Au GSC de Brest, une technicienne en chaudronnerie passionnée par son métier !

Direction : Commissariat / Publié le : 11 septembre 2026

De l'infirmière formée entre 2009 et 2012 à la technicienne en chaudronnerie depuis 2022, découvrez le portrait de Charlotte, affectée au pôle Landivisiau du groupement de soutien Brest, son parcours atypique et sa reconversion engagée en 2015. Une vie professionnelle marquée par la soif d’apprendre et la valorisation du travail manuel. 

Technique de soudure - © Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

Après avoir côtoyé l'intérim puis stabilisé son rythme de travail en CDI dans une entreprise de réhabilitation de conteneurs maritimes pour l'industrie, Charlotte rejoint le ministère des armées en 2022. « J'ai toujours eu à cœur de m'orienter vers un métier au service des personnes mais en tant qu’infirmière et après deux années dans ce domaine, j'ai rapidement ressenti que cela ne correspondait pas réellement à mes envies. Avant d’exercer le métier de technicienne en chaudronnerie, je n'avais aucune aptitude manuelle et n'éprouvais aucun désir de bricoler ! Pourtant c'était précisément ce que je cherchais : plonger dans un monde dont je n'avais aucune notion et relever un défi. Alors en 2015, j'ai décidé de me reconvertir. Je souhaitais travailler une matière, travailler de mes mains tout en continuant d'exercer ma réflexion. La chaudronnerie répondait parfaitement à toutes ces attentes : analyser un plan, travailler le métal, le façonner, souder, boulonner... Et surtout, voir le résultat final. C'est profondément valorisant » confie-t-elle. 

Charlotte devant son matériel de soudure © Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

Charlotte devant son matériel de soudure Charlotte dans le magasin Lot de tubes de métal utilisés dans différentes créations

Image 1 sur 3

Pour devenir technicienne en chaudronnerie industrielle, Charlotte a suivi une formation pour adulte « bac pro TCI - technicien en chaudronnerie industrielle » au sein de l’union des industries et métiers de la métallurgie de Brest (UIMM), anciennement appelée association de formation professionnelle de l'industrie (AFPI). « Au départ, j'ai dû revenir aux bases des mathématiques, ce qui ne m'a pas été particulièrement difficile. Le reste est venu avec la pratique. J’exploite mon gout pour les travaux manuels et cela me passionne. Je ne suis pas déçue de ce changement de cap. Lorsqu'on m'a parlé d'un concours pour intégrer le statut d'ouvrier de l'État au sein du ministère des armées, j'ai tenté ma chance car ce qui m'a convaincue, c'est la place accordée à la prévention et au bien-être des personnels au sein des services. J’ai tout de suite été parfaitement intégrée aux équipes. Des préventeurs sont présents pour analyser nos conditions de travail et nous fournir les équipements de manutention adaptés pour faciliter les travaux les plus lourds. Cette attention portée à la sécurité et à la préservation de notre capital physique fait toute la différence pour moi et m'a permis d'envisager ce métier sur le long terme, sereinement au sein de la fonction publique d’État ».

Charlotte devant une plieuse manipulant une pièce de métal © Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

 Charlotte devant une plieuse manipulant une pièce de métal Charlotte manipulant une tôle Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

Image 1 sur 3

Au sein du groupement de soutien Commissariat de Brest, aucune journée n’est semblable à une autre. « Le quotidien varie selon les missions : on peut être appelé sur un chantier ou effectuer des reconnaissances sur des sites futurs afin d'anticiper l'organisation des travaux. À l'atelier, l'autonomie est totale. Je peux organiser mon temps de travail comme bon me semble, à condition de garder à l'esprit les objectifs fixés. C'est un atout majeur. Et si je rencontre un blocage ou ai besoin d'un soutien, je sais pouvoir compter sur mes collègues. Ensemble, nous trouvons des solutions, souvent autour d'un café qui permet d'échanger et de resserrer les liens.

Mon environnement de travail est réellement stimulant. À l'atelier, je dispose d'un box personnel, équipé des outils essentiels pour rester autonome et créer ma « bulle » de concentration lorsque nécessaire. J'ai accès à l'ensemble des machines-outils au fil de l'avancement des projets.

