La DGA organise un hackathon pour optimiser la chaîne de commandement

Direction : DGA / Publié le : 08 avril 2026

La sous-direction de l’animation des opérations d'armement, du maintien en condition opérationnelle et de l’international (Sdami) a organisé, le 12 mars 2024 à Balard, un hackathon au bénéfice du projet « Kill Web ». Celui-ci a pour but d’améliorer la fluidité et l’efficacité de la chaîne de commandement, notamment le ciblage, pour répondre aux nouveaux enjeux des théâtres d’opérations. Des nouveaux enjeux dictés par l’évolution des menaces et de leurs performances.

Hackathon Killweb

« Avec le temps dont on dispose, autant vous dire qu’il va falloir couper dans les virages. » Le message du chef du projet Kill Web à la STAT*, est limpide. Le projet Kill Web a été lancé en décembre 2025 et l’expression de besoin doit être formalisée pour le deuxième trimestre 2026. Autant dire demain. L’une des dernières étapes de cette phase s’est tenue à Balard le 12 mars 2026. Il s’agissait d’un Hackathon initié par le service d’architecture du système de défense (SASD) et organisé par la Sous-direction de l’animation des opérations d'armement, du maintien en condition opérationnelle et de l’international (Sdami). Il a réuni des participants des forces et des unités de management de la Direction des opérations, du maintien en condition opérationnelle et du numérique (DOMN) concernées par le sujet. A savoir l’UM Circea**, l’UM CTer*** et l’UM A3D****.

Quatre équipes de 10 participants issus de la DGA et des forces échangent sur leurs expériences, partagent leurs connaissances et cogitent pour définir ce que devra être le futur « système de systèmes Kill Web ». Selon sa définition officielle, celui-ci doit permettre l’automatisation des actions de préparation et de conduite du ciblage et des appuis feux interarmées. Dit plus simplement, il doit permettre d’accélérer, d’optimiser et d’automatiser en partie la chaîne de décision et d’action sur un théâtre d’opération. L’objectif est d’accélérer la mise en réseau de l’ensemble des acteurs d’un théâtre (renseignement, décideurs), que ce soit au niveau opératif ou stratégique.

Cette mise en réseau totale doit permettre de répondre à deux enjeux cruciaux. Le premier est la mise à disposition du bon niveau de renseignement pour les forces de terrain qui mettent en œuvre des armements toujours plus performants. « Qu’il s’agisse d’obus, de missiles, de roquettes, de munitions télé opérées, …, ces effecteurs disposent aujourd’hui de caractéristiques qui bousculent l’organisation d’un théâtre d’opération, explique l'architecte du système de défense – adjoint numérique au SASD. Je m’explique : demain l’armée de terre pourrait par exemple disposer dans son arsenal d’un missile balistique terrestre capable de frapper une cible à 2000 kilomètres, dans ce que l’on appelle le « deep***** ». Elle ne va pas détecter et authentifier cette cible avec ses propres moyens de renseignement. C’est par exemple un capteur spatial que va être capable de faire cela. Or ce genre de moyen est du niveau interarmées, et n’est pas forcément accessible facilement à ce jour par l’armée de terre. ». Nous sommes arrivés à un point où chaque composante (terrestre, navale, aérienne) a besoin de disposer de façon fluide des informations des autres mais aussi du niveau interarmées pour conduire efficacement ses opérations. Ce n’est pas toujours le cas et cela ralenti la prise de décision.

Le deuxième enjeu est la capacité à traiter rapidement la masse d’information qui augmente elle aussi forcément avec l’élargissement du périmètre d’action, corrélé avec l’augmentation massive du nombre de capteurs. « Gardons notre exemple de l’armée de terre, propose l'architecte. Si on considère qu’elle intervient demain dans le deep, cela veut dire que sa zone d’action est largement étendue. Une simple division va alors devoir gérer des centaines de drones pour surveiller son périmètre en plus de ses autres capteurs terrestres ou autres. Elle va également devoir gérer le plus rapidement possible les milliers, voire les milliards d’informations générées. L’enjeu du Kill Web c’est de savoir comment un centre de commandement va traiter sans délai cette massification d’information pour définir le catalogue des cibles mis dans les mains du commandeur, du décisionnaire ultime. C’est-à-dire comment les systèmes que nous devons livrer vont devoir classer les menaces identifiées, sur quels critères établir les priorités d’action et les propositions des effecteurs les plus appropriés pour les traiter. » La réponse fera appel à l’intelligence artificielle. Mais celle-ci n’est qu’une partie de la réponse. Autant elle va s’attacher au traitement et à l’analyse, autant elle ne répondra pas au besoin de la disponibilité des données. Ce critère dépend là encore de l’indispensable mise en réseau des systèmes.

Le Kill Web devra prendre en compte toutes les dimensions. Il sera alimenté en données par tous les niveaux, par toutes les composantes, par tous les systèmes. Il va permettre de fluidifier, d’accélérer et d’optimiser les échanges entre tous capteurs, les décideurs et les systèmes au sein d’une composante ou en inter armées, du niveau tactique au niveau stratégique. Le but de Kill Web c’est in fine transformer les armées en un système de combat global connecté. Mais pas à outrance. Au juste niveau et élaborée pour assurer l’efficacité opérationnelle. 

*STAT : section technique de l’armée de terre

** UM Circea : Unité de management Combat infovalorisé, renseignement, cyber, espace et aéronefs de missions

*** UM CTer :unité de management combat terrestre

**** UM A3D : unité de management action 3D

*****Deep (anglais) : profond (littéral). Comprendre « frappe dans la profondeur » dans son emploi défense


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