ORION 26 : en immersion sur le plateau L2I

Direction : COMCYBER / Publié le : 06 mars 2026

À l’occasion de l’exercice interarmées ORION 26, un plateau lutte informatique d’influence (L2I) a été déployé au sein du centre opérations du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER). Les cybercombattantes et cybercombattants ont ainsi pu s’aguerrir à l’influence et à la contre influence dans le cyberespace.

Cybercombattant durant l'exercice ORION 26 - © État-major des Armées

Dans une grande salle plongée dans une semi-obscurité, se joue une autre forme de confrontation militaire. Ici, ni véhicules blindés, ni avions de combat, ni frégates : la bataille est cognitive, numérique et narrative. Nous sommes au cœur du plateau L2I du COMCYBER déployé dans le cadre de l’exercice ORION 26. 

Dans les conflits contemporains, l’influence est devenue une arme stratégique à part entière. Les opérations militaires classiques coexistent désormais avec des campagnes invisibles, menées sur les réseaux sociaux et autre espaces de discussions dont l’objectif est d’influencer, décrédibiliser manipuler…

« Une fausse information peut aujourd’hui produire des effets stratégiques en quelques heures », explique le lieutenant-colonel Nicolas chef du plateau L2I. « Mon métier est d’identifier ces fake-news et de rétablir un narratif factuel mais aussi d’aller chez l’adversaire pour lui porter un message qu’on a envie de lui faire passer. Attention, nous ne faisons pas de la propagande » souligne-t-il. « Nous ne fabriquons pas des mensonges. Nous nous basons sur les faits, afin de mener des actions encadrées juridiquement, assumées et attribuées, visant à défendre la liberté d’appréciation des publics face à des manipulations informationnelles. »

L’Académie de la cyberdéfense aux manettes

C’est l’Académie de la cyberdéfense, en lien avec le COMCYBER et les armées, qui a préparé le scénario cyber d'ORION 26. Pour la L2I, l’Académie de la cyberdéfense a recréé un environnement informationnel complet grâce à l’intelligence artificielle : trois réseaux sociaux fictifs, animés par près de 3 000 avatars aux profils variés, interagissent en continu (25 000 posts par jour). À cela s’ajoutent des sites internet de presse et des webradios, alimentés par des flux d’actualité crédibles avec près de 200 articles par jour, mêlant informations authentiques, rumeurs et fausses nouvelles visant à décrédibiliser les forces armées. Les ‘joueurs’ doivent repérer les signaux faibles, identifier les relais d’opinion, distinguer une polémique spontanée d’une campagne coordonnée. L’IA permet d’introduire de la réactivité et une masse de données importante, simulant un environnement réel.

Cybercombattant durant l'exercice ORION 26 © État-major des Armées

Cybercombattant durant l'exercice ORION 26

Observer, analyser, agir : la mécanique de l’influence

Retour sur le plateau L2I. Derrière son écran, l’adjudant A., analyste traitant L2I, a détecté une nouvelle campagne de désinformation : des messages circulent sur une pénurie de rations de combat. « Ma mission s’articule en trois temps : observer et comprendre la sphère informationnelle d'ORION 26 sur le plan numérique » détaille l’adjudant A. Il doit détecter les campagnes de désinformation ou de manipulation coordonnées visant les forces françaises ou les intérêts nationaux. Dans un second temps il doit analyser les récits hostiles : qui les produit, comment ils circulent, quels publics ils ciblent. Et enfin il doit produire des actions d’influence ou de contre-influence destinées à rétablir un narratif factuel ou à neutraliser l’impact d’une opération adverse.

L’adjudant A. est très satisfait de sa participation à ORION 26 : « C’est un entrainement grandeur nature, qui me permet de me perfectionner, d’analyser et d’acquérir de nouvelles compétences. Dans le monde de l’influence, on a tous conscience de nos biais cognitifs. Les échanges et discussions que nous pouvons avoir nous permettent de nous affranchir de ces biais pour être le plus précis possible »

« ORION 26 est une sorte d’incubateur à idées. Au sein du plateau L2I, nous nous enrichissons mutuellement. C’est un vrai travail d’équipe. »

Adjudant A.

  • Analyste traitant L2I au Centre interarmées des actions sur l’environnement (CIAE)

Un cadre légal strict

Installé non loin du chef de plateau L2I, un militaire suit avec attention le déroulement des opérations. Sur sa bande patronyme est écrit : LEGAD (legal advisor). Le commissaire Damien est conseiller juridique opérationnel. Samission consiste à conseiller juridiquement le commandement dans le respect du droit international dans le cyberespace.

« Parfois quand un analyste L2I m’explique ce qu’il veut entreprendre, j’ai des warnings qui s’allument dans ma tête. Je lui dis stop et ensemble nous redéfinissons le périmètre de l’action pour qu’elle soit valide juridiquement. »

CRP Damien

  • LEGAD sur l’exercice ORION 26

Le commissaire principal (CRP) Damien est en interaction permanente avec les membres du plateau. « Je suis là pour les conseiller et leur rappeler ce qui est légalement possible et prendre en compte leur appréciation et les éventuelles conséquences d’actions sur la population civile qui doit être protégée. C’est une véritable plus-value que d’être intégré directement sur le plateau : ainsi je peux conseiller le commandement le plus tôt possible afin de ne pas perdre de temps. »

Les domaines de luttes informatique

Pour les armées françaises, le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) intervient sur trois domaines : la lutte informatique défensive (LID), la lutte informatique offensive (LIO) et la lutte informatique d'influence (L2I).

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