#AuxClaviersCitoyens | Interview du Général de Corps d’Armée Erwan Rolland

Direction : CND / Publié le : 02 avril 2026

Dans le cadre de l’initiative esportive portée par la Direction au Numérique Zonale Sud-Ouest, le général de corps d’armée Erwan Rolland est revenu sur les enjeux du projet et les perspectives à venir.

Aux Claviers Citoyens ! Interview du Général de Corps d’Armée Erwan Rolland - © CND

Quel est l’objectif principal de l’opération « Aux Claviers Citoyens » ?

L’objectif était multiple : 

  • Faire connaître le CND, organisme nouvellement créé et valoriser ses savoir-faire auprès des étudiants.
  • Contribuer au renforcement du lien armée nation, l’un des objectifs essentiels fixé aux armées par la ministre des Armées et le Chef d’État-Major des Armées ;
  • Recruter dans les nombreux métiers que propose le CND.

Pourquoi avoir choisi le format e-sport pour parler de numérique de défense ?

Tout comme le sport, l’e-sport est une activité fédératrice, propice à la cohésion qui fait partie aujourd’hui des loisirs préférés des jeunes. Les Armées ont depuis plusieurs années maintenant cherché à développer des tournois de e-sport pour démontrer qu’elles sont en phase avec notre époque.

Pour les militaires, cette pratique permet de développer des compétences essentielles comme la capacité de prise rapide de décision, le travail en équipe, la coordination ou encore leadership. Il est important de casser les idées reçues et de montrer que les jeunes militaires ne sont pas si différents des civils et qu’ils partagent la même passion.

Pour le CND, qui est l’acteur majeur du ministère dans le domaine numérique, l’e-sport est un vecteur très pertinent pour s’adresser à la jeunesse puisqu’il illustre la technicité, la modernité et le dynamisme qui nous animent au quotidien. Pour mettre en œuvre un tournoi d’e-sport, on déploie un panel de technologies qui illustre les savoir-faire du CND. Cela va du réseau au développement d’application en passant par l’hébergement ou la cybersécurité.

En quoi ces projets étudiants peuvent-ils avoir un impact concret pour les Armées ?

Il n’y a pas d’impact direct pour les Armées, l’idée est plutôt de contribuer à la formation des étudiants et de créer un lien avec eux pour qu’ils envisagent de nous rejoindre d’une manière ou d’une autre.

Comment le CND accompagne-t-il l’innovation issue de ce type d’événement ?

Si ce n’est pas l’objectif premier pour cet évènement, nous sommes attentifs à ce qui pourrait être proposé et le CND porte dans son ADN l’innovation dans le domaine numérique

Quels sont les enjeux du numérique de défense aujourd’hui pour la France ?

Le numérique doit accompagner les Armées pour les préparer à un potentiel choc dans les prochaines années. Il doit constituer un facteur décisif de supériorité opérationnelle comme l’illustrent de façon évidente les conflits récents. L’intégration de l’IA, la fusion et la valorisation des données constituent un axe d’effort essentiel dans la course à l’armement numérique.

La souveraineté est désormais un impératif : la résilience devient centrale face à un ennemi symétrique qui ciblera inévitablement nos moyens numériques par des moyens cyber ou plus conventionnels. Pour faire face à ces enjeux nous auront besoin de talents d’où l’initiative Aux Claviers Citoyens…

Est-ce que ce type d’initiative peut faire émerger les talents dont les Armées ont besoin ?

Elle peut nous permettre de les détecter et surtout de leur donner envie de faire le choix d’une carrière au sein du Ministère, riche de sens.

Comment est née l’idée de cet événement ?

Pour être attractif dans le domaine numérique on ne peut rester les bras croisés. Les Armées savent recruter dans leurs métiers traditionnels : pilotes, combattants terrestres, marins… mais s’agissant du numérique, le lien avec les Armées est moins évident et la concurrence fait rage. Donc il faut aller vers les jeunes pour leur parler du numérique de défense.

Combien de temps a nécessité sa préparation ?

Nous avons travaillé depuis une année maintenant en lien étroit avec l’Académie de Bordeaux pour trouver une formule permettant de répondre aux attentes pédagogiques, au calendrier scolaire et à nos objectifs.

Quelles compétences les étudiants ont-ils développées durant les ateliers ?

Ce qui est intéressant, c’est que l’on voit avec le cas d’usage la combinaison de l’ensemble des compétences nécessaires à la mise en place d’un SI : développement, administration système, administration réseau, hébergement d’application, interaction avec des objets connectés, sécurisation… 

Quels sont les premiers retours des participants ?

Les premiers retours sont très positifs : l’idée d’une compétition entre les établissements permet de motiver les étudiants. L’interaction avec les militaires et civils du CND permet de simuler la relation qu’ils auront demain dans le monde professionnel. On voit qu’ils se sont pris au jeu qu’ils ont été force de proposition. Nos intervenants ont eu des interactions souvent très riches et les jeunes se sont montrés très curieux des métiers du CND, nous avons d’ores et déjà des stagiaires et apprentis qui se sont engagés avec nous.

Quels sont les critères pour évaluer les projets aujourd’hui ?

Il faut que ça marche et que cela réponde au besoin, il faut que cela soit évolutif, performant et évidemment sécurisé.

Avez-vous vocation à reconduire ou élargir ce dispositif ?

Nous souhaiterions pérenniser voire élargir cet évènement. Nous y réfléchissons avec notre partenaire de l’Éducation Nationale pour trouver une formule pertinente qui à la fois répond aux attentes pédagogiques et demeure soutenable pour le CND.

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