Être cybercombattant : construire une culture opérationnelle d'excellence

Quand on parle de cyberdéfense, on imagine souvent un cadre strict et des règles rigides. Si la réalité est plus nuancée, la rigueur opérationnelle reste une exigence permanente du fait du contexte opérationnel et des interventions sur des systèmes sensibles.

Cybercombattants du Commandement de la cyberdéfense - © COMCYBER

 Les cybercombattantes et cybercombattants font ainsi face à des menaces concrètes dans le cyberespace. Leur mission est claire : protéger les systèmes des armées, détecter et réagir face aux cyberattaques. Cette exigence repose sur cinq compétences qui structurent le travail des cybercombattants au quotidien.

Vous voulez rejoindre un environnement exigeant ? Et monter en compétences au quotidien ?  Toutes nos offres d’emplois : https://careers.flatchr.io/fr/company/comcyber/Des questions ? Par ici : comcyber.recrutement.fct@intradef.gouv.fr

L'exigence au quotidien

En cybersécurité tout comme dans la cyberdéfense, une erreur peut avoir des conséquences immédiates. Une simple faille peut devenir un point d’entrée pour un attaquant et conduire à une compromission de systèmes sensibles. En conséquence, les cybercombattants et cybercombattantes des armées appliquent des règles strictes au quotidien. Ils vérifient la configuration des systèmes utilisés, contrôlent leur conformité aux normes en vigueur en amont de leur déploiement, testent la protection des systèmes. Ces actions peuvent sembler simples, mais elles sont essentielles pour réduire la surface d’attaque dans le cyberespace. 

Cette exigence demandée dans les tâches du quotidien passe également par une exigence dans les réflexions. Pour réduire la surface d’attaque possible sur un système d’information ou un système d’armes des armées, les cybercombattants doivent penser comme des attaquants. Ainsi, ils anticipent les intrusions et cherchent à bloquer chaque tentative et effectuent des audits de la sécurité en permanence.

« En cyber, une faille = "game over". Mais c'est aussi ce qui rend le job ultra-stimulant : on sait que notre travail compte vraiment. »

Éric

  • Ingénieur en cyberdéfense

Cybercombattants de la Marine nationale © COMCYBER

Cybercombattants de la Marine nationale

L’apprentissage en continu

Le domaine de la cybersécurité évolue rapidement. Les techniques changent en permanence les outils deviennent vite obsolètes et l’innovation est constante. Dans ce contexte, se reposer sur ses acquis est un risque. C’est pourquoi, tout comme dans le monde civil, les cybercombattants se forment en continu et apprennent à utiliser de nouveaux outils. Évolution de la menace cyber, adaptation et utilisation de nouvelles procédures, développement de nouvelles compétences techniques et maintien des connaissances à l’état de l’art sont indispensables pour avoir une cyberdéfense de pointe. 

« J'ai appris quelque chose de nouveau tout juste hier. En cyber, on apprend tous les jours : une nouvelle faille, un outil, une technique... C'est comme un jeu de rôle en ligne multi-joueurs où les quêtes changent sans arrêt. »

Éric

  • Ingénieur en cyberdéfense

Au sein du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), cet apprentissage est structuré. Il repose sur une montée en compétence progressive et collective tout au long de la période d’affectation. Des exercices comme DEFNET ou ORION permettent de s’entraîner dans des conditions proches du réel et de se challenger pour toujours apprendre davantage et mettre en œuvre ses compétences. Aux côtés d’exercices militaires en situation réelle et des entrainements sont proposés par l’Académie de la cyberdéfense (ACy). L’ensemble de ces dispositifs au sein des armées renforce l’aptitude des cybercombattants à  défendre des infrastructures et des systèmes critiques face à des cyberattaques complexes. Ainsi, tous les profils peuvent rejoindre les rangs des cybercombattants. Que ce soit en tant que civil de la Défense ou avec un contrat militaire, les armées recrutent dans le domaine de la cyberdéfense dès le baccalauréat. 

