Rivalités de puissance et hybridité

La DGRIS analyse sur la durée la stratégie des grands acteurs qui façonnent l’environnement stratégique dans lequel la France doit et devra se mouvoir. Elle se concentre tout particulièrement sur les adversaires et compétiteurs de la France, dont elle tâche de discerner les intentions et la stratégie, et plus largement sur les grandes menaces auxquelles le pays doit faire face. 

Stratégies hybrides - © DGRIS

Pour ce faire, la DGRIS adopte une approche par acteur d’intérêt ou par zone géographique, avec des experts spécialistes des grands compétiteurs. Elle réalise également des travaux sur l’analyse de la conflictualité hybride et assure une vue d’ensemble sur un champ particulièrement composite.

Durant l’année 2025, ont ainsi été produites des notes d’anticipation relatives aux stratégies des grands compétiteurs de la France, aux principales menaces et enjeux régionaux de puissance ayant des effets sur les intérêts de sécurité français. Un lien étroit a été maintenu dans ce domaine avec les acteurs interarmées, EMA/CPCO principalement, pour contribuer à leur appréciation des grandes tendances liées aux menaces les plus dimensionnantes.

Enfin, sur les sujets relatifs à l’hybridité, la DGRIS a notamment conduit, au sein du Ministère, des travaux de conceptualisation approfondis sur la grammaire stratégique associée à la conflictualité hybride, et, vers l’interministériel, un effort en faveur d’un renforcement de la structuration de l’État en la matière.

Certains de nos compétiteurs stratégiques recourent désormais systématiquement à ces modes opératoires, entretenant une incertitude permanente sur leurs finalités, qui est porteuse d’un risque significatif d’escalade militaire. Il s’agit donc d’une tendance lourde de l’évolution de notre environnement stratégique caractérisé, par ailleurs, par la remise en cause des équilibres internationaux existants, le durcissement des rivalités interétatiques, l’enhardissement de puissances régionales et les effets de rupture liés aux nouvelles technologies, notamment numériques et spatiales.

Les stratégies hybrides sont de nature à faciliter insidieusement l’obtention de gains – politiques, territoriaux, économiques – en combinant des modes d’action militaires et non militaires, directs et indirects, légaux ou illégaux, tels que l’utilisation de groupes armés, le cyber, le spatial, la manipulation de l’information ou l’instrumentalisation du droit. Elles se distinguent donc par un haut niveau d’intégration des moyens – civils, militaires et de renseignement – ainsi que par une ambiguïté jouant avec différents seuils, notamment celui du conflit armé interétatique. Elles peuvent aussi être employées dans le cadre d’une gestion volontaire d’escalade et accompagner, intentionnellement ou non, un conflit armé susceptible d’évoluer vers une confrontation de haute intensité.


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