Entretien avec le capitaine de frégate Cyril C., attaché de défense non résident en Uruguay

Direction : DGRIS / Publié le : 11 mai 2026

La France et l’Uruguay entretiennent des liens, qui remontent à la création de l’État uruguayen, en 1825. Sur le plan militaire, la relation s’est structurée autour de l’accord de coopération en matière de défense signé le 28 octobre 2015. Nous avons rencontré le CF Cyril C., attaché de défense non résident en Uruguay.

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Comment définir la relation de défense entre nos deux pays ?

La relation entre la France et l’Uruguay reste dynamique malgré la « tyrannie des distances ». En effet, nos moyens militaires sont éloignés de l’Uruguay et les interactions directes entre les unités militaires françaises et uruguayennes sont assez rares. Néanmoins, grâce à la sincère amitié entre nos deux peuples et à une véritable convergence dans nos conceptions de l’Etat de droit et du multilatéralisme, nous parvenons à structurer notre relation bilatérale de défense autour d’enjeux et de priorités communs.

 

Quels sont justement ces grands enjeux et priorités qui structurent la relation bilatérale de défense ? 

Comme pour l’ensemble de la zone Amérique latine, une des priorités de la France est de soutenir l’effort capacitaire de nos partenaires. Elle le fait en proposant des équipements et des projets d’armement neufs ou d’occasion à notre partenaire. Au-delà de la présentation de ces matériels et d’appui des initiatives des entreprises de notre base industrielle et technologique de défense, mon rôle est de rassurer le partenaire sur le soutien gouvernemental à ces projets d’acquisition. Je fais également le lien entre les industriels, la DGA mais aussi l’EMA et le BRI d’armées, afin de développer des projets de coopération. Le but est de structurer notre relation dans la durée.

J’ai également pour rôle de développer des projets de coopération concrets basés sur les enjeux et priorités de la France et de l’Uruguay, tels que :

  • La formation des cadres grâce aux offres proposées par les armées et la DCSD (Direction de la Coopération de sécurité et de défense) ou les cours de français ;
  • L’échange d’expérience sur nos domaines d’expertise et d’intérêts convergents, comme la sécurité maritime ou les opérations de maintien de la paix. 

Enfin je développe des liens étroits avec les autorités militaires et civiles du ministère de la Défense uruguayen pour faire progresser notre influence et appuyer l’action diplomatique de notre ambassade.

 

Quelles sont les spécificités de vos missions d’attaché de défense non résident (ADNR) dans ce pays, au regard du contexte local et régional ?

La spécificité du rôle d’un attaché de défense non résident (ADNR) est son absence physique au quotidien dans le pays auquel il est rattaché. Cette particularité m’impose de prioriser de manière d’autant plus rigoureuse mes actions. Celles-ci doivent s’insérer dans mon agenda contraint par mon rôle d’attaché de défense résident en Argentine et mon rôle d’attaché de défense non-résident au Paraguay. Cela nécessite un dialogue et une coordination très étroits avec Madame l’Ambassadrice de France en Uruguay afin de l’appuyer au mieux dans ses missions, malgré ma relativement faible présence et ma connaissance moins profonde des particularités de son pays. Néanmoins, dans le cas de l’Uruguay, je suis à même de me rendre assez régulièrement dans le pays depuis Buenos-Aires, car la traversée en ferry est peu couteuse et rapide. Je parviens donc quand même à conserver une certaine proximité avec mes interlocuteurs, tant de l’ambassade que de mon pays de non-résidence.

 

Quels seront les prochains temps forts ou rendez-vous structurants de la relation bilatérale de défense entre la France et l’Uruguay ?

En l’absence d’un dialogue stratégique dédié ou de réunions d’état-major formalisées, les temps forts entre nos deux pays sont rythmés par :

  • Les cérémonies nationales et militaires uruguayennes ;
  • Les remises de prix aux élèves des écoles militaires ;
  • Les rencontres avec les autorités militaires et politiques selon les besoins exprimés par le partenaire ou par le poste diplomatique. 

A mon sens, l’enjeu est de faire preuve de flexibilité et de montrer à notre partenaire qu’il compte pour nous et que malgré une absence physique au quotidien, nous restons à leur écoute et à leur disposition pour faire progresser notre relation bilatérale.


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