« Il y a une réelle nécessité d'apprendre en permanence, mais c'est aussi ce qui rend le métier passionnant. Aimez apprendre, sinon vous vous ferez dépasser. »

Éric

  • Ingénieur en cyberdéfense

Cybercombattants du régiment de cyberdéfense en exercice © armée de Terre / Défense

Cybercombattants du régiment de cyberdéfense en exercice

Innover pour défendre

Afin de rester toujours à la pointe sur l’état de la menace et les réponses apportées, la cyberdéfense innove en permanence pour faire face à des attaquants toujours plus audacieux. Parce que nos adversaires dans le cyberespace n’ont aucune règle, ils peuvent tester, contourner et exploiter nos failles. C’est pourquoi, les armées françaises innovent et s’adaptent en permanence dans le domaine cyber. Elles développent de nouvelles stratégies et sortent des approches classiques. L’innovation dans la cyberdéfense, c’est également pouvoir remettre en question sa manière de travailler, faire preuve d’audace et d’agilité. L’agilité dans la manière de combattre dans le cyberespace permet de garder un temps d’avance sur nos adversaires. 

Mais innover pour se défendre, c’est également réfléchir autrement et anticiper les menaces possibles  ; à la veille,  est ainsi un élément central du métier de cybercombattant. Dans leur quotidien, les cybercombattants veillent les systèmes, effectuent des recherches sur les vulnérabilités et analysent les techniques d’attaque. 

« En cyber, on a des règles strictes, mais aussi beaucoup d’espace pour innover, c’est d’ailleurs une nécessité. L’excellence, c’est comme un jeu vidéo : tu dois maîtriser les bases, mais après, tu peux trouver des stratégies originales pour gagner. »

Éric

  • Ingénieur en cyberdéfense

La Communauté cyber des armées (CCA), composée de 22 unités, repose sur la diversité de ces profils. Elle rassemble des analystes SOC, des pentesters, des ingénieurs et des techniciens. Cette complémentarité permet de traiter les menaces sous plusieurs angles et d’apporter des réponses plus efficaces.

Cybercombattants pendant ORION © État-major des Armées

Cybercombattants pendant ORION

L’humilité et la cohésion comme moteur de progression

La cyber ne se pratique pas seul. Les opérations militaires dans le cyberespace reposent sur un travail collectif. Chaque membre de l’équipe joue un rôle précis mais complémentaire. Certains analysent les incidents, d’autres développent des outils ou coordonnent les opérations. La performance et le succès des opérations reposent autant sur des compétences techniques que sur la capacité à travailler ensemble et conjointement. Les équipes partagent l’information en temps réel. Elles réagissent collectivement aux attaques et tirent des enseignements de chaque incident. La cohésion est un facteur clé. Elle permet de maintenir un haut niveau de performance et de résilience face à des menaces cyber constantes.

« L’engagement militaire représente pour moi une plongée dans l’inconnu, une découverte permanente pendant laquelle on saisit peu à peu la valeur des relations humaines, l’importance du don de soi au collectif. »

Lieutenant Louis

  • Cybercombattant

Dans un environnement aussi exigeant, l’humilité est essentielle. Aucun expert ne maîtrise tous les aspects de la cybersécurité et apprend en continu. Chaque incident est analysé pour par la suite tirer des conséquences, améliorer les systèmes et renforcer les défenses. 

« Personne ne naît expert. L'excellence, c'est se planter, comprendre, recommencer plus fort. »

Éric

  • Ingénieur en cyberdéfense

Cette capacité à se remettre en question permet de progresser durablement. Elle renforce la performance individuelle et collective. Au COMCYBER, cette culture est pleinement assumée. Elle constitue un levier clé pour maintenir un haut niveau d’exigence.

« Si vous aimez l’aventure, l’expérience humaine et la possibilité d’exercer des métiers hors du commun, rejoignez la cyberdéfense. »

Sergent Mélodie

  • Cybercombattante

Cybercombattant de l'armée de l'Air © COMCYBER

Cybercombattant de l'armée de l'Air

Contenus associés