La guerre dans le champ électromagnétique : un enjeu stratégique invisible mais déterminant
Au cœur des conflits contemporains, une bataille silencieuse se joue en permanence : celle du champ électromagnétique. Invisible mais décisive, la guerre dans le champ électromagnétique (GCEM) s’impose comme un facteur clé de supériorité opérationnelle.
Un champ d’action invisible mais omniprésent
Radars, liaisons de données, brouilleurs, drones et équipements connectés : aujourd’hui tous reposent sur l’exploitation des ondes électromagnétiques. Qu’il s’agisse d’un poste de commandement déployé, d’un missile guidé ou d’une communication satellitaire, le champ électromagnétique constitue le socle invisible du combat moderne.
Dans un contexte de haute intensité, cette dépendance se renforce encore. La synchronisation des effets, la circulation de l’information et la coordination des unités exigent des flux continus, fiables et sécurisés, indispensables à la conduite des opérations.
Dès lors, le champ électromagnétique s’impose comme un espace de confrontation permanent.
Dans ce type d'environnement contesté, où chaque émission peut être détectée et exploitée, elle devient un facteur clé d’efficacité. Elle conditionne la cohérence des opérations et s’impose désormais comme une composante pleinement intégrée aux manœuvres interarmées.
Les trois piliers de la GCEM
La guerre dans le champ électromagnétique s’articule autour de trois piliers complémentaires : surveiller, protéger et agir.
- La surveillance consiste à exploiter les émissions adverses afin de détecter, identifier et caractériser ses systèmes, tout en contribuant à l’appréciation de situation et à l’anticipation de ses intentions.
- La protection vise à maîtriser sa propre signature électromagnétique afin de limiter les risques de détection, de localisation et de neutralisation.
- L’action regroupe l’ensemble des effets offensifs dans le champ électromagnétique. Elle permet de perturber, dégrader ou neutraliser les systèmes adverses par des actions de brouillage, de leurrage ou des opérations cyber-électromagnétiques.
Une transformation du combat
La guerre dans le champ électromagnétique n’est donc pas un sujet périphérique. Elle traduit une transformation du combat contemporain, marquée par la densification des échanges et la dépendance aux systèmes connectés.
Dans un théâtre d’opérations saturé d’émissions, la maîtrise du champ électromagnétique conditionne directement la liberté d’action et la supériorité opérationnelle. Elle devient un facteur déterminant de l’issue des engagements, en influençant à la fois la perception de la situation et la capacité à agir dans la durée.
C’est tout l’enjeu de la structuration engagée par le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) désigné pour encadrer la guerre dans le champ électromagnétique au sein des armées française. Objectif préparer les armées à évoluer dans un environnement contesté et à s’y imposer, en maîtrisant un domaine désormais essentiel à la conduite des opérations et à la recherche de la supériorité.
Contenus associés
400 ans de la Marine : les marins du cyber prennent part aux célébrations
Réunis le 6 juin dernier, les marins cybercombattants du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) et du Groupement de la cyberdéfense des armées (GCA) ont célébré les 400 ans de la Marine à l’occasion de la journée « Jeunesse Territoires au large » à Rennes.
10 juin 2026
Plutôt Red Team ou Blue Team ? Rejoignez le COMCYBER
Au sein du Commandement de la cyberdéfense, les opérations s’articulent autour de domaines de lutte complémentaires : la lutte informatique offensive et la lutte informatique défensive (sans omettre la lutte informatique d’influence). La Red Team reproduit des scénarios d’attaques réalistes pour tester la robustesse des systèmes d’information. La Blue Team assure la détection, la réponse et le durcissement des infrastructures. Chaque équipe inclue différents métiers.
09 juin 2026
Session d’acculturation des réservistes opérationnels de cyberdéfense : quatre jours sur le terrain pour s'immerger dans le monde militaire
Du 1er au 4 juin 2026, 18 réservistes opérationnels du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) ont participé à une session d'acculturation sur le camp de Coëtquidan situé dans la commune de Guer (56). Le temps de quelques jours, ils ont quitté leur quotidien pour découvrir celui des armées. Reportage au cœur de cette semaine.
08 juin 2026