C'est cette liberté qui rend l'univers des armées si particulier. Dans le secteur privé, il est rare d'offrir une telle autonomie sur l'ensemble des postes et des projets. Ici, le travail est motivant et source de fierté. Cela se ressent directement sur la qualité du travail produit ». 

Au sein du groupement de soutien Commissariat de Brest, aucune journée n’est semblable à une autre. © Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

Au sein du groupement de soutien Commissariat de Brest, aucune journée n’est semblable à une autre. Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense Charlotte devant son matériel de soudure

Image 1 sur 3

Quand on demande à Charlotte la compétence primordiale pour exercer dans le domaine de la chaudronnerie, elle n’hésite pas une seconde : « La lecture de plan est une compétence indispensable en chaudronnerie. Une excellente vision spatiale est indispensable : les différentes vues d'une pièce doivent s'articuler parfaitement pour que tous les éléments concordent. La maîtrise des machines-outils est également primordiale. Elle permet de façonner la matière avec précision, dans les règles de l'art et surtout en toute sécurité. Il ne faut jamais oublier notre vulnérabilité face à ces outils qui plient et découpent des tôles pouvant atteindre 10 mm d'épaisseur. Il faut rester concentré et vigilant en permanence : un doigt mal placé peut avoir des conséquences dramatiques. Il est également essentiel de connaître les différentes méthodes d'assemblage — soudure, boulonnage, rivetage — afin de choisir la plus adaptée à chaque projet. La connaissance des matériaux, de leurs résistances et de leur dureté, s'acquiert avec le temps, l'expérience et les projets accomplis. On apprend chaque jour. C'est là toute la richesse de ce métier : la connaissance via l’expérience est une ressource inépuisable ».

2 meubles sur roulette fabriqués par l'atelier chaudronnerie du pôle GSC Landivisiau © Céline Canon/Dir GSC Brest/SCA/Défense

2 meubles sur roulette fabriqués par l'atelier chaudronnerie du pôle GSC Landivisiau zone de matériel grillagée créée par l'atelier chaudronnerie au profit de l'AIA Landivisiau

Image 1 sur 2

Sa plus grande fierté ? Elle réside dans la diversité des projets auxquels elle participe. « Ils sont souvent liés à l’activité opérationnelle de la base aéronautique navale et au soutien des équipes de maintenance des rafales Marine. L'un des projets qui me rend particulièrement fière est la confection d'une gueuze. Il s'agit d'une pièce destinée à contenir un poids fixe, utilisée pour tester régulièrement les outils de levage par un organisme certifié, afin de vérifier leur capacité portante. Cette réalisation, d'une forme très irrégulière et complexe, a demandé un temps de réflexion considérable. Ce fut un projet particulièrement enrichissant. J’ai également créé une structure permettant de stabiliser les pneus de rafale afin de fixer le circuit de freinage. Cette variété me permet d'employer des techniques différentes à chaque fois et d'alimenter mon apprentissage quotidien. Pour moi, le défi consiste à développer constamment ma palette de compétences : avoir « plusieurs cordes à son arc » et savoir les utiliser à bon escient est primordial. Je souhaite évoluer techniquement tout au long de ma carrière, et les armées offrent cette chance grâce à des opportunités de formation régulières »

Si le métier n’est pas tous les jours facile, Charlotte ne regrette en rien son choix. « La chaudronnerie est un métier physique : les tôles sont lourdes, les manipulations complexes. Et lorsqu'on est une femme dans un milieu masculin, l'intégration peut quelque fois être compliquée. Il y a malheureusement encore certaines réticences à voir une femme en atelier. J'aimais ce que je faisais, mais j'ai eu rapidement conscience que je ne pourrais pas tenir sur le long terme dans un environnement où l'on est parfois laissée seule face à des situations difficiles. Être une femme dans un milieu masculin cela n'a pas été aisé au départ. Lors de mes débuts dans le privé, certains collègues semblaient persuadés qu'une femme n'avait rien à faire en atelier. J'étais alors sous surveillance permanente, chaque erreur potentielle étant vue comme une confirmation de leurs préjugés. Or, les erreurs sont humaines, indépendamment du genre. Cette situation m'a cependant renforcée. Je me suis endurcie sur certains points. Aujourd’hui, je suis très fière de mon parcours ». 


A la une