En immersion dans l’exercice Cyber Humanum Est édition 2026

Direction : COMCYBER / Publié le : 06 février 2026

Du 2 au 4 février 2026, près de 250 étudiants, enseignants chercheurs, militaires et acteurs privés ont participé à la 6e édition de Cyber Humanum Est sur le campus de Telecom Nancy. Organisé par la base de Défense de Nancy et l’université de Lorraine, sous l’égide du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), cet exercice les a plongés dans un scénario mêlant cyberdéfense, stratégie et gestion de crise.

Cyber Humanum Est 2026 - © COMCYBER

Sous les tentes militaires dressées dans un gymnase du campus de Telecom Nancy, règne une certaine effervescence. Alignés devant leurs écrans scintillants, des étudiants scrutent les flux réseau, les journaux d’évènements et les alertes de sécurité. Ces futurs professionnels de la cybersécurité participent au Cyber Humanum Est (CHE), un exercice de gestion de crise cyber plus vrai que nature.

Cette 6e édition du Cyber Humanum Est a été co-organisé par le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), la base de défense de Nancy, l’université de Lorraine, Lorraine INP et la métropole du Grand Nancy. 125 étudiants de niveau Bac+3 à Bac+6, issus de huit établissements nancéiens ont participé à l’exercice ainsi que de l’université de Sherbrooke au Canada.

© COMCYBER

Une forte implication de la réserve opérationnelle du COMCYBER

« Cela fait 11 mois que nous préparons cet évènement avec l’équipe pédagogique » explique le capitaine (R) Jean-Philippe, réserviste opérationnel au COMCYBER et co-fondateur de l’exercice. 95 % de l’exercice a été conçu par l’équipe des réservistes opérationnels (ROPS). Cette année encore, ces derniers se sont inspirés du contexte géostratégique actuel pour imaginer un scénario réaliste : trois pays fictifs, le Cryptanga, l’Anuméric et le Pandalor, s’affrontent dans une cyber guerre intense dans un contexte électoral à haute tension, le tout saupoudré d’intelligence artificielle à travers la manipulation d’informations. Répartis en trois équipes, les étudiants ont pour missions d’identifier et d’exploiter les vulnérabilités des systèmes informatiques et se défendre dans un scénario mêlant lutte informatique défensive (LID), offensive (LIO) et d’influence (L2I).

Le CHE s’ouvre à l’internationale

« Tire-toi une bûche » dit un des étudiants à un de ses camarades en l’invitant à prendre une chaise pour s’asseoir près de lui. L’accent et cette expression typiquement canadienne ne trompent pas. Parmi les participants cette année se trouvent six étudiants québécois de l’université de Sherbrooke. « C’est une super expérience » commente Hugo étudiant en cybersécurité à l’université de Sherbrooke. « J’ai participé à des CTF mais jamais à un exercice de cette ampleur : c’est unique. L’exercice est très réaliste avec des réseaux interconnectés. Nous avons beaucoup de liberté dans les actions que nous pouvons mener. Ça encourage la créativité ». 

« L’équipe est composée d’un grand nombre de profils variés et de formations académiques différentes. Travailler les un avec les autres est très enrichissant. Ensemble nous sommes plus forts. »

Hugo

  • Étudiant en cybersécurité, Université de Sherbrooke

Cyber Humanum Est 2026 © COMCYBER

Cyber Humanum Est 2026

Des juristes sur le front

À l’écart des tentes des différents quartiers-généraux, des équipes se trouve le « Gegout-lag », la prison. À l’intérieur se déroule le jugement d’un espion du Pandalor. Le garde-frontière l’a trouvé devant la tente Anuméric, téléphone à la main et filmant les écrans d’ordinateurs. Les avocats des deux pays se retrouvent devant le juge pour décider de son sort. « C’est une des nouveautés de l’exercice, la présence de juristes issus du DU Sécurité intérieure de la faculté de droit de Lorraine » explique le lieutenant de vaisseau Aurélie, réserviste opérationnelle, qui tient le rôle de juge dans le scénario de l’exercice. Parmi eux Camille : « Nous ne sommes pas familiers à ce type d’univers cyber. Nous sommes là pour les conseiller dans leurs actions à la fois en LID, LIO et L2I. L’équipe nous a tout de suite intégrés. Ils nous expliquent ce qu’ils veulent faire et nous, nous les orientons juridiquement. Nos échanges sont intéressants ».

« Le droit est un outil qui permet de cadrer, de caractériser et parfois de requalifier une opération. »

Lieutenant de vaisseau (R) Aurélie

  • Réserviste opérationnelle de cyberdéfense

Gestion de crise et gestion du stress

Les heures se succèdent et la fatigue commence à se lire sur le visage des étudiants. Pourtant l’activité ne ralentit pas, bien au contraire, les attaques et donc les gestions de crises continuent... En retrait, Armand Manukyan, chercheur en psychologie cognitive au laboratoire 2LPN de l’université de Lorraine, observe les participants. Cette année, les organisateurs ont autorisé des spécialistes en neurosciences à analyser les effets de la fatigue sur le stress. « La fatigue est un catalyseur de stress. Régulièrement tout au long de l’exercice, je place des capteurs sur les capitaines et lieutenants des équipes pour évaluer les facteurs de stress d’un point de vue physiologique » explique-t-il. « En parallèle je leur demande de remplir des questionnaires d’autoévaluation sur leur perception du stress. L’objectif est d’observer l’écart entre la perception et le ressenti. »

Stratégie nationale de cybersécurité

Le Cyber Humanum Est a été l’occasion pour le général de division aérienne Emmanuel Naëgelen, commandant de la cyberdéfense, de rappeler la publication récente de la nouvelle Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030. Commandée par le Président de la République, elle se positionne dans le prolongement de la revue nationale stratégique et fixe la trajectoire de la France pour devenir une nation cyber de premier rang. Elle repose sur cinq pilliers, dont deux particulièrement importants aux yeux du général Naëgelen : le premier est la notion de la cohésion nationale et de la résilience, « sujet où les armées et la nation doivent travailler collectivement ». Second piller important pour le commandant de la cyberdéfense : les talents cyber. « Nous avons une très grande variété de métiers: des postes très techniques d’ingénieurs mais aussi des juristes spécialistes du droit du numérique et de la communicationLa loi de programmation militaire 2024-2030 fait de la cybersécurité un enjeu majeur. Aujourd’hui 4 900 cybercombattants servent au sein des armées. Notre objectif est qu’ils soient 5 500 d’ici à 2030 ».

« On retrouve l'ADN du COMCYBER dans CHE : sport d'équipe et exigence. Ne jamais renoncer, se soutenir les uns les autres. »

Contre-amiral Vincent Sébastien

  • Officier général adjoint au commandant de la cyberdéfense
Prix par équipe
Prix du conseil de paixAnuméric
Prix LIDCryptanga
Prix LIOPandalor
Prix L2ICryptanga
Prix meilleure équipe CHE 2026Cryptanga

Le Commandement de la cyberdéfense recrute

Des postes militaires et civils sont à pourvoir au sein des trois armés, des directions et des services du ministère des Armées et des Anciens Combattants. Ils sont ouverts aux techniciens et aux ingénieurs expérimentés ou sortants d’école, formés au domaine de la cybersécurité

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