*, le responsable de l’imagerie commerciale au sein de notre centre spécialisé en renseignement image.
Pour ce cinquième épisode de « Secret Rookie », la parole est au lieutenant Camille*.
En 2015, l’année de ses 18 ans, il est très marqué par les attentats commis en France. Il s’intéresse alors au monde du renseignement.
Quelques années plus tard, dans le cadre de son Master 2 en intelligence économique, il effectue une alternance au Commandement de la cyberdéfense, le Comcyber, qui le convainc de devenir militaire. À la suite de cette alternance, Camille s’engage comme officier sous contrat à la DRM. Après avoir effectué ses classes, il rejoint notre centre spécialisé en renseignement d’origine image, le CF3I, à la rentrée 2022.
Aujourd’hui responsable de l’imagerie commerciale, c’est-à-dire des relations avec les opérateurs satellites privés, le lieutenant Camille nous raconte ses premiers pas d’officier renseignement entre son bureau situé au Pôle interarmées de Creil-Senlis, les visites chez les industriels ou sur de grands salons internationaux, et ses missions sur des théâtres de guerre. Un quotidien bien loin de celui de ses camarades de promo…
[*Le prénom a été changé]
Ecoutez le podcast :
VIDEO / La DRM permet d'avoir une vision incomparable sur les tendances du monde, un peu les coulisses de ce qui se passe dans l'actualité internationale. Bonjour, je suis le lieutenant Camille, j'ai 27 ans. Je suis Responsable de l'accès à l'imagerie commerciale à la Direction du renseignement militaire et la DRM, c'est mon premier job. Je viens du sud de la France. J'ai fait un bac ES en 2015. C'était l'année de mes 18 ans, mais c'était aussi l'année des attentats en France. Ça m'a beaucoup marqué et ça a aussi participé à l'évolution de mon parcours. J'ai fait ma licence de sciences politiques, puis après, je suis monté à Paris. J'ai fait deux masters. Je voulais travailler dans l'environnement de la sécurité et de la défense nationale dans un service de renseignement. Dans le cadre de mon deuxième master en intelligence économique, qui permet de se former au métier du renseignement, j'ai fait une alternance au COMCYBER, au ministère des Armées. Le COMCYBER, le commandement de la cyber défense, c'était ma première expérience dans un environnement militaire. Je n'avais aucune culture militaire de par ma famille ou des amis. Et ça m'a particulièrement plu, à tel point qu'à la fin de mon alternance, j'avais l'envie de rejoindre les armées.
Le premier critère, lorsqu'on envisage de rentrer dans l'armée, c'est la motivation. Si on est motivé et qu'on sait où on va, on a déjà fait 80% du chemin. Le moyen de recrutement le plus simple pour un jeune en fin d'études qui a envie de s'engager pour son pays, c'est la procédure officier sous contrat qui permet en trois mois d'être formé au rudiment de la vie Militaire et d'intégrer une unité très rapidement par la suite. Moi, je savais que j'allais aller à la direction du renseignement militaire, plus particulièrement au CF3I, qui est un des cinq centres experts de la DRM et qui, lui, est expert dans le ROIM, ce qu'on appelle le ROIM, le renseignement d'origine image. J'intègre la DRM et son centre expert de l'imagerie sans avoir aucune connaissance dans l'environnement de l'imagerie. J'ai un profil assez généraliste. Le gros avantage de rentrer en tant que militaire, c'est qu'on va être formé de A à Z sur des compétences assez rares, des choses qu'on ne ferait pas dans le civil. Lorsque j'arrive au CF3I, je gère la section pilotage. Très vite, une nouvelle tâche m'est donnée, c'est le développement des accès commerciaux. Ça signifie développer un nouveau type d'accès à l'image.
Au CF3I, on a différents types d'accès. On a l'accès patrimonial, donc les satellites qui nous appartiennent, qu'on appelle CSO. Le troisième a été mis en orbite très récemment. Ce sont des satellites militaires qui ont une mission purement militaire. La deuxième famille, c'est l'accès partenarial. C'est les accords qu'on va passer avec des pays partenaires pour échanger de l'imagerie, un système de troc. Et la troisième famille d'accès, c'est l'accès commercial, ce qu'on appelle le « new space ». Ça caractérise la démocratisation de l'accès à l'espace. Aujourd'hui, ce n'est plus uniquement des États qui ont accès à l'espace, mais c'est aussi des entreprises privées. On le voit avec l'entreprise d'Elon Musk, SpaceX. C'est comment on va tirer bénéfice de la multitude d'objets qui sont envoyés dans l'espace pour améliorer notre capacité à récupérer de l'information. Concrètement, la mission, c'est de définir le futur outil qui nous permettra d'avoir accès à de l'imagerie commerciale, établir une veille sur ce qui se fait. On a forcément aussi des relations avec les industriels. On se déplace aussi sur des salons un peu partout dans le monde. On a vraiment une mission de cartographier l'ensemble de l'état de l'art, ce qu'on appelle l'état de l'art, donc tout ce qui se fait dans le domaine.
Dans quelques mois, je vais quitter mon poste de Responsable des accès commerciaux. Je vais être « senior ROIM », une sorte de représentant du Centre Expert Images, directement auprès des chefs. C'est un poste très responsabilisant. En trois ans, forcément, le bilan est très positif. Si je me compare un peu avec mes camarades de promotion à la fac. C'est vrai que mon quotidien est très différent. À la DRM ou ailleurs, on travaille pour un intérêt commun. Ça donne du sens au quotidien. Et puis, en trois ans, si on fait le bilan, j'ai fait trois postes différents qui qui m'ont permis d'avoir une vision différente de ce que faisait le centre. J'ai fait deux missions dans des coins du monde où je ne serais jamais allé pour faire du tourisme. Si j'avais des conseils à donner à des jeunes qui nous écoutent, c'est déjà ne pas se fermer de portes. Quand on rejoint un service de renseignement, on le fait quand on est curieux et quand on a envie de comprendre ce qui se passe dans le monde. À la DRM, mais aussi dans les armées, on est tous un micro maillon de la chaîne, mais on est quand même un maillon.
Et la DRM, comme les autres services du Premier Cercle, permet d'avoir une vision incomparable sur les tendances du monde et comment notre monde évolue, un peu les coulisses de ce qui se passe dans l'actualité internationale.